LIV. VI
Conjectures sur la composition immédiate des espèces de corps gras saponifiables
formée de cinq principes immédiats: i° ày oléine; 2° de stéarine ; 3° d’une substance qui se convertirait, par l’action alcaline, en glycérine et en acide butirique, ce serait la butirine pure; 4° d’une substance qui se convertirait , par la même action , en glycérine et en acide caproïque , ce serait la ca proïne ; 5° d’une substance qui se convertirait, par la même action, en glycérine et acide caprique , ce serait la caprine .
1192. Enfin , toujours dans la même hypothèse , on pourrait considérer la cétine comme formée de deux principes immédiats , dont l’un serait caractérisé par la propriété de se convertir, dans la saponification, en acide margarique et en éthal ; tandis que l’autre le serait par la propriété de se convertir en acide oléique et en éthal. Il existe d’ailleurs , pour la purification de la cétine , les mêmes difficultés que pour celle de la stéarine et de l’oléine (1121).
1 193. Les conjectures précédentes sont de nature à être confirmées par l’expérience, parce qu’il n’est pas absurde de penser qu’on trouvera un jour dans les êtres organisés des stéarines , de l’oléine, de la cétine, etc., absolument pures, ou qu’on parviendra à obtenir ces substances à cet état par le moyen des procédés chimiques. Mais les conjectures suivantes , relatives à l’arrangement des éléments qui constituent plusieurs espèces de corps g;ras, sont, je l’avoue, des hypothèses qu’on 11e
pourra guère démontrer complètement : malgré cela je les expose, dans la persuasion où je suis qu elles sont susceptibles de suggérer de nouvelles recherches.
1 1 94* Nous avons vu que la phocénine et la butirine, qui ne sont pas acides, donnent , quand on les ti ai te par la potasse, des acides et de la glycérine ; qu exposées à Faction simultanée de Fair et de la chaleur, elles deviennent odorantes et susceptibles de céder à la magnésie les principes de leur odeur. Les éthers végétaux et lether nitreux, qui passent pour être des combinaisons d’acides et d’alcool, présentent des propriétés analogues. Us ne sont point acides ; quand on les traite par la potasse , ils se îeduisent en alcool et en acides ; exposés à 1 action de 1 air et de la chaleur, une portion de leur acide est mise à nu. D’après ces analogies « n a-t-on pas quelques raisons pour considérer la phocenine et la butirine comme des combinaisons d acides odorants et de glycérine anhydre, ou plulot d une substance formée d’oxygène , de carbone et d’hydrogène, qui, en fixant de l’eau constitue la glycérine ?
1 ip5. Si on admet le rapprochement que je fais entre la composition immédiate des éthers végétaux et celle de la phocénine et de la butirine , an ne peut s’empêcher de l’étendre aux stéarines et à 1 oléine ; car celles-ci ont la plus grande analogie avec la phocénine et la butirine, par la manière