‹ Recherches concernant la discrimination des plantes adventices en relation avec l'économie des sols des plantations d'Heveas et d'Elaeis de la Malaisie britanniqueChapitre 51 sur 121 · II. — LE PH DE LA SEVE DES PLANTES · texte numérisé non relu

II. — LE PH DE LA SEVE DES PLANTES

Nous croyons utile à nos développements ultérieurs de rappeler ici les principaux points généralement acceptés. Nous ne résumerons pas les ouvrages que nous avons consultés, ces questions étant maintenant assez bien connues. Nous avons principalement utilisé le travail de M. Small : « Hydrogen-lon concentration in plant cells and tissues. »

On sait que le suc de chaque plante a un pH ou une zone de pH assez étroite qui lui est propre. La réaction ionique de la plupart des plantes (sauf les succulents) est relativement stable en dehors d’une acidification naturelle provoquée par la lignification et la floraison.

On sait que généralement la sève brute est, volumétriquement, beaucoup plus importante que la sève élaborée. On peut donc admettre que le jus pressé de la plante, décortiquée ou non, donnera une approximation suffisante de la sève brut, pour les déterminations de pH. D’après les études de M. Small, il apparaît aue les tissus corticaux et ceux reliés aux tubes criblés donnent des réactions plus alcalines que le cylindre central. Puisque la sève élaborée semble moins acide que la sève brute, le pH du jus exprimé de la racine entière (ou tige) ne sera qu'une approximation atténuée de l’acidité de la sève brute.

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De nombreux auteurs ont déjà signalé qu’il y avait souvent une similitude de réaction entre les espèces d’une même famille. Négligeant la réaction normalement acide des tissus libériens et lignifiés, M. Small distingue des familles acides et alcalines par la réaction des tissus médullaires :

Familles alcalines : (pH > 5,5) Caryophyllaceæ, Leguminosæ, Scrophulariaceæ..

Familles acides : (pH < 5,3) Polygonaceæ, Saxifragaceæ, Rosaceæ.….

Les mesures de pH qui donnent des résultats supérieurs à 5,2 sont beaucoup plus délicates que les autres. L’acide carbonique a alors une importance croissante dans la liste des éléments-tampons qui fixent le pH des sucs. Son caractère volatil est une source d'erreurs. Par contre, les réactions inférieures à 2 indiquent que la solution est tamponnée par un acide fort, et les bicarbonates n’influent alors sur les mesures que dans une proportion négligeable (Clark, 445). M. Small admet d’ailleurs que les pH supérieurs à 4,8 sont exposés à la critique.

On sait que le pH des jus de plantes est réglé par des substances-tampons qui sont principalement :

Au-dessus de pH — 5 : Phosphates et bicarbonates. Entre 5 et 5,5 : Citrates, et très rarement succinates. Entre 4,5 et 5 : Citrates, malates, et très rarement succinates. Entre 3,5 et 4,5 :Oxalates, citrates, tartrates, malates, et très rarement succinates.

Les protéines et amino-acides (Small, 74) sont négligeables comme substances tampons vis-à-vis des acides organiques. Se basant d’une part sur des courbes de neutralisation : (Base) — f (pH), des principaux acides organiques, et d’autre part sur la courbe de neutralisation d’une sève considérée, M. Small est parvenu à estimer quantativement et qualitativement les acides dominants.

De nombreux auteurs ont montré que, dans une certaine mesure, le pH de la sève brute d’une plante est en relation directe avec le pH du sol. Cette corrélation semble plus nette pour les racines que pour la tige. Il est donc possible que le pH de la sève brute dans les racines donne une indication sur le pH de la solution de sol, au voisinage immédiat des racines.

Ces considérations nous ont conduit à étudier le pH des plantes adventices et à chercher dans quelle mesure leur connaissance pouvait donner une idée de la valeur acidifiante d’une plante sur le sol qui la porte.

Nous ferons mention, dans les pages qui vont suivre, d’une

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méthode colorimétrique de détermination du pH, appelée R. I. M. : Range Indicator Method. Cette méthode, fort intéressante, développée par M. Small, consiste à utiliser une série d'indicateurs sélectionnés, uniquement à leur point de virage. Nous en exposerons les détails ultérieurement (page 148).

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