‹ Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animaleChapitre 293 sur 312 · DE L · texte numérisé non relu

DE L

ACIDE SOLFUflIQUE suit LA GRAISSE DE PORC

(a) 6g, 5 de graisse de porc, mêlés avec 6», 5 d’acide sulfurique concentré, ont été. exposés à ioo° pendant quelques mi

4 si

NOTES

res se sont chorées légèrement en brun, et ^ * u île ’pé'fite Quantité de gaz sulfureux s’est dégagé.

(b) Au bout de huit jours les matières ont été étendues avec 5os d’eau : on a séparé un IfÊjuide acide d’une matière grasse.

( c ) La matière grasse mise, avec îoos d’eau a formé une 4 •. .éfnulsion homogène qui a é^jé décomposée dès qu’on a eu

neutralisé à chaud Padide’ sulfurique de cette émulsion par

la magnésie: la matière grasse , d’abord fluide, va pris peu à

peu de la consistante en se combinant à la magnésie qu’on

\ * avait ajoutée en excès. L*e savon magnésien a été lavé à l’eau

Jjfeuillânîa»

{d) Je vais examiner, *° le liquida écide ( b ) ; 2 0 le liquide aqueux\u* sein duquel la mdtièré gr'J^e s’était unie à la magnésie ; 3° le savon magnésien . L’eau qui avait servi à le laver a été réunie au liquide aqueux.

g I. Le liquide acide (£). .

filtré ;

JÏJfc . ,«ùE. . * .A v

nié^,à|un Itfge^ excès*^l’eair‘<de,;l3arjte, on a érffi^ai p^s r-eclierch&si le précipité contenais Quelque autre sel in^ôfhble'quë le sulfate de baryte. La liqueuMiltrée, évaporée à siccité, a laissé un 'résidu qui a été traité par l’alcool. On a obtenu une matière inclissoute èt une solution alcoolique. y *• \ '• ' y .

(f) Matière indissoute (e). C’était un seldeSyxrytè * dont .V acide me paraît analogue à V aSide 'tykffîfàiïique , c'est pourquoi je le désignerai par le nom cV acide suif o adipique. Cet acide est probablement formé d’acide hyposuî^urfq^e uni à uiîe matière organique. Le -sj^rfoadipîite 5e hràf^te pesait o^,33, abstraction faite du sous^e^r.bonate der^ry^equi y était mêlé. Il était très soluble dans l’eau et presque fi§oluble dans

l’alcool. Lorsqu’on le distillait dans un tube contenant un peu d’air, on obtenait entre autres produits, i° une vapeur acide

NOTES

i'H u i li a . 4 N

t,Jy

empyreumatique extrêmement âcre, dans laquelle on reconnaissait la présence de l’acide sulfureux etdu gaz acide hydrosulfurique; 2° du soufre; 5° du sulfure de baryte mêlé de charbon. Le sulfoadipate de baryte avait une saveur d’abord piquante et ensuite légèrement douceâtre; je ne l’ai pas obtenu cristallisé. Lorsqu’on en précipitait la baryte par l’acide sulfurique, ou en retirait un acide syrupeux d’une saveur très aigie qui donnait a la distillation des produits analogues à ceux du sel, avec cette différence qu’ils étaient plus âcres et plus huileux. Il restait beaucoup de charbon.

(g) Solution alcoolique (e). Évaporée à siccité, elle a laissé o%2° d’un résidu qui contenait du sulfoadipate de baryte et une matière organique soluble dans l’eau et dans l’alcool, syrupeuse, douceâtre, qui peut-être était de la glycérine.

5 II. Du liquide aqueux (d).

{h) Il était neutre aux réactifs colorés. On l’a fait évaporer :

1 alcool, appliqué au résidu de l’évaporation, a séparé du sulfate de magnésie. La solution alcoolique étendue d’eau a ete concentrée puis mêlée à de l’eau de baryte; celle-ci a précipité de la magnésie et une matière organique quittait en trop petite quantité pour être examinée. Quant à la solution aqueuse, elle m’a paru formée, pour la plus grande paitie au moins, de sulfoadipate de baryte , car cette solution évaporée a laissé 08,07 d’un résidu insoluble ou peu soluble dans l’alcool, soluble dans l’eau, qui donnait à la distillation les mêmes produits que le sel (/).

