‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 292 sur 312 · DEUXIÈME NOTE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME NOTE

Des résultats de l action de l’oxygène sur la graisse

de porc .

(«) De la graisse de porc étendue sur les parois d’un flacon a l’émeri rempli d’oxygène, a été abandonnée dans un lieu où le soleil ne donne pas. Au bout de trois ans, la plus grande partie du gaz était absorbée; et s’il s’était produit du gaz acide carbonique, ce n’était que dans une proportion extrê-

NOTES

Résidu de la distillation.

me ment faible. La graisse semblait avoir perdu de sa fusibilité, car, après l’avoir fondue, elle commençait à se troubler à 55°; mais la solidification ne se faisait qu’à 270 : avant d’avoir été soumise à l’action de l’air, 27° était bien le point de solidification de la graisse, mais le trouble 11e commençait qu’à3i°. Quand la graisse se figeait, elle présentait à sa surface des inégalités plus grandes qu’avant d’avoir été soumise à l’action de l’oxygène. Elle était blanche et exhalait une forte odeur de rance évidemment aromatique et acide.

(Z>) La graisse a été agitée à plusieurs reprises avec l’eau. Chaque fois l’eau a été filtrée après être restée vingtquatre heures en contact avec la graisse. Je vais examiner, i° les lavages de la graisse rance, 20 la graisse rance lavée.

5 Ier. Lavage aqueux de la graisse rance.

(c) Il était acide et odorant. Son odeur était absolument semblable à celle de la graisse rance.

[dé) Il a été distillé.

(e) Ce résidu était jaune, acide et amer; il était recouvert dégouttes huileuses orangées , qui ni ont paru analogues à Vaeide oléique de Vadipocire des cadavres (q45). Ces gouttes ont été séparées du liquide qu’elles recouvraient ; celui-ci, évaporé à siccité et repris par l’eau froide, a encore abandonné des gouttes huileuses qu’011 a séparées. Après ce traitement le liquide aqueux était moins coloré, moins amer, sa saveur acide était plus franche; elle était mêlée cependant d’un goût d’empyreume. Ce liquide , évaporé, donnait un extrait orangé absolument distinct de la glycérine, qui paraissait formé d’une substance grasse et d’une substance incristallisable. — L’extrait se séchait à l’air, sa solution aqueuse 11e précipitait l’eau de baryte que très légèrement; en faisant évaporera siccité, et traitant ce qui restait par l’alcool, celui-ci n’en-

NOTES. /,55

levait qu’une trace d’un se! barytique et d’une huile acide orangée précipitable de l’alcool au moyen de l’eau.

(/) Les expériencesprécédentes me font considérerle résidu de la distillation (d) comme un composé d’acide oléique , de principe colorant orangé, d’un acide fixe soluble dans l eau , uni peut-être à une substance organique non acide.

[g] Le produit de la distillation [d) avait l’odeur de la Produit de la graisse rance; on l’a distillé après l’avoir neutralisé par l’eau distilIation’

de baryte. On a obtenu, i° un produit volatil , 2 0 un résidu salin barytique.

(h) 11 avait l’odeur de la graisse rance, sauf l’odeur acide Produit de cette substance. Cette odeur était absolument semblable V°‘atii’ a celle d’un produit non acide que l’on obtient en distillant les graisses avec le contact de l’air. La dissolution aqueuse du principe odorant non acide de la graisse rance , conservée pendant quelques mois dans un flacon fermé, prenait l’odeur du fromage de Roquefort.

,, M Ce reS,du a été traité à trois éprises par trois portions Résidu salin o eau : barytique.

Le ier lavage était formé de

Sel

Le 2e lavage était formé de

Eau. .... . (

Sel ) <ïuanE quJon n’a pas déterminées.

Le 5e lavage était formé de

Eau. .

Sel. .

(A) Il semble que dans le résidu salin il y avait deux sels barytiques : cependant, comme je ne les ai pas séparés, je

456 NOTES

n’assure pas cette conclusion ; j’ajouterai seulement que la matière acide des sels barytiques, isolée de la baryte, se présente à l’état d’un hydrate oléagineux semblable à l’acide caproïque hydraté. — Et s’il existe deux acides volatils dans la graisse rance , il faudrait rechercher si l’un est produit par la stéarine, et l’autre par l’oléine.

§ n. Examen de la graisse rance lavée.

Lavages

alcooliques.

Résidu indissous par l’alcool.

(m) Elle a été traitée par son poids d’alcool d’une densité de 0,821 bouillant. — On a filtré la liqueur après qu’elle a été refroidie, et on l’a fait évaporer; il est resté un extrait huileux, liquide à i5°, visqueux au-dessous de cette température, très acide , soluble en toutes proportions dans l’alcool froid, d’une densité de 0,821. Je n’ai point examiné le résidu indissous dans l’alcool ; il m’a paru formé , pour la plus grande partie au moins, de stéarine et d’oléine.

( n ) L’extrait huileux (m) a cédé à l’eau bouillante une matière jaune semblable à celle qui est décrite (e) ; quand il a eu cessé d’en céder, on l’a dissous dans l’alcool et précipité par l’eau; celle-ci a encore dissous de la matière jaune.

(o) L’extrait huileux , après le traitement précédent , était visqueux à i5°; il semblait être formé d’une substance liquide , et d’une substance solide interposée dans la première. On l’a traité par la magnésie, au milieu de l’eau bouillante ; celle-ci ne retenait presque rien en dissolution. Quant à la matière huileuse qui avait fait pâte avec la magnésie, on l’a traitée par l’alcool froid, puis par l’alcool bouillant.

( p ) Les lavages alcooliques contenaient une graisse non acide avec un peu de savon de magnésie.

(<7) Ce résidu était formé de margarate et d’oléate de magnésie > et probablement de stéarate de la meme base. Les

NOTES

acides séparés de la magnésie étaient à r8°, eya /partie sous la forme d aiguilles, et en partie al état liquide. Je me suis assuré que la matière dont je parle s’unissait à la potasse sans perdre de son poids et sans changer de lisibilité, et que le savon de

potasse se convertissait dans l’eau en matière nacrée et en

oléate . . »

(r)La graisse de porc, exposée au contact du gaz oxygène

a la température ordinaire, absorbe une quantité considérable de ce gaz.

L’oléine et la stéarine se changent', *

i° En principe colorant orangé , » *

2° En acide fixe soluble dans Ueau ,

o° En une substance non acide soluble dans Veau ,*

4° En un principe volatil non acide ,

5° En un ou deux acides volatils } congénères des acides

gras volatils qui forment le 2e genre des espèces décrites dans cet ouvrage.

C est au pripôipli* «Volatil non acide, et à la matière acide volatile, que* la graisse, -rance doit son odeur. Il ^st^ probable que toms^ces principes volatiîs se forment dans la divination des graisses, telle qu’on fait ordinairement c*ette*ôperation.

6° En acides gras fixes .

Page 1