II. - TIGES FOLIÉES
On a fait de même un essai avec les plantes cueillies à Viarmes et un autre avec les plantes cueillies à Ricbelieu.
Richelieu Viarmes 8 juillet 1910 10 juillet 1910
Rotation initiale (1 = 2). — 4" 4’
Rotation après action de l’invertine. — 4'>26’
Rotation après aclion de l'émulsine. + 50’
Sucre réducteur initial. Ogr.,344
Sucre réducteur après action de l’inverline 1 , 059 Sucre réducteur après action de l’émulsine 1 , 814
Ogr.,501
On retrouve, en étudiant les tiges foliées, les différences qui existent avec les racines, mais plus accentuées, surtout pour ce qui est de l’action de l’émulsine.
Sous l’action de l’invertine, les tiges foliées de Viarmes ont donné un cbangement de rotation de 34’ avec formation de 0 gr.,871 de sucre réducteur, et celles de Ricbelieu, un cbangement de 22’, avec formation de 0 gr.,715 de sucre réducteur. Les indices sont encore plus élevés que ceux que les racines ont donnés, 1537 et 1499. 11 est bon de rappeler qu’avec la plante entière, on a obtenu un indice de 1380, qui se trouve situé entre celui que donnent les racines, 1075 et celui des tiges foliées, 1537 (plantes cueillies à Viarmes).
Jusqu’ici, la différence entre la composition des deux plantes est minime, mais elle va s’accentuer.
En effet, sous l'action de l’émulsine, on a observé avec la Cblore perfoliée cueillie à Viarmes un retour de la déviation
do 7”36’, avec formation de Ogr.,987 de sucre réducteur, soit un indice de 129, encore assez près de celui de la gentiopicrine, 111 . Le retour est plus important qu’avec la plante entière de même provenance, 7“ 36’au lieu de 6“ 31’; ce fait s’explique par la présence dans la plante entière d’une certaine proportion de racines, qui, on l'a vu, ne renferment que peu de principes immédiats, et diminuent, par conséquent, le retour produit par l’émulsine.
La Chlore perfoliée, cueillie à Richelieu, n’a donné, sous l’action de ce ferment, qu’un retour de 5°16’, avec formation de 0 gr. 755 de sucre réducteur, soit un indice de 143, encore plus éloigné de celui de la gentiopicrine que l’indice obtenu avec la Chlore de Viarmes.
On doit remarquer ici la différence entre la composition de ces deux plantes, récoltées à la même époque, différence qui doit tenir probablement au terrain sur lequel elles ont poussé.
Ce qu’on peut retenir de cet essai comparatif, c’est que si on veut préparer la gentiopicrine avec la Chlore perfoliée, il sera inutile de s’astreindre à arracher les racines qui n’en renferment que très peu, et que, pour le cas qui nous occupe, il sera préférable de traiter la plante qui pousse à Viarmes et qui en contient plus que la plante qui pousse à Richelieu.
Extraction de la gentiopicrine. — On a traité par l’alcool bouillant 350 grammes de tiges foliées de Chlore perfoliée, cueillie à Viarmes, en même temps que celle qui a servi à l’essai biochimique, le 10 juillet 1910.
On a obtenu ainsi un extrait alcoolique, pesant 25 grammes, auquel on a appliqué le procédé que M. G. Tanret a indiqué pour la racine de Gentiane jaune et que j’ai suivi pour l’extraction delà gentiopicrine des racines de toutes les Gentianes que i’ai essayées. J’ai obtenu ici, avec la même facilité, la gentiopicrine cristallisée.
Les 350 grammes de tiges foliées en ont fourni 2 grammes soit un rendement de près de 6 grammes par kilogramme. La gentiopicrine recristallisée dans l’éther acétique présentait le pouvoir rotatoire suivant :
an = — 196",93
(p = 0,ogi4; v=15; 1 = 2; a = —2"24’).
En résumé, l’application de la méthode biochimique à la Chlore perfoliée m’a permis de déceler la présence, dans cette plante, d’une assez forte proportion d’un glucoside hydrolysable par l’émulsine. L’indice voisin de 111 a fait penser à la présence de la gentiopicrine.
D’après les essais faits comparativement sur les racines d’une part et sur les tiges foliées d’autre part, on a reconnu que c’étaient ces derniers organes qui renfermaient le plus de glucoside. Dans les plantes du genre Gentiana qui ont été étudiées précédemment, on a vu, au contraire, que les racines renfermaient toujours plus de gentiopicrine que les tiges foliées.
En appliquant aux tiges foliées de la Chlore perfoliée le procédé d’extraction de la gentiopicrine qu’on a utilisé pour les racines des Gentianes, on a obtenu ce principe avec un rendement assez avantageux de près de 6 grammes par kilogramme de matière première fraîche.