‹ Recherches sur le cacao et le chocolatChapitre 13 sur 50 · TABLEAU II · texte numérisé non relu

TABLEAU II

Production du cacao dans les colonies françaises et mandats français

Moyenne! Moyenne 1909- | 1923- | 1930 | 1932 | 1933 | 1934 | 1935 | 1936

Colonies

Côte d'Ivoire 6.165/22,239/25,776130.914/41 .546143.553149.681 Dahomey É 29 22 16 23] — — A.E.F. ( Gabon. Congo). 5 554 162 219 MES

Madagascar 31 418| 180] 264] 170| —

Guadeloupe ; 1.000! 104! 133] 124! 150

Martinique 41 à 604 2 172 2200

Mandats Caméroun .855| 5.132] 6.166113.773/17.181/18.706/23.678/24.973 es : 5.180/10.7145| 6.137| 6.986| 5.866110.680| 8. Fe 1.700! 2.265] 1,685] 1.880! 1.800| —

Vers 1890, les Anglais commencèrent à cultiver le cacaoyer dans leurs colonies de la GoLD CoAST, puis de la Niceria. Cette culture a pris depuis lors de telles proportions que la Gold Coast fournit actuellement presque la moitié de {a production mondiale.

Dans les colonies françaises, SAVORGNAN DE BRAZZA encouragea dès 1886 les premiers essais de culture au GABON. Mais ceux-ci ne réussirent que médiocrement, et en 1905 cette colonie ne produisait encore qu’une centaines de tonnes par an.

En CÔTE D'IVOIRE, les premiers essais tentés en 1909 furent infructueux. C’est seulement quelques années

plus tard que la culture du cacaoyer prit un essor définitif dans cette colonie, grâce à l'initiative du Professeur Em. PERROT qui, à la suite de sa mission en Afrique Occidentale en 1914, se fit le pionnier de la question (79), y intéressa les pouvoirs publics et guida les colons dans la pratique délicate de cette culture (80).

Un succès magnifique vint couronner ses efforts et, actuellement, la Côte d'Ivoire, qui arrive au quatrième rang des pays producteurs de cacao, suffit non seulement à alimenter la consommation française, mais exporte encore la moitié de sa récolte à l’étranger.

… Au CAMEROUN et au ToGo, la culture du cacaoyer, commencée par les Allemands, a pris une grande extension sous le mandat français.

Le CONGo BELGE n’a encore qu’une production assez faible.

Le cacao africain appartient au type Forastero Amelonado, fève ovale, assez plate, à coque épaisse, adhérente à l’amande. La saveur est forte, amère, beaucoup moins aromatique que celle du cacao américain. C’est un produit ordinaire de grosse consommation. En Afrique occidentale (aussi bien dans les colonies françaises qu’anglaises), il y a peu de plantations européennes; la culture du cacaoyer est essentiellement indigène. Les gouvernements se sont efforcés d’enseigner aux indigènes des méthodes de culture, de taille, de fermentation et de séchage. Des résultats intéressants ont été obtenus, notamment en Côte d'Ivoire, qui fournit maintenant un produit commercial assez régulier et de bonne qualité.

Il importe de faire une mention spéciale du cacao de MapaGascar et des îles COMORES, MAYOTTE et de la RÉU- NION, très différent du cacao d'Afrique occidentale. Ces fèves ont une coque très fine et friable, une amande brun clair, à saveur forte et aromatique, et peuvent rivaliser avec les meilleurs cacaos américains. La culture, encore récente à Madagascar, est en voie d'extension.

c) Production asiatique et océanienne.

La culture du cacaoyer à CEYLAN et dans les INDES NÉERLANDAISES (JAVA surtout), est plus ancienne que la culture africaine, mais la production est relativement

faible. Les fèves généralement hybrides Forastero Criollo sont assez aromatiques et de bonne qualité.

Il existe quelques plantations en INDOCHINE française.

