‹ Recherches Sur La Coagulation Du SangChapitre 16 sur 22 · EXAMEN DES THÉORIES CHIMIQUES DE LA COAGULATION DU SANG · texte numérisé non relu

EXAMEN DES THÉORIES CHIMIQUES DE LA COAGULATION DU SANG

41° Théorie de Denis (de Commercy).

Denis admettait l'existence dans le sang d’une substance albuminoïde qu'il en précipitait par le chlorure de sodium, la plasmine. Cette substance redissoute dans l’eau s’y coagulait en donnant naissance à la fibrine, dont une portion se précipite, et l’autre reste dissoute, la fibrine concrète et la fibrine dissoute.

Üné première objection faite à la théorie de Denis, c'est que la plasmine ne préexiste pas dans le sang; qu'elle est formée dans le cours des manipulations employées pour sa préparation. — Frédéricq a montré que la plasmine préexiste dans le sang circulant. La solution de plasmine de Denis donne un coagulum à 56°-58° absolument comme le plasma sanguin pur.

Mais la plasmine de Denis n’est pas un produit pur; elle renferme deux substances albuminoïdes différentes ;

elle renferme en outre dufibrinferment.

Outre la substance albuminoïde qui coagule à 56-58°

elle en renferme une autre qui coagule à 75°, qui est précipitable par le gaz carbonique, qui présente toutes les

ER: Pos

propriétés de la forme dissoute. La fibrine dissoute existe dans la plasmine avant la coagulation.

La théorie de Denis ne peut donc pas être conservée ; mais elle mérite au moins, une mention car elle représente la première tentative faite dans la voie si féconde des études chimiques de la coagulation.

Denis le premier a établi que cette coagulation était le signe d’une transformation chimique d’une substance albuminoïde existant dans le plasma sanguin.

20 Théorie de Al. Schmidt (de Dorpat).

La théorie d'A. Schmidt peut se résumer ainsi :

Les substances fibrinogène et fibrinoplastique sont les matériaux aux dépens desquels se forme sous l'influence du fibrinferment le coagulum de fibrine.

Cette théorie a été attaquée par Brücke d’abord, par Hammarsten plus tard. Ces deux expérimentateurs n’admettent pas que la substance fibrinoplastique joue un rôle essentiel dans la coagulation de la fibrine.

Brücke (Ueber das Verhalten einiger Eiweisskôrper gegen Borsäure) prétend que la propriété fibrinoplastique n’appartient pas en propre à la substance fibrinoplastique de Schmidt, mais à quelque impureté entrainée dans la précipitation. Il appuie cette manière de voir sur ce fait que la paraglobuline isolée, purifiée, a un pouvoir fibrinoplastique infiniment plus faible que le sang défibriné. Cela ne tient vraisemblablement pas à une perte de cette propriété pendant la préparation mais plutôt à l’enlèvement d’une impureté fibrimoplastique.

Brücke fait encore remarquer que Schmidt lui-même

Page 1