‹ Recherches sur l'action des acides halogénés et de leurs esters sur les cellules de levure (Research on the action of halogenated acids and their esters on yeast cells)Chapitre 59 sur 70 · TABLEAU XXXIV · texte numérisé non relu

TABLEAU XXXIV

Irréversibilité de l’action de l'acide monobromacétique après culture sur la levure Springer.

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Témoins + Abr N/2500 | + ABr N/5000

Après 2 centrifugations..| 27 212 21 0 49 0 23 0 20 0 Après séjour de 8 heures en milieu saccharosé ROSES PR Re EE 20 0 16 0

Après culture de 3 jours en milieu : saccharosé caude levures Per 31 172 28 477

Cette inhibition est-elle définitive pour la race de cellule ?

Il n’en est rien : il est possible de repiquer les cellules traitées par l'acide bromacétique sur fioles d'ÉRLENMEYER, en Semiaérobiose, sans acide bromacétique : la croissance continue normalement. Si, lorsque les cellules sont multipliées 20 ou 30 fois, on mesure à nouveau, les constantes du métabolisme, on les trouve à peu près égales à ce qu’elles étaient avant l'expérience, ou à ce qu’elles sont chez les témoins qui n’ont jamais subi laction de l'acide bromacétique. En d’autres termes, la race, qui avait momentanément perdu la possibilité de fermenter, retrouve cette possibilité lorsqu’elle est placée dans un milieu convenable. La cellule s’adapte à chaque ins- {ant aux possibilités de réactifs chimiques qui lui sont offertes.

Il importe essentiellement, d’insister sur ces deux faits : la cellule qui s’est développée en présence d’acide bromacétique a réellement perdu sa fermentation, mais elle peut la retrouver si on la cultive de nouveau sans acide bromacétique. On a objecté en effet, à ces expériences sur l’acide bromacétique, que l’inhibitionen’était qu’apparente et que la cellule gardait encore en son intérieur, pour ses besoins personnels si je puis dire, une certaine fermentation. L’expérience de centrifugation permet sans ambiguité, de répondre à cette objection ; s’il y avait seulement dissimulation de la fermentation, elle réapparaîtrait sans aucun doute au moins d’une façon partielle, lorsqu'on élimine complètement du milieu Pacide bromacétique très soluble.

D'autre part, la culture ultérieure des cellules sur milieu sucré démontre qu’il s’agit d’un phénomène présenté par les celiules réellement vivantes, et non pas des cellules en survie. La cellule a gardé la possibilité virtuelle de construire les ferments nécessaires à la fermentation alcoolique, et dès qu'on lui permet de fermenter, elle se remet à construire du ferment, et au bout de 5 à 6 générations, elle a retrouvé son équilibre initial. Des expériences analogues ont été publiées antCrieurement au sujet de la saccharase par exemple.

h. Cultures en courant d'air en présence d’ABr. Les expériences sur fioles d'ERLENMEYER présentaient un inconvénient grave : l’aérobiose n’était pas parfaite ; le dévelappement des levures était relativement faible, Il a paru

indispensable de reprendre cette expérience en plaçant les levures dans un courant d’air, de manière à assurer non seulement la saturation d'oxygène dans le milieu, mais encore une répartition homogène des cellules dans la totalité du volume. Dans ces conditions, la vitesse de croissance est beaucoup plus rapide. L'expérience est donc infiniment plus démonstrative, puisque l’on utilise le maximum des capacités de synthèse de la levure. Il était indispensable d’autre part d'étudier divers milieux, plus ou moins riches en matières azotées, en facteur de croissance : c’est ainsi que, successivement, l’eau de levure, une décoction de raisins secs, le moût de bière, le jus de cerises stérilisé ont été employés avec un égal succès. Autolysat de levure et moût de bière sont très riches en matières azotées ; jus de cerise et décoction de raïiein sont très pauvres au contraire en azote ; le phénomène se passe de même façon cependant dans tous ces milieux.

Il importait d'autre part de répéter l’expérience sur des levures diverses : levure de vin, levure haute typique. Je dois à l’obligeance de M. GUILLIERMOND, par l'entremise de M. GENEVOIS, diverses espèces de levures qui sont des types classiques des collections de microorganismes. Ces diverses levures se comportent de la même facon que les autres.

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