‹ Réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimalChapitre 54 sur 62 · C. — Métaphys. lO · texte numérisé non relu

C. — Métaphys. lO

quantités infiniment petites du second ordre ; ainsi de suite.

144. Il ne m'appartient pas de prononcer entre Newton et Leibnitz sur la priorité de l'invention. Il me semble que la métaphysique de Tune de ces méthodes est tellement différente de celle de Tautre, qu'il est plus que probable que chacun a inventé la sienne. L'histoire des sciences mathématiques est remplie de semblables rencontres, parce que, la vérité étant une, il faut toujours que ce soit à elle qu'on arrive, et sitôt qu'elle est pressentie, chacun s'y précipite par le chemin qu'il s'est frayé. Il faut faire attention qu'à l'époque de New^ton et de Leibnitz une foule d'idées analogues à celles de ces deux grands hommes perçaient de toutes parts dans les écrits des savants. C'était réellement un fruit mûr. Cavalerius, Fermât, Pascal avaient soumis au calcul les quantités infiniment petites ; Descartes avait trouvé la méthode des indéterminées ; Roberval avait imaginé de décomposer la vitesse du point qui décrit une courbe en deux autres respectivement parallèles aux deux coordonnées ; Barrow avait considéré les courbes comme des polygones d'une infinité de côtés ; Wallis avait enseigné à calculer les séries. Il ne manquait plus que d'assujettir toutes les découvertes de même genre à un mode uniforme par un algorithme ; n'est-il pas plus naturel de penser que Newton et Leibnitz ont trouvé chacun le leur par des routes très opposées, que de supposer que l'un de ces deux hommes, déjà justement célèbres à tant d'autres égards, ait été plagiaire de l'autre ?

CALCUL DES EVANOUISSANTES. 147

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