INFLUENCE DES MALADIES SUR LA NATURE DU LAIT
Parmi les altérations naturelles que peut subir le lait, on a constaté la présence du sang qui lui communique une teinte rosée. M. Lepage de Gi-r sors a signalé la présence de ce liquide dans un lait rose produit par une vache qui n’était cependant atteinte d’aucune affection.
D’assez grandes difficultés se présentent lorsqu’on veut reconnaître la présence des globules du sang dans le lait. On a le plus souvent recours à l’emploi du microscope, à l’action de l’ammoniaque qui fait disparaître les globules du sang, et de l’éther qui dissout les globules butvreux en rendant ceux du sang plus apparents. M. Bouchardat, pour rendre l’examen microscopique plus facile, conseille de mélanger un volume de lait à examiner avec quatre volumes d’éther à 50" Baumé, d’agiter pendant dix secondes et de laisser reposer. On décante la couche éthérée surnageante, on prélève une fraction do goutte du liquide séreux déposé, on la place promptement au microscope entre deux lames de verre et l’on distingue assez faciment les globules du sang qui tranchent fortement sur tout le reste par leur nuance jaunâtre.
Les globules de pus que l’on peut rencontrer dans le lait à la suite de maladies accidentelles, peuvent se reconnaître à l’aide du microscope qui permet de distinguer les globules butyreux appartenant au lait, des globules de pus qui présentent une surface pointiltéé, des bords inégaux et
marginés.'Si l’on fait agir l’ammoniaque sur le lait à examiner, les globules de pus disparaissent, il ne reste plus que la matière grasse. En traitant par l’éther on enlève presque complètement les globules laiteux, ce qui permet de constater plus facilement les globules de pus.
Dans la maladie connue vulgairement sous le nom de cocote, le lait devient filant, il répand une odeur infecte, il possède une réaction alcaline et le microscope y décèle la présence de globules agglutinés muqueux ou purulents. Ce liquide mélangé avec de l’ammoniaque devient visqueux et l’on y voit se former une multitude de petits grumeaux.
M. llerberger a remarqué que chez une.vache atteinte d’une maladie des sabots, le lait était alcalin et difficilement coagulable par la présure dans la première période de la maladie, dans la seconde phase, le lait encore incomplètement coagulé présentait alors une odeur et une saveur putride, il contenait une quantité considérable de sels et entre autres du carbonate d’ammoniaque.
Enfin, le laii à l’état naturel peut présenter une altération qui consiste clans une modification de sa couleur qui devient jaune ou bleue. Ces différences dans la coloration paraissent dues, selon M. Fuchs, à la présence d infusoires particuliers : le vibrio cyanogemis, pour le lait bleu ; et le vibrio xavihogcnus pour le lait jaune.
Ces animalcules qui paraissent être incolores peuvent se développer dans une infusion de guimauve et la faire bleuir. Si, comme l’a conseillé M. Boussingault au point de vue de l’alimentation, on additionne la nourriture d’une certaine quantité de sel marin, on prévient la disposition qui produit ces phénomènes de coloration.