L'équation
{z* — yx)dx'\- (a?* — zy)dy ->r {y^ — xz) dz = o
présente des difficultés quand on veut lui appliquer la méthode générale; mais, si l'on observe qu'on a identiquement
Xx-h Xy-\-Zz — o,
on en déduit la double égalité
, V y dz — zdy __ zdx — x dz x dy — y dx
z* — xy "" x^ — yz "~ y* — xz
et l'on voit que, en prenant pour variables les rapports de deux quelconques des quantités x, y, z k la troisième, on
est ramené à l'intégration d'une équation différentielle à deux variables. Posant donc - = m, ^ = ç;, et faisant en-
suite -r- =/>, on trouve 1 équation
En la différentiant, on en tire celle-ci
dp __ du p^-^i ~~ u* — I
doiit l'intégrale peut s'écrire
(3) (/> -+-!)(/?-+- a)a(7? -4- cfiy = G( M — i) ( a — a)a(M - a')«',
a et a' désignant les racines cubiques imaginaires de l'unité.
Comme on a d'ailleurs /?= — t7> w=-> en substituant
ces valeurs dans (3) et supprimant les facteurs communs, on obtient pour l'intégrale cherchée,
(a? H-^ H- ^) (a? -h fs! y -f- a^)«(a7 4- a^ -4- a'z)»' = G.
On en pourrait chasser les imaginaires, mais le calcul est sans difficulté et sans intérêt.
Revenant à la relation (a), on reconnaît facilement que la valeur commune des rapports qu'elle contient est égale à
\dy-\-Xdz-^Zdx ^
■" y^z-^Xx^Zy ' .
comme on sait d'ailleurs que la différentielle à deux variables Mdx-^N dy admet j^^ ^^ pour facteur intégrant, l'analogie porte à examiner si l'expression
Xz-hYx-hZy
ne jouirait pas de la même propriété à Tégard de
\dx-\-\ dZ'\-Z dx.
Pour simplifier le calcul, posons
Xz -H Ya?H- Z^= x^-\- y^-\- z^ — Zxyz = cp;
d'où résulte
et Ton trouve que les conditions d'inlégrabilité reviennent ici à Texistence des équations
Y«— ZX Z«— XY X«— YZ
(4) cp= = = ,
dont la vérification est immédiate.
On constate que c'est aux mêmes équations (4) qwe doit
satisfaire - pour être un facteur intégrant du premier
membre de l'équation (i), et il l'est évidemment aussi de
la difi'érentielle
ILdz -\-X dx -^-tdy -= d^.
On peut noter l'identité suivante
X8-h Y3h- Z3— 3XYZ = (a?3+ J3^^3- ^xyz)^,
conséquence immédiate des relations (4).
L'existence d'un facteur intégrant commun aux trois différentielles considérées se rattache aux propriétés des fonctions de la forme
/(x-\- ay -{- ol' z) = P -+- QoL -h Ra',
qui sont elles-mêmes un cas ti*ès particulier d'une théorie générale exposée dans un intéressant Mémoire de M. Laurent Sur les Equivalences algébriques et V Elimination, {Nouvelles Annales de Mathématiques; septembre et octobre i886.)
721 . La composition de D condui t à introduire ici deux expressions de la forme X^ -h [i-^y V(f + [x'<{^, et Voa conçoit qu'en prenant pour X, ijl, X', [jl' des fonctions entières convenables, on puisse égaler ces expressions à d'autres fonctions entières données quelconques. En conséquence, nous poserons
et il importe de remarquer que le déterminant
est nul pour les systèmes de valeurs de a: et j^ qui annulent R et S sans annuler à la fois f et ^. Or, si l'on différentie (2), on a
\ ^ ^ — dj^—R'
dx ^ dx ^ dx ^ dx ^ ^
'()«p d^ dX I ^^F*- __
ày ày àjr ^ dy '
OU, en supposant que ;r et^ soient solutions de (i),
d'où l'on tire, pour les valeurs de x qui satisfont à (i), (3) R'S'=DA;
or, si l'on développe J" suivant les puissances décroissantes de X, on sait que le coefficient de - dans le résultat est y^^,^ ^ >. Xp désignant une racine de R(^) = o; donc
le coefficient de — dans le développement de j^,\l, \ sera ^R\^J)S\) y ^"f désignant une racine de S{y) = o. Il en résulte que V p?'. , c// '"T^ sera le coefficient
de — dans
xy
mais tki^Xp^yq) est nul, excepté pour p=iq^ d'après ce que nous avons vu ; donc la fonction symétriqi:^
2L{xi,yi)V{xi,yi) H'(a^/)S'(^/) '
est le coefficient de — dans le développement de l'expression (4); en vertu de (3) cette fonction symétrique est égale à
^^ 2àD{x,,y,y
ce qu'il fallait démontrer.
Supposons cp de degré m, if de degré n, le plus petit de ces nombres n'étant pas inférieur à 3, les degrés de X, |JL, X', |jl' seront mn — m, mn — n^ mn — /??, mn — /i, le degré de A sera 2.mn — m — /i, celui de D, m + Al — 2. Si donc le degré de F est au plus m -\- n — 3, c'est-à-dire si F est de degré moindre que D, le numérateur de la fraction (4) sera de degré
m -h 71 — 3 + 2 mn — m — n
ou 2/n/i — 3, le dénominateur de degré imn et le coefficient de — sera nul dans le développement de (4); donc,
Si F est de degré inférieur à D /a fonction symétrique
des solutions de (f(x,y) = o, ^{oc, y) = o sera nulle.
Si le plus petit des nombres m et n était inférieur à 3, les relations (2) pourraient n*étre satisfaites qu'en donnant aux multiplicateurs des degrés supérieurs à mn — m et mn — n, mais la conséquence précédente n'en subsisterait pas moins.