L IV. I, G H AP. I
avouer que lespèce prise dans les principes immédiats organiques n est pas une collection de corps identiques quant aux propriétés. Suivant ma manière de voir, on devait au contraire considérer les sucres , les gommes, comme des genres formés de plusieurs espèces; et les huiles, les résines, etc., comme des composés de plusieurs principes immédiats dont l’union n est pas assujettie à des proportions définies , quoique chacun d’eux le soit dans sa composition élémentaire. Cette opinion m’a été démontrée après que j’ai eu découvert la stéarine et 1 oleine ; je 1 ai consignée et dans une petite dissertation sur la composition des végétaux1, et dans plusieurs articles détachés. C’est sans doute à ce mode de publication qu’il faut attribuer le peu d’attention que l’on a donné à mes vues , et la raison pour laquelle on ne les a pas citées dans des écrits où l’on a énoncé des opinions et rapporté des expériences plus ou moins
analogues aux miennes.
2. Je définis l 'espèce dans les corps composés, une collection de corps identiques > par la nature , la proportion et V arrangement de leurs éléments ; car on doit rapporter à trois causes la différence des propriétés que nous observons dans les corps que nous sommes parvenus à décomposer. En effet , des éléments divers , ainsi que les mêmes
1 Éléments de botanique de M. Mirbel, tome Ier.
DÉFINITIONS
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éléments unis en des proportions différentes, produisent constamment des combinaisons distinctes les unes des autres : on sait de plus qu’il y a des substances qui donnent à l’analyse les mêmes éléments unis dans la même proportion , et qui sont loin d’avoir les mêmes propriétés ; il faut donc , poui concevoir la cause des différences que ces substances présentent, recourir à des arrangements diveis, soit dans leurs atomes élémentaires , soit dans leurs atomes composés ou particules ; mais avant d’admettre cette troisième cause pour expliquei la différence de deux corps composés, on doit avoii constaté que ces corps sont identiques quant a la natuie et a la proportion de leurs éléments. Or, pour arriver à ce résultat, de nombreuses ex-
péiiences sont nécessaires , ainsi que le prouvent toutes les recherches que l’on a faites pour trouver une différence de composition entre le spath d’Islande et l’arragonite , et la disposition dans laquelle on est généralement de présumer une différence de composition où il y a diversité de propriétés. Cependant , si l’on s’arrête aux limites de l’expérience, on ne voit pas d’autre manière de concevoir
le cas dont je parle qu’en recourant à des arrangements divers d’atomes ou de particules; mais, je le répète, c’est un résultat qui est conditionnel à 1 état de la science, comme l’est la nature simple
que nous attribuons aux corps qui ont résisté à l’analyse.