‹ Recherches expérimentales sur l'action des sucs digestifs des céphalopodes sur les matières amylacées et sucrées. ThèseChapitre 6 sur 12 · XV · texte numérisé non relu

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môme animal. On peut donc les couper et les séparer sans craindre do les avoir mélangés avec le tissu du foie.

L’extraction des sucs digestifs ou des ferments qu’ils renferment présente des difficultés particulières. Il ne faut pas songer à effectuer la ligature des canaux des glandes pour adapter ensuite une canule, comme cela se pratique avec les glandes analogues des animaux supérieurs. Ces canaux sont en effet pour la plupart d’une petitesse extrême et, en raison de leur facile contractilité, une pareille opération n’amènerait aucun résultat. On l’a tentée pourtant sur les canaux hépatiques du Poulpe, qui sont les plus grands de tous ceux des Céphalopodes (les Calmars peut-être exceptés), et l’essai a été suivi de succès. On en parlera plus loin avec détails.

On a proposé, pour trancher ces difficultés, des procédés qui ne sont pas à l’abri de toute critique. Néanmoins, comme ce sont les seuls, et qu’il paraît douteux qu’on en puisse imaginer d’autres, il n’y a pas lieu de choisir. La connaissance de tous les points faibles d'une recherche suffit d’ailleurs généralement à éviter l’erreur.

Ainsi on peut remplacer le suc de la glande par le liquide obtenu en filtrant une macération du tissu de cette glande avec de l’eau. Si ce liquide transforme l’amidon en sucre, c’est que la glande produit un ferment diastasique. Cependant, comme l’a déjà fait remarquer Claudo Bernard 1 , cette propriété de donner une infusion capable d’agir sur l’empois d’amidon ne caractérise pas uniquement ces sortes de glandes; «elle appartient à beaucoup d’autres glandes et à tous les tissus muqueux en.général ». Il convient de tenir compte, pour émettre une conclusion, de la rapidité de l’action du liquide et de la quantité d’amidon saccharifié. La transformation à laquelle donnent lieu les tissus muqueux est toujours faible et longue à se produire.

Une deuxième manière d’étudier les propriétés d’unsucdigestifconsisteàrechercherle ferment dans la glande et àl’extraire quand il existe. On s’appuie pour cela sur ce que l'alcool le précipite de ses dissolutions aqueuses sans le détruire. On découpe donc la glande immédiatement après son extraction de l’animal vivant, on l’écrase et on l’additionne de 8 à 10 volumes d’alcool à 90 degrés. On laisse déposer, on décante, on jette sur un filtre et on lave le produit par do l’alcool à 90 degrés jusqu’à ce que celui-ci passe sans retenir aucun produit

en dissolution. Ce qui reste sur le filtre renferme le ferment ainsi que d'autres matières albuminoïdes solubles dans l’eau, mais qui pour la plupart sont coagulées et rendues définitivement insolubles. On dessèche dans un fort courant d’air ou dans le vide ; on pulvérise et on met la poudre à macérer dans deux fois son poids d’eau distillée. La solution aqueuse décantée est filtrée. On traite le résidu par de nouvelle eau et l’on jette le tout sur le filtre. On obtient ainsi un liquide tenant le ferment en dissolution. On l’additionne d’alcool à 90 degrés. Il se faitun précipité qu’on laisse déposer. On décantel’alcool, on en ajoute de nouveau, etc. Après deux ou trois décantations, suivant l’importance du précipité, on jette sur un filtre sans pli et on lave à l’alcool absolu. En dernier lieu on sèche dans un courant d’air ou dans le vide ; on pulvérise et l’on conserve dans un flacon sec et bien bouché.

Go procédé est à peu près celui qu’employait Mialhe 1 pour la préparation de la ptyaline. Une dernière précipitation par l’alcool donne un produit plus pur, et un dernier lavage à l’alcool absolu permet do dessécher complètement le produit en quelques heures.

Claude Bernard a a fait, relativement à l’emploi de ce procédé d’extraction du ferment des glandes, des observations qui lui enlèvent singulièrement de sa valeur. Il a découvert que tous les tissus muqueux peuvent acquérir, lorsqu’on les a fait macérer dans l’alcool, la propriété de transformer l’amidon en sucre. Le procédé ne peut donc être mis en pratique que dans l’extraction du ferment d’un liquide. Nous l’avons cependant employé parallèlement à celui qui a été exposé en premier lieu et les résultats ont toujours été identiques ( positifs ou négatifs suivant les glandes.

Un troisième mode d’extraction, qui n’est qu’une modification du précédent, consiste à fairo intervenir la glycérine comme dissolvant du ferment et à précipiter ensuite celui-ci par l’alcool. Ce procédé est de Wittich 3 . On peut lui opposer les mômes critiques qu’à celui de Mialhe.

On voit par ce qui précède que lo premier procédé est encore celui qui présente le plus de garanties. Les deux autres no permettent de conclusions que lorsque le résultat est négatif : dans lo cas contraire, il est difficile d’affirmer si le ferment est une sécrétion habituelle do

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