SAMOA, ainsi que les NOUVELLES-HÉBRIDES, fournissent un cacao assez fin, tout à fait analogue à celui de Madagascar et de Ceylan.

Le tableau I montre l’extension considérable qu’a pris la production du cacao au cours des quarante dernières années.

La production des colonies françaises, inférieure jusqu’en 1933 à la consommation de la métropole, a pris ces cinq dernières années un essor magnifique, surtout en Côte d'Ivoire. C’est ce que montre le tableau II.

L'augmentation de la production correspond évidemment à une augmentation de la consommation. Le tableau III donne un aperçu de la répartition de celle-ci dans les principaux pays consommateurs.

TABLEAU III Consommation du cacao dans les principaux pays

Etats-Unis .935 .2: 15! 181.862 |190.000 |262.155 Grande-Bretagne FGL -6 7.56 50 60 61.255 |125.240 Allemagne “ .6: 51.053 | 50.749 | 76.000 | 74.197

Pays-Bas .67 2 30.016 | 39.083 | 61.300 | 66.493 ; , É 38.345/| 40.750 | 57.325

Espagne «72 : j 9.400 9.975 — Suisse 5. 10.248 | 5.643 | 10.383 7.794 — — — |679.128

Récolte

L'arbre fructifiant sans arrêt, la récolte du cacao se fait toute l’année, mais elle est cependant plus importante à certaines époques dépendant du climat et de la région. Il y a généralement deux récoltes principales, dont l’une est plus importante que l’autre.

Au Vénézuela et aux Antilles, la récolte de novembre-janvier est supérieure à celle de l'été. Au Brésil, la récolte d'hiver (juin-juillet) est aussi la plus importante, celle d’été se fait en janvier-février.

Pen * M

En Afrique occidentale, Côte d'Ivoire, Gold Coast, Cameroun, la meilleure récolte est celle de la-saison sèche, d’octobré à janvier; une autre récolté (midcrop) se fait pendant la saison humide de mars à juillet, elle donne un cacao inférieur, à fèves plates.

Les cabosses suffisamment mûres sont détachées à l’aide d’une serpette, si elles sont basses, ou d’un émondoir ou couteau spécial fixé au bout d’un manche de bambou pour les cabosses plus élevées; elles sont ensuite mises en tas et ouvertes avec soin, afin de ne pas couper les fèves, qui sont ensuite Ôtées à la main par les femmes et les enfants, puis transportées à l’endroit où se fait la fermentation.

Cette opération, considérée jusqu'ici comme indispensabie pour fournir un bon produit commercial, a pour but de débarrasser la graine de la pulpe adhérente, de durcir la coque et de produire des modifications dans le soût et la couleur.

Deux procédés sont surtout utilisés selon que les fèves sont mises en tas ou dans des récipients :

1° Les fèves sont mises en {as recouverts de feuilles. Ce procédé primitif, répandu en Afrique chez les indigènes, ne permet qu’une ferméntation très inégale, car la température n’est pas uniforme à l’intérieur des tas.

.2° Les fèves sont placées dans des caisses, des châssis de bois ou des cuves en ciment armé à fond percé de trous permettant l’écoulement du jus. Pour obtenir un produit uniforme, la masse est agitée tous les deux jours, soit in situ, soit en la faisant passer d’un récipient dans un autre. La durée de cette opération dépend des régions et de la nature des fèves; pour un cacao forastero, elle est de 6 à 8 jours; pour le criollo, elle est beaucoup plus courte, de 1 à 3 jours.

La fermentation se fait dans la pulpe adhérente aux fèves, sous l’action des microorganismes (levures, bactéries, moisissures) apportées par certaines mouches, telles que Drosophila melanogaster.

Les levures se développent les premières et transforment les sucres de la pulpe én alcool; au bout de 24 heures, ellés produisent déjà une fermentation active. CirerRi (14), qui a fait une étude très complète des levures du cacao, a observé en particulier : Enforulopsis theobromae (appelé Sacchäromyces theobroräe par

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