CHAPITRE V
Gentiane ponctuée (Gentiana punctata L.).
La Gentiane ponctuée [Ge/itiana punctnla L.) est de toutes les Gentianes que nous venons d’étudier celle qui se rapproche le plus, par son aspect général, de la Gentiane jaune, avec laquelle on peut la confondre. On pouvait donc penser qu’elle devait renfermer les mêmes principes que celte dernière.
Sa racine est épaisse, charnue, blanchâtre et rappelle exactement la racine de la Gentiane jaune, d’avec laquelle il est absolument impossible de la différencier. Les caractères de l’appareil végétatif aérien permettent facilement de faire cette distinction.
La Gentiane ponctuée a une tige creuse, de 20 à 40 centimètres environ, tandis que la Gentiane jaune peut atteindre un mètre et plus. Les feuilles de la première sont plus allongées, moins larges et d'un vert plus foncé. Les fleurs sont les organes les plus caractéristiques.
Les fleurs de la Gentiane jaune ont une corolle d’un jaune clair assez vif, découpée en lobes profonds, aigus, étalés, qui laissent voir à nu lés autres organes, étamines et ovaire. Les fleurs de la Gentiane ponctuée ont une teinte jaune-verdâtre très pâle, un peu lavée,et sont toutes ponctuées de petites taches brunes très nettes. La corolle est en tube allongé, divisé â la partie supérieure en 6 lobes peu étalés, et elle ne laisse dépasser à l’extérieur que l’extrémité du style.
Les fruits, à la maturité, sont encore entourés du tube de la corolle desséchée, dans la Gentiane ponctuée, tandis que ceux delà Gentiane jaune sont nus.
Il est-donc facile, d’après ces caractères, de différencier sûrement ces deux espèces que l’on rencontre fréquemment aux mêmes lieux. J’ai récolté moi-même, au Lautaret, cette plante, de façon à être absolument sûr des racines que j’aurais à analyser et je me suis fait expédier par la suite, un lot de tiges foliées, fleuries, pour avoir tous les points de comparaison avec la Gentiane jaune. Malheureusement, la perte de ce colis ne m’a pas permis d’essayer les tiges foliées de cette Gentiane.
On trouvera toutefois, à la fin du chapitre, un essai des graines dont j’avais pu récolter une centaine de grammes.