HISTORIQUE. — ALIMENTATION DES CÉPHALOPODES
Si l'on ne tient pas compte de quelques tentatives isolées a , Krulcenberg paraît être le premier qui ait songé à étudier méthodiquement les propriétés des sucs digestifs des Invertébrés. La plupart des mémoires qu’il a publiés sur ce sujet — et qu’on ne connaît peutêtre pas assez en France — sont de 1878 8 . Ils se rapportent à la digestion des Crustacés, des Cœlentérés, des Echinodermes, des Insectes et des Mollusques. Il semble que l’auteur se soit surtout préoccupé dans ses recherches de découvrir des caractères susceptibles de différencier les ferments pepliques des divers animaux inférieurs. Toutes les fois, en effet, qu’il a rencontré ces ferments, il a essayé leur action sur la fibrine crue et cuite, en solution neutre, alcaline ou acidifiée par l’iin des acides chlorhydrique, acétique, oxalique et lactique. Gela constituait une série de réactions au moyen de laquelle il a tenté d'établir une sorte de classification des pepsines des Invertébrés. C’est ainsi qu’il a créé, pour exprimer la pepsine des
5 II convient de citer F. Plateau, qui a publié différents mémoires sur !a digestion dos Insectes, Arachnides, Myriapodes, de 1874 ït 1878 (Mémoires de l'Académie des sciences de Belgique ), et le travail de Joussct de Bellesme sur la Blatte (1875).
s VI.
Lamellibranches, le mot de conchopepsine, et celui d’hélicopepsine pour signifier celle des Céphalopodes et Gastéropodes pulmonés. Relativement aux ferments diastasiques, Krukenberg s’est contenté de constater si les sucs digestifs avaient oui ou non une action sur l’amidon hydraté. D’après lui, le foie des Céphalopodes et des Pulmonés est riche en ferment diastasique, tandis que les prétendues glandes salivaires de ces animaux n’en renferment aucune trace.
La môme année, M. Léon Frédéricq 1 , à propos d’une étude générale sur l’organisation et la physiologie du Poulpe, a fait quelques recherches relativement à l’action des sucs digestifs de ce Céphalopode sur l’amidon. Ses expériences, comme celles de Krukenberg, ont été faites avec l’amidon hydraté. Il s’est, môme aidé d’une douce chaleur pour favoriser la réaction. Il conclut de son travail que le foie seul parmi les glandes digestives contient un ferment susceptible de transformer l’amidon en sucre. Cet expérimentateur n’a d’ailleurs pas distingué l’action du foie de celle du pancréas, en sorte que cette conclusion se rapporte vraisemblablement aux deux organes réunis.
L’annép suivante, M. Jousset de Bellesme, sans avoir connaissance des travaux de Krukenberg et Frédéricq, instituait une série d’expériences sur le rôle des glandes digestives des Céphalopodes 2 . L’auteur, déjà préparé à ce genre de travail par une étude délicate et consciencieuse de la digestion de la Blatte 3 , a fait ses recherches avec beaucoup de soins. Son procédé d’expérimentation est le suivant : pour le foie, il creuse dans l’organe une dépression au fond de laquelle suinte un liquide qu’il regarde comme représentant la sécrétion hépatique. Il ajoute à ce liquide de la fécule non broyée et lavée et abandonne le mélange à lui-même pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il recherche le glucose. Pour les autres sucs digestifs, qu’il obtient par simple expression de la glande, il essaye directementleur action. Dans aucun cas l’amidon n’a été transformé. Sa conclusion est donc qu’il n’y a pas chez le Poulpe d’organe capable de saccharifier l’amidon.
M. Jousset n’a pas non plus essayé de distinguer le pancréas du foie.
Plus récemment, et alors que nous nous occupions de la question,
1 vil.