II. - TIGES FOLIÉES
L’analyse a porté sur les tiges foliées dont on avait séparé les racines.
Voici les résultats que nous a donnés l’essai biochimique ;
Rotation initiale (1=2). + l°t3’
Rotation après action de l’inverline. 5’
Rotation après action de l’émulsine. + 1" 8’
Sucre réducteur initial. lgr.,520
Sucre réducteur après action de l’invertine 2 , 260 Sucre réducteur après action de l’émulsine 2 , 505
On remarqttera lotit d’abord que, dans cet essai, la rotation initiale est droile„^tandis qu’avec les liges foliées des Gentianes
que nous avons étudiées, on a toujours obtenu des rotations initiales gauches, comprises entre — 7“36’ et — 2'’24’. Ce fait indique une différence de composition assez marquée.
Sous l’action de l’invertine, on a constaté une diminution dé la rotation droite de 1°10’, avec formation de 0 gr.,730 de sucre réducteur. En supposant que ce sucre réducteur soit du sucre interverti, il proviendrait de l’hydrolyse de 0 gr.,693 de saccharose. On aurait dû observer un changement de rotation de 1°I2’, au lieu de 1°10’ : la concordance est suffisante pour qu’on puisse dire que les tiges foliées de la Gentiane d’Allemagne ne renferment que du saccharose.
Sous l’action de l’émulsine, la rotation drpite a augmenté de 1“3’, et il s’est formé 0 gr..255 de sucre réducteur, soit un indice de 242. Ce faible retour de 63’ et cet indice relativement élevé ne permettaient guère d’espérer arriver à l’extraction de la gentiopicrine. On a néanmoins essayé cette extraction sur un extrait alcoolique provenant de 750 grammes de tiges foliées fraîches, sans racines.
Pour cela, on a suivi exactement le procédé qui a été indiqué pour la préparation de la gentiopicrine des tiges foliées de la Gentiane Croisette (page 49). Ici, il a été impossible d’obtenir le glucoside à l’état cristallisé On a alors essayé son identification en s'appuyant sur son hydrolyse par l’émulsine, ainsi qu’on l’a déjà fait pour les graines de la Gentiane ponctuée (page 60).
Les éthers acétiques, provenant du dernier traitement de l’e-xlrait., ont été évaporés, h sec, sous pression réduite ; on a repris le résidu par l’eau thymolée.el on a ajouté de l’émulsine. En deux jours, la rotation de la solution avait passé de — 2°36’ à -}- 18’, et il s’était fait 0 gr.,458 de sucre réducteur pour 100 cm^. L’indice que l’on obtient avec ces chiffres est de 158 et s’éloigne notablement de celui de la gentiopicrine, 111. En outre, oh a essayé la réaction delà gentiogénine sur le produit qui s’était déposé pendant l’hydrolyse, et l’on n’a pas obtenu la coloration bleue caractéristique; à peine s’est-il formé dans la liqueur une très légère teinte bleue.
Le glucoside hydrolysé dans cet essai n’esl donc pas de la gentiopicrine
En résumé, l’essai biochimique nous permet de supposer l’existence de la gentiopicrine dans les racines de la Gentiane d’Allemagne, et d’affirmer qu’il existe un autre composé glucosidique dans les tiges foliées de cette même plante.