‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 290 sur 312 · LIV. VI · texte numérisé non relu

LIV. VI

sulfurique et la potasse forment un sel neutre peu soluble dans l’eau ; que l’acide acétique et l’alcool forment un étherpeu soluble dans le même liquide, et cependant l’acide sulfurique et la potasse, 1 acide acétique et l’alcool, sont très solubles dans 1 eau.

(c) Les acides stéarique , margarique , oléique, etc. , ayant une action énergique sur le tournesol, pourquoi la glycérine, douée d’une affinité sensible pour la potasse , et qui par là semble être acide plutôt qu’alcaline , neutralise-t-elle l’action des acides gras sur le tournesol? C est parla raison que l’alcool forme avec les acides nitreux, acétique, citrique, des éthers qui ne sont pas acides,

(7/) Comment se fait-il que les acides stéarique margarique, oléique , etc. , mis en contact avec la glycérine, ne reproduisent pas des stéarines , de l’oléine, etc.? C’est qu’en présentant ces corps l’un à l’autre, ils sont a 1 état d hydrate, que des lois leui affinité mutuelle n’est pas assez forte pour qu ils se dépouillent des proportions d’eau qui sont étrangères a la composition des stéarines, de 1 oléine, etc.

Au reste, l’acide acétique , l’acide benzoïque, etc. , mis en contact avec l’alcool, soit à chaud, soit à froid, ne produisent jamais d’éther tant qu’ils ne sont pas sous l’influence d’un acide minéral.

(e'j Pourquoi la saponification ne s opère-t-elle pas instantanément lorsqu’on présente aux matières saponifiables une base alcaline? Sans prétendre répondre à cette objection de manière à la

détruire, cependant on peut considérer comme un

0 stade assez puissant à la saponification la difficulté d’établir un contact intime suffisamment

prolongé entre deux liquides qui se mêlent difficilement.

1 197. Enfin , j’ajouterai que les propriétés de la glycérine anhydre peuvent être très différentes de celles que nous lui connaissons après quelle a fixé de

1 eau ; car les matières organiques sont susceptibles

de s’umrà l’eau en des proportions définies de deux

maniérés: 1° en conservant plus ou moins leurs propriétés principales , comme un sel minéral anhydie qui fixe de 1 eau de cristallisation ; 2° en acquérant des propriétés absolument distinctes de celles quelles avaient avant de s 'être combinées avec ce liquide, comme l’amidon qui , sous l'influence de l’acide sulfurique faible , en fixant de l’eau , se convertit en sucre de raisin.

1198. Au reste, quelle que soit celle des deux opinions que l’on préfère à l’autre . je vais résumer 1 explication de la saponification (a) dans l’hypothèse où les corps gras saponifiables sont considérés comme immédiatement formés d’oxygène , de carbone et d’hydrogène , (b) dans l’hypothèse’ où ils sont considérés comme immédiatement formés d’acides gras et d’un composé qui , en fixant de l’eau , forme la glycérine ou l’éthal.

LIY. VI.

De la saponification dans ta première hypothèse .

1 199. Les stéarines , l’oléine , la phocénine, la butirine , l’hircine ? sont formées d oxygéné , de carbone et d’hydrogène dans des proportions telles, qu’une portion de leurs éléments représente un acide gras fixe ou volatil , tandis que l’autre portion 4- de l’eau représentent la glycérine. La cétine est formée des mêmes éléments , dans des proportions telles, qu’une portion représente une matière acide grasse fixe , tandis que l’autre portion consistant en carbone et en hydrogène (dans la proportion des éléments de l’hydrogène percarburé)+de l’eau, représentent léthal. Maintenant ces corps saponifiables sont-ils soumis à l’action d’une base salifiable suffisamment énergique ; l’équilibre des éléments est rompue, la force alcaline détermine l’acidité dans une portion de la masse des substances saponifiables , tandis que le reste de cette masse, en fixant de l’eau , constitue la glycérine ou léthal. Dans cette hypothèse, la saponification est un phénomène du même genre que celui que présentent les métaux , lorsqu’ils se dissolvent dans un acide en s’oxydant aux dépens de l’eau ; il n’y a de différence que dans la nature de la force qui est développée : dans la saponification, c’est la force alcaline qui détermine le développement de la lorce acide; et, dans la dissolution des métaux, c’est

la force acide qui détermine le développement de la force alcaline : dans les deux cas, des sels sont formés avec des matériaux qui ne contenaient, tout développé, qu un seul des principes immédiats des sels produits.

De la saponification dans la seconde hypothèse.

1200. Les stéarines, l’oléine, la phocénine, la butirine, sont des espèces de sels formés d’un acide gras anhydre, fixe ou volatil, et de glycérine anhydre ; la cétine est également une espèce de sel , mais la base qui neutralise la partie acide , au lieu d 'être de la glycérine est de l’hydrogène percarburé ; cette composition rapproche la cétine des ethers , qu on regarde comme des composés d’un acide et d hydrogène percarburé. Dans cette hypothèse, la saponification n’est que la décomposition d un sel gias par une base salifiable qui prend la place de la glycérine anhydre ou de l’hydrogène percarburé , pendant que ces derniers corps, en

fixant de 1 eau , donnent la glycérine syrupeuse ou léthal. ' '

FJ N.

NOTES

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