DESCRIPTION DES GLANDES DIGESTIVES
Extraction des ferments.
Les glandes digestives, ou plutôt — pour ne préjuger de rien — les glandes qui déversent le produit de leur sécrétion dans le canal digestif, ont chez les Céphalopodes, au point de vue du volume, une importance notable. Le foie est la seule glande qui paraît conserver relativement à la grosseur de l’animal un volume à peu près constant. G'ostce que l’on peutconstaterchezles Poulpes, chez les Sèches et les Calmars. Les Poulpes ont des glandes salivaires antérieures assez petites et des glandes postérieures très .volumineuses. Les Sèches, au contraire, ainsi que les autres Céphalopodes décapodes 1 , ne possèdent pas de glandes salivaires supérieures et leurs glandes postérieures sont plus petites relativement à la grosseur de l’animal que chez les Octopodes.
Cette constance dans la grosseur du foie peut déjà faire supposer que le liquide qu’il sécrète a un rôle chimique dans la digestion ; surtout si l’on considère que la nourriture des Céphalopodes est exclusivement animale, et que par conséquent le travail chimique de la digestion est sensiblement le môme chez tous. Il paraît d’autre part assez naturel de penser que les glandes salivaires, qui varient d’importance et môme de nombre d’une espèco à l’autre, ne rem plissent qu’un rôle physique se rapportant à la chasse, à la mastication, à la déglutition ; actes qui varient selon la nourriture habituelle de ces animaux.
La première paire de glandes salivaires est située chez le Poulpe contre la masse buccale, de chaque côté du pharynx. A chaque glande correspond un canal excréteur, qui pénètre dans la bouche un peu en avant de l’œsophage. La deuxième paire est située plus loin derrière le foie et est accolée contre celui-ci. Une bride relie chaque glande au jabot qui est situé en avant. Chacune donne nais-
sance à un canal qui va se réunir à son congénère de façon à n’en former qu’un seul qui remonte derrière l’œsophage et vient s’ouvrir dans la bouche au-devant du bourrelet lingual. Il est singulier que M. Jousset de Bellesme, dans le travail que nous avons cité précédemment signale le canal excréteur de ces dernières glandes comme se jetant dans le jabot ! Ce canal est assez gros, nettement visible. Il a d’ailleurs été décrit depuis longtemps par Cuvier Peut-être M. Jousset a-t-il pris pour un canal chacune des brides indiquées plus haut qui maintiennent ces glandes au jabot.
Chez les Sèches, les glandes salivaires postérieures, qui : existent seules, sont dans les mêmes rapports avec les organes environnants que chez les Poulpes.
Le foie des Poulpes est constitué par une grosse masse brune située du côté du dos, fournissant à sa base deux canaux excréteurs. Le tissu qui entoure ces deux canaux à leur sortie de la masse hépatique est d’une couleur différente du reste de la glande. Il constitue un organe particulier enfoncé dans le foie, auquel on a donné le nom de pancréas , bien qu’il n’ait probablement aucun rapport fonctionnel avec l’organe qui porte ce nom chez les animaux vertébrés. La structure du tissu du pancréas est différente de celle du foie. Le liquide qu’il sécrète va se réunir au liquide hépatique. Les deux canaux se rapprochent et vont pénétrer ensemble dans une sorte de cæcum de l’estomac proprement dit, qu’on a appelé intestin spiral. Cet appendice n’est vraisemblablement qu’un réservoir du liquide sécrété par le foie. Les aliments n'y entrent pas et, au moment de la digestion, le suc hépatique s’y amasse en abondance. On peut avec quelque soin séparer des portions de tissu pancréatique du tissu du foie, bien qu’une séparation complète des deux organes soit impossible.
Dans la Sèche la difficulté est moins grande. Le foie est formé de deux lobes qui se prolongent en pointe assez loin en arrière. Ces deux lobes sont accolés l’un à l’autre et chacun d’eux donne naissance à un canal excréteur'qui se rend vers l'intestin spiral; mais le prétendu pancréas est ici représenté par des tubes ramifiés, dont la totalité constitue une masse assez grande, qui se rattachent aux canaux hépatiques tout le long de leur parcours et ressemblent à première vue aux corps spongieux qui entourent les veines caves du
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