§ III. Du savon magnésien [d).

(f ) 11 a été lavé à trois reprises par quinze fois son poids d’alcool bouillant. Les lavages ont donné un dépôt qui a été séparé par la filtration.

NOTES

ARTICLE I

Résidu indissous.

(*) i» a été décomposé par l’acide hydrochlorique ; ou a obtenu ië?9 d’une matière grasse , brune, fusible à 48% qui s’est dissoute instantanément dans la potasse très étendue. Cette matière séparée de la potasse , après avoir bouilli avec elle , avait la même fusibilité qu’auparavant, ainsi que le même poids; ce qui prouve qu’elle était entièrement acide. Elle faisait une émulsion avec l’eau acidulée par l’acide sulfurique et hydrochlorique. Cette émulsion était décomposée, i° par la concentration, 20 par la neutralisation de l’acide sulfurique ou hydro-chlorique, 5° par un excès d’acide sulfurique ou hydrochlorique. La matière grasse était en grande partie formée d’acide margarique , d’acide oléique , et probablement d’acide stéarique , et d’une substance qui communiquait à ces trois acides la propriété de faire émulsion avec l’eau acidulée. Cette dernière substance contenait probablement de l’acide hyposulfurique , car elle donnait à la distillation beaucoup d’acide hydrosulfurique, et sa combinaison avec la baryte donnait beaucoup de sulfure quand on la chauffait au rouge.

article 11.

Dépôt (t).

(/) C’était un savon magnésien dont les acides gras pesaient 0, ê95, étaient fusibles à 47% et n’avaient point la propriété de faire émulsion avec l’eau acidulée, soit à chaud soit à froid. Ils ne donnaient pas ou presque pas de produit sulfuré à la distillation.

NOTES

ARTICLE III

Matière restée en solution dans l’alcool refroidi.

(m) Cette matière, après avoir été séparée de l’alcool, 7 n’a rien cédé à l’eau, si ce n’est une trace d’un sel magnésien Traitée par l’alcool froid, on en a séparé une matière insoluble pesant og,i8, dont la composition était analogue à celle du dépôt (/). Quant à la solution alcoolique, elle a laissé après l’évaporation is,6o d’une substance rougeâtre qui a cédé à l’acide hydrochlorique og,o3 de magnésie : on n’a pas recherché si l’acide n’avait dissous absolument que de la magnésie.

( n. ) E1Ie étâi* orangée, elle faisait émulsion avec l’eau acidulée chaude; elle absorbait l’eau froide. Quand on la laissait refroidir, apres l’avoir fondue, elle se'congelait à 2g0, 5, ou plutôt à cette température elle prenait beaucoup de consistance sans devenir absolument solide.

(o) oe-,5 de cette substance ont été chauffés dans l’eau; ils se sont fondus sans que l’eau ait paru agir dessus, ayant ajouté de l’eau de baryte sur-le-champ la matière grasse a pris de la consistance, parce qu’elle s’est combinée à l’alcali. Cependant la combinaison est devenue fluide sans que 1 eau bouillit; on a décanté l’eau de baryte qui était en excès, on a lavé la matière insoluble avec l’eau bouillante, puis avec l’alcool bouillant.

i.p') Résidu indissous par l eau et l alcool. La baryte ayant été séparée de ce résidu par l’acide hydrochlorique, on a obtenu une matière d un rouge orange qui avait les propriétés suivantes : elle était fusible à 28% elle absorbait l’eau froide; elle faisait avec 1 eau acidulée une émulsion décomposable par la concentration, les acides et la magnésie. Elle était soluble dans l’eau de potasse, et en se combinant à cet al-

Propriétés clelasubstarr ce rougeâtre privée de magnésie pesant 1,57.

NOTES

Conséquen-

ces.

cali elle n’éprouvait aucun changement de fusibilité; sa dissolution alcaline laissait précipiter du bimargarate de potasse mêlé peut être de bistéarate. La matière d’un rouge orangé donnait beaucoup d’acide hydrosulfurique à la distillation ; je pense qu’elle différait de la matière grasse ? brune , fusible à 48-(*), en ce qu’elle contenait de plus grandes proportions d’acide oléique et de la substance que j’ai considérée comme formée d’acide hyposulfurique et d’une matière organique ; j’ignore les rapports que cette substance pouvait avoir avec l’acide sulfoadipique.

