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LE CACAO ET LE CHOCOLAT A TRAVERS LES AGES

À nata terris Arbor in ultimis, Et Mexicanis gloria litteris, Foecunda succo quo superbit Aetherium Chocolata nectar.

Tibi omne lignum cedat, et omnium Propago florum: Laurus adoreis Nectens triumphis, Quercus, Alnus, Et Libant preciosa Cedrus (1).

V4 Ainsi s’exprimait, en 1664, le Jésuite Alonzius FER- RONIUS dans une ode à la gloire du cacaoyer, qu’il dédiait au Cardinal Francis Maria BRANCACIO.

L'arbre qu’il célébrait si lyriquement n’était connu en Europe que depuis un demi-siècle à peine.

Le cacao, originaire d'Amérique, fut introduit dans l'Ancien Continent par les Espagnols au xvr siècle, après la conquête du Mexique.

En 1494, parmi les curiosités que Christophe Co1.om8 rapporta d'Amérique, se trouvaient des graines brunes dont il ignorait l’usage. En 1524, COoRTEZ expédia à CHARLES-QUINT de ces graines, qui servaient de monnaie aux Aztèques, et qu’ils utilisaient également pour pré-

(1) Ce que l’on peut traduire :

O arbre né aux confins du monde,

Dont se glorifient les lettres mexicaines, O suc fécond dont s’enorgueillit

Le chocolat, nectar digne des Dieux.

Que s’effacent devant toi tous les végétaux Et toute la race des fleurs; le Laurier qui lie Les gerbes triomphales, le Chêne, l’Aulne Ainsi que le précieux Cèdre du Liban.

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parer une boisson, fort estimée par eux, appelée Chocollatl, (de Choco, rappelant le bruit du moulinet dans la chocolatière, et de atle qui signifie « eau ») (49).

Connu au Mexique depuis la plus haute antiquité, l'arbre producteur de cacao, le cacahuatl, était l’objet d’un culte chez les habitants primitifs de ce pays, les Toltèques, avant l’invasion des Aztèques. Dans la mythologie de ce ‘peuple, le cacaoyer, semblable à larbre du bien et du mal des Juifs, était le plus bel ornement du Paradis mexicain, situé non loin de Tula.

Fi. I. — Symbole du Sud chez les Mexicains: deux divinités sous le cacaoyer portant des fruits, (D’après une vieille inscription mexicaine).

C’est là, raconte la légende (16), que vivait Quetzacoatl le jardinier-prophète, doué de la science universelle. Quetzacoatl était heureux dans son palais magnifique, lorsqu'un jour, voulant connaître l’immortalité, il se laissa tenter par un malin nécromant, Titlacahua, et but le breuvage magique que celui-ci lui présentait. Mais hélas, à peine eut-il vidé la coupe fatale, que sa raison s’égara. [1 se mit à pleurer à chaudes larmes et fit détruire toutes ses richesses: il changea les cacaoyers en - Mizquitls, arbres inutiles, chassa les oiseaux du jardin, puis s’enfuit à travers le Yucatan et fut enlevé par le

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