‹ Recherches sur le cacao et le chocolatChapitre 6 sur 50 · RS PE · texte numérisé non relu

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Grand Esprit, pour devenir le Génie de la Pluie et de la Rosée.

Les peuples du Mexique n’oublièrent pas les bienfaits du divin Jardinier et lui vouèrent un culte sous le nom de Votan, qui signifie « serpent couvert de plumes ». L’on trouve fréquemment ce serpent emplumé parmi les antiquités mexicaines.

L’empereur MoNTEZUMA II, qui régnait en despote sur le Mexique au moment de la conquête espagnole, faisait une grande consommation de chocolat.

.. Bernal Diaz DEL CASTILLO, invité au palais, raconte (34 qu’à la table de l'Empereur, « après les plats chauds, « au nombre d’environ trois cents, chacun recevait un « gobelet d’or rempli d’une sorte de liqueur faite à par- « tir du cacao et de nature très excitante. Ce breuvage « était présenté au monarque par des femmes avec une « grande vénération ». L’empereur buvait ce chocolat, épais comme du miel, et le gobelet, artistement travaillé, ne servait qu’une fois, étant aussitôt jeté dans le lac - qui bordaït le palais et d’où l’on retira plus tard un véritable trésor.

La préparation de cette liqueur demandait un travail minutieux: « Le cacao et les autres ingrédients dit - « René MorEaAU (75), se pilent et se broyent en une pierre « qu’ils appellent metate, faite tout exprès. La première « chose que l’on fait, c’est de griller et de bien dessécher «au feu tous les ingrédients afin qu’ils se puissent aisé- « ment piler ». Ces ingrédients étaient le chilé, ou poivre du Mexique, et l’achiotte ou rocou, pour colorer. On obtenait une pâte qui servait à préparer la boisson, en la mêlant à de l’eau bouillante; le mélange était brassé avec un instrument de bois appelé molinillo « jusqu’à « ce que les parties grasses et huileuses, précise Jean de « LAET, flottent dessus, lesquelles on escume et met à « part, puis après on mesle avec le reste de la liqueur « l’atolle ».

L’atolle, sorte de bouillie de maïs, était consommée par les gens du peuple qui buvaient le mélange dans une noix de coco ou fécomate. Les riches, eux, édulcoraient leur chocolat avec du miel ou du suc de maguey et le prenaient dans des écailles de tortues finement ouvragées. Le chocolat était toujours bu froid.

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Cette mixture ne fut d’abord pas appréciée des palais européens et le voyageur Girolamo BENZONI la considère comme étant « plutôt faite pour les pourceaux que pour les hommes ». « Breuvage, dit Jean de LaAET, combien qu’il ferait vomir celui qui n’y est pas accoustumé, par son escume qui boult par-dessus comme de la boue » (44).

Les conquérants espagnols cependant ne tardèrent pas à adopter l’usage du chocolat. Ils avaient découvert au cacao toutes sortes de vertus curatives: « Ils en font aussi une certaine paste, dit Jean de LAET, qu’ils veulent guérir les maux de poitrine, d’estomach et les catarrhes ».

Ils faisaient grande consommation de chocolat, constate le voyageur Thomas GAGE, qui visita le Mexique après la conquête: « Deux ou trois heures, raconte-il, après un bon repas de trois ou quatre plats différents de mouton, veau, bœuf, chevreau, dindes ou autres volailles, nos estomacs, prêts à défaillir, étaient soutenus par une coupe de chocolat, qui nous était fourni en grande abondance » (26).

Des chocolaterias s’ouvraient de tous côtés à Mexico et les femmes créoles étaient si friandes de la boisson nouvelle qu’elles s’en faisaient apporter par leurs servantes, relate Thomas GAGE, au milieu de la messe ou du sermon. ;

Cette coutume finit par offenser le clergé, et l’évêque de Chiapa frappa d’excommunication toute personne ayant eu la hardiesse de consommer du chocolat pendant l’Office divin. Les dévotes abandonnèrent alors la Cathédrale, et allèrent entendre la messe dans des couvents, où l’on était plus tolérant. L’évêque se fâcha et fit publier une nouvelle excommunication, mais, làdessus, il tomba malade et mourut empoisonné... par une tasse de chocolat!

La renommée de cette divine boisson parvint à la métropole et l’on se mit à consommer du chocolat en Espagne, mais le secret de son origine fut jalousement gardé pendant tout le xvi° siècle et des lois sévères en défendirent l’exportation. Il demeura ignoré du reste de

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