{cj) Lavage aqueux du résidu (p). Il contenait de la baryte unie à une matière qui donnait à la distillation des produits sulfurés.

(r) Lavage alcoolique du résidu [p). Il contenait une portion de matière analogue au résidu [p).

La graisse de porc traitée par son poids d’acide sulfurique a donné :

i° De l’acide sulfoadipique 9 qui est incristallisable , soluble dans l’eau et l’alcool : qui donne des produits sulfurés par la distillation , et qui forme avec la baryte un sel soluble dans l’eau et presque insoluble dans l’alcool.

2° Lue matière soluble dans Veau et V alcool , incristallisable, douceâtre. Je suis d’autant plus porté à croire que cette matière était de la glycérine «, que la graisse de porc traitée par la moitié de son poids d’acide sulfurique a fourni une substance qui a les plus grandes analogies avec la glycérine. Comme cette dernière elle conservait sa liquidité dans le vide sec; sa saveur était douce; cependant elle avait un arrièregoût piquant qu'elle devait à une petite quantité de sulfoadipate de baryte qu’on y découvrait par la distillation. Si je 11’avais pas trouvé ce sel dans la substance dont je parle , j’aurais prononcé sans hésitation son identité avec la glycérine.

3° De l’acide margarique.

NOTES

4° De V acide oléique.

5° De l’acide stéarique : mais ce dernier n’a pas été isolé des deux précédents.

6° Une substance organique combinée probablement à de l acide hyposulfurique. C’est elle qui donnait aux acides précédents la propriété de faire émulsion avec l’eau acidulée. Le temps ne m’a pas permis de l’isoler de ces acides ; cependant j’aurais bien désiré savoir si elle est réellement distincte de l’acide sulfoadipique , comme il le paraîtrait d’après ce résultat , que quand on la traite par la baryte ainsi que les acides gras qui l’accompagnent , la combinaison de cette substance avec la baryte reste pour la plus grande partie unie ou mélangée avec le savon b ary tique formé par les acides gras; et si, dans le cas où la substance est distincte de l’acide sulfoadipique, cette même substance ne pourrait être considérée comme une combinaison d’acides gras fixes et d’acide hyposulfurique, tandis que l’acide sulfoadipique pourrait être considéré comme une combinaison de glycérine et d’acide hyposulfurique.

On voit donc qu’en traitant par l’acide sulfurique la graisse de porc, cette matière se partage , comme dans la saponification , en deux portions très inégales : i° l’une qui est soluble dans l eau , et qui est formée d’acide sulfoadipique et d’une substance qui paraît être de la glycérine ; 2° l’autre qui est insoluble dans l eau , et qui est formée d’acides gras fixes et d une substance dont la composition est analogue à celle de l’acide sulfoadipique.

Je me suis assuré que dans le traitement précédent il ne se produit pas de quantité notable d’acide acétique. Je n’ai point recherché s’il se produit quelque substance alcaline.

NOTES

DEUXIÈME SECTION

DE l/ACTION DE l’acide SULFüRIQUK SCR LA STÉARINE DE MOUTON.

(«) 6e, 68 de stéarine de mouton fusible à 43° ont été traités par 6e, 68 d’acide sulfurique comme la graisse de porc. Les phénomènes pendant l’action ont été les mêmes.

(b) Au bout de huit jours le9 matières ont été mises en contact avec l’eau ; on a obtenu un liquide acide et une matière grasse qui a fait émulsion avec l’eau quand elle a été séparée du liquide acide. Cette émulsion a été réduite par la magnésie en un liquide aqueux et en un savon de magnésie.

§ I. Du liquide acide [b).

(c) Ce liquide a été mêlé à une quantité d’eau de baryte un peu plus que suffisante pour précipiter tout l’acide sulfurique qu il contenait. Le liquide fdtré a été distillé ; le produit m’a paru contenir une trace d’acide acétique. Le résidu de la distillation contenait, i° de l’acide sulfoadipique ; 2° une matière organique soluble dans l’alcool et dans l’eau, syrupeuse, douceâtre , qui peut-être était de la glycérine. L’acide sulfoadipique était représenté par og,45 de sulfoadipate de baryte. La seconde matière pesait os,2, mais elle retenait

du sulfoadipate de baryte.

