TABLEAU XVI
[nhibition de la fermentation alcoolique anaérobie en fonction de la concentration en glucose.
Solution de saccharose phosphatée N/4000 en ABr.
F0 en foncti coz 2 fonction du temps.
Concentration Concentration 1e 1/2 heure 9me 1/2 heure
en glucose en ABr.
2 p. 100 0 196 217 ADS 0 229 252 re N/4000 65 0 10. — 0 67 0 20 — 0 30 0
4, Rôle du pH.
Le rôle de l'acidité du milieu sur l’inhibition de la fermentation par l’acide bromacétique est considérable. Il a été étudié en détail par Einar LuNpsGaarp en 1932 : à la concentration N/2000 l'acide halogéné (des expériences ont été faites avec l'acide iodacétique qui se comporte comme l'acide bromacétique) l’inhibition est complète jusqu’à pH 5 et devient nulle à pH 7. Présenté sous cette forme, le rôle de l’acidité est évidemment frappant LUNDSGAARD n’a pas cherché les concentrations inhibitrices en fonction de l'acidité du milieu. Les expériences que j'ai faites confirment celles de LUNDSGAARD ; toutefois, si l’on augmente la concentration en acide bromacétique en milieu neutre, on arrive à une inhibition complète pour une concentration qui n’est pas très élevée, de l’ordre N/1000. Le rôle du pH est donc indéniable, mais cependant du second ordre par rapport à l’extraordinaire activité physiologique des acides bromacétique et iodacétique. Le tableau XVII reproduit une expérience faite selon le schéma de LUNDSGAARD, c’est-à-dire à concentration constante en acide bromacétique, N/4000. L’inhibition devient pratiquement nulle à partir de pH 6.
On pourrait imaginer qu’il s’agit dans ce phénomène de la peutralisation de l’acide bromacétique : l’acide CH2BrCO'H
nn à.”
1034 P. CAYROËL.
serait actif, le sel CH?BrCO?Na serait inactif. Il n’en est rien ; en effet, l'acide bromacétique est un acide relativement fort (voir page 1011) ; son pK est de 2,8 : à ce pH, on trouve dans le milieu sensiblement autant de molécules acides que de molécules de sel. Nous pouvons en déduire qu’à pH 4, l'acide bromacétique est entièrement sous forme de bromacétate, très peu dissocié. Or, à pH 4 l’inhibition est encore maxima ; l'inhibition ne commence à décroître qu’à partir de pH 5 ; il ne peut donc s’agir du passage de l’acide au sel. D’autre part, l’étude physiologique de ce corps montre que son activité est liée au groupement CH?BrCO?R, R étant quelconque, ou du moins un alcool de poids moléculaire ou de constitution quelconque. Il n’y a donc aucune raison pour qu’un sel quelconque de l’acide bromacétique ne soit pas aussi actif que l'acide.
La diminution brusque d’activité de l’acide bromacétique entre pH 5 et 6 fait songer au changement de signe de la plupart des protéines, qui s’opère aux environs de pH 5 ; la diminution d'activité se trouverait due dans ces conditions, non pas à l’état de la molécule d'acide, mais à l’état de la cellule vivante elle-même. Cette hypothèse n’est, toutefois, pas sans objections assez graves.
En premier lieu, l’état physico-chimique de l’intérieur de la cellule, n’est pas en équilibre d’une façon simple avec le milieu extérieur. On n’a jamais pu démontrer que le pH de l’intérieur de la cellule soit égal au pH extérieur ; tous les travaux faits à ce sujet montrent au contraire un déséquilibre constant entre l’intérieur de la cellule et le milieu extérieur : REISS (1929) trouve l’intérieur de la cellule, dans le cas des cellules de Vertébrés, plus acide que le milieu sanguin. Il en serait de même pour l’intérieur des cellules d’Algues. Le Las des cellules de levure est particulièrement difficile à étudier au point de vue expérimental, car ces cellules sont très petites, et relativement très pauvres en eau, puisqu'elles contiennent 30 D. 100 de matière sèche.
En . lieu l'étude de la cellule, au point de vue des Has d'ions, faite dans ce laboratoire par P. GENAUD, en 1929, er pu IMmOLtTe en évidence au point de vue ionique, aucun énomène qui puisse si ‘préter ACT RE des no TRES Cle Sie a LES SEA poids isoélectrique au voisinage de pH 5. Au contraire, à tous les pH compris entre 4 et 8, la cellule de levure fixe ou échange des ions positifs ; ;
SUR L'ACTION DES ACIDES HALOGÉNÉS. 1035 à aucun moment, même à pH 2, elle ne fixe des ions négatifs.
Reste à admettre une affinité de groupements aminés qui serait trop faible pour fixer des ions, mais qui serait suffisante pour fixer surtout en milieu acide, un groupement halogéné en « à côté d’un groupement carbonyle ; Cette hypothèse est vraisemblable, d'accord avec les faits, mais pour instant encore très arbitraire ; elle restera arbitraire jusqu’à ce que nous sachions doser ou mettre en évidence par un autre phénomène, ces groupements aminés hypothétiques.