S n. Du liquide aqueux [b).

(d) Il a été évaporé à siccité. L’alcool a séparé du résidu du sulfate de magnésie ; il a dissous du sulfoadipate de magnésie, et peut-être une matière organique.

§ III. Du savon de magnésie.

(e) Il a été traité cinq fois par l’alcool froid, puis deux fois par l alcool bouillant. Je vais examiner, i° le résidu indissous

notes. 465

par V alcool; 2° la matière dissoute par V alcool froid • 5° la matière dissoute par l’alcool bouillant .

ARTICLE I

Résidu indissous par l’alcool.

if) 11 a été décomposé par l’acide sulfurique. On a obtenu un e graisse jaune fusible à 57° pesant a«,95, qui ne faisait pas émulsion ni arec beau pure ni avec l’eau acidulée, soit à chaud soit à froid. Cette graisse était entièrement saponifiée, car l’ayant mise dans l’eau de potasse faible et chaude elle a été dissoute sur-le-champ. La liqueur ayant été bouils lie, le savon ayant été décomposé par l’acide phosphorique , on a obtenu une graisse fusible à 57° qui pesait autant que la matière qui avait été unie à la potasse. Cette graisse était iormee d 'acides stéarique , margarique et oléique ; on en a obtenu de l’acide stéarique fusible à 69% très brillant, qui ne donnait pas une trace de gaz sulfuré à la distillation.

article II.

Matière dissoute par l’alcool froid.

(g) Elle pesait iê,7o; elle était jaune; mise avec ioosd’eau chaude elle n’a pas fait émulsion, mais elle est devenue en partie floconneuse. L’eau n’a dissous Cju’une trace d’un sel magnésien; comme cette matière était acide, on l’a neutralisée par un lait de magnésie : l’eau ne contenait presque pas de matière soluble.

(A) En traitant le savon par l’alcool, j’ai réduit la matière organique qui le constituait,

’° En une ëraisse acide pesant o«, 19, fusible à 44°, qui

ne faisait point émulsion avec l’eau , et qui était entièrement saponifiée;

NOTES

a° En une graisse acide pesant iê,54 fusible à 56°, qui faisait légèrement émulsion avec l’eau acidulée; elle n’était pas entièrement saponifiée : car après avoir été bouillie dans la potasse et séparée de cet alcali, elle était fusible à 57°. Dans cet état, elle faisait émulsion avec l’eau acidulée comme auparavant ; distillée , elle donnait des produits sulfurés.

(A) La substance qui donnait à la matière précédente la propriété de faire émulsion avec l’eau était analogue à celle dont j’ai parlé dans la ir0 section de cette note (A).

ARTICLE III

Matière dissoute par Palcool bouillant.

(/) Cette dissolution s’était abondamment troublée par le refroidissement : elle a été filtrée.

(m) Matière pre'cipitée par refroidissement. C’était un mélange de graisse acide, de savon de magnésie et d’une graisse non acide. Ayant neutralisé par la magnésie , puis traité par l’alcool, on a obtenu,

i° oê, 7 d’une graisse entièrement acide fusible à 55°.

2° oê,2 d’une graisse non acide fusible à [\2° (cette matière était de la stéarine qui n’avait pas été en contact avec l’acide sulfurique).

( n ) Matière restée en dissolution dans V alcool froid. Elle était entièrement acide, fusible à 44°? e^e ne faisait pas, ou qu’extrêmement peu, émulsion avec l’eau; elle pesait o8,oy; elle donnait des produits sulfurés à la distillation.

( o ) Lorsqu’à une température de 5o° on traite le suif par la moitié de son poids d’acide sulfurique concentré, on obtient, en lavant les matières avec l’eau, un lavage qui contient de Y acide hircique et une substance qui a les plus grands rapports avec la glycérine. La matière indissoute par l’eau contient des acides gras fixes.

NOTES

(P ) °n voit que l’action de l’acide sulfurique sur îa stéarine est tout-à-fait analogue à celle qu’il exerce sur la graisse de porc, et que par ce traitement on obtient entre autres produits de V acide stéarique bien caractérisé .

(<7) M. Braconnot , ayant moi, avait observé que le suif traite par la moitié de son poids d’acide sulfurique est changé en une matière qui a une grande aptitude à se combiner avec les alcalis.

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