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Ces vaches sont les flammes, les rayons d'Agni

nous sommes unis à vous de cœur. L'hymne et la prière sont d'accord pour vous exalter. Votre âme invincible peut se satisfaire magnifiquement.

9. Vous recevez de superbes présents; 6 (dieux) vaillants, vous jouissez d'une opulence, d'une grandeur que relèvent mille prestiges de puissance. Ni les cieux avec les jours, ni les mers, ne connaissent rien d'égal à votre divinité, rien qui mérite les hymnes et les libations qu'on vous adresse.

HYMNE xvi.

A MITRA ET A VAROUXA, PAR DIRGHATAMAS.

{Uétre : Trichtoubh.)

1. Vos vêtements sont amples et magnifiques. Quand vous les quittez, vous le faites avec sagesse, et ils ne se trouvent jamais déchirés. Triomphez de tout ce qui est mauvais; car vous êtes, ô Mitra et Varouna, unis avec la bonté.

2. L'estime quo l'on peut faire des hommes n'est jamais complète. Tel est juste et prudent, il aime les sages; mais il est cruel. Tel autre se fait craindre et abuse de sa force pour opprimer un plus faible que lui ^ 0 dieux, un tel reproche ne peut vous être adressé.

3. La première des (déités) douées d'un pied (léger), en est bientôt privé •. 0 Mitra et Varouna, qui dirait la même chose de vous? Votre enfant porte le fardeau de ce monde, soutenant ce qui est bon, repoussant ce qui est mauvais '.

4. Nous voyons bien cet époux des jeunes (Aurores) s'avancer, poursuivre sa révolution, et couvrir ces espaces élevés et vastes, demeure de Mitra et de Varouna.

5. Mais, nu moment de sa naissance, il était sans chevaux et sans rayons, (ce soleil), qui, rapideet retentissant, marche au plus haut des cieux. Que (les hommes) fassent de brillants apprêts, et qu'en l'honneur de Mitra et de Varouna ils allu-

1. L*e\ pression de l'auteur est singulière. Elle se traduit ainsi littéralement : triangularem oeeidii quadran^ gularis,

2. II est ici question de l'aurore : rapide et légère, elle est arrêtée par le soleil; elle disparaît dans ses rayons, suivant le poète indien, elle perd son pied. La mythologie postérieure, en substituant à l'aurore le personnage d'Arouna, l'a privé de pieds : on trouve ici l'explication de ce mythe.

3. Mitra et Varouna, dit le commentaire, cVst le Jour et la Nuit (ahoràtrô). Dans rintervalle du jour et de la nuit nait le soleil, qui semble sortir de leur sein et devient leur fruit, leur enfant, garbha. Le soleil amène la lumière et repousse les ténèbres, et se montre de cette manière Tami du bien et l'ennemi du mal.

INDE. -POÉSIE LYRIQUE

[Lect ir.]

meQt le feu du sacrifice et chantent des hymnes.

6. Que les vaches donnent le lait de leurs mamelles pour mon sacrifice. Que le sage (Agni) obtienne toutes les libations qu'il désire; que sa bouche (sacrée) touche (à mes holocaustes), et n'épargne rien de mes offrandes ^

7. 0 Mitra et Varouna, puissé-je vous rendre agréables les honneurs que je vous rends, et mériter votre protection, ô dieux (favorables)! Que notre piété nous donne la victoire dans les combats ! Que la pluie divine (de vos faveurs) nous serve à traverser heureusement (la vie) !

HYMNE XVII

A MITRA ET A VAROOXA, PAR DIRGHATAMAS.

(Mètre : Trichtoabh.)

1. Nous éprouvons une grande joie à vous honorer par nos holocaustes et nos invocations, 6 Mitra et Yarouna, (6 dieux) dont le beurre de nos offrandes relève Téclat, tandis que nos prêtres, par leurs cérémonies, semblent voulpir vous exalter.

2. J'ai préparé des hymnes, ô Mitra et Yarouna, et, attelant le char de votre sacrifice, j'apporte des vers harmonieux : cependant le père de famille fournit pour votre solemnité les holocaustes et les présents.

3. Que la vache donne tout son lait pour le sacrifice, ô Mitra et Yarouna, en faveur du mortel qui vous présente cet holocauste, au moment où (le dieu) qui reçoit les offrandes •, tel qu'un sacrificateur humain, vous honore et vous fête en

ce jour.

4. Allons ! au milieu de ce peuple transporté de joie, que les vaches, que les ondes divines vous fournissent des libations ! Allons 1 l'antique maître, (Agni), et pour nous et pour (le père de famille) ici présent, se charge de vous les offrir. Prenez votre part (du sacrifice), et buvez du lait de la vache '.

HYMNE XVill.

A YICBIfOD, PAR DIRGHATAMAS.

{Mélre ; Trichtoubh.)

1. Je chante les exploits de Yichnou qui a créé les splendeurs terrestres, qui par ses trois

1. Ce passage peat tout aussi bien s'enteodre du sage sacrificateur.

2. Le commentaire semble reconnaître ici le nom d*an prince qu'il nomme Bàtahavya,

3. Je n*ai pas besoin de faire remarquer que le mot vachey ici et aillenrs, pent être pris au propre on au figuré, et, dans ce dernier cas, signifier le tacrf/Se«, la libation ou les rayoni d^Agni,

pas * a formé l'étendue céleste, (Vichnou) partout célébré.

2. C'est pour sa force que je chante Yichnou, redoutable comme le lion, semant la terreur sur ses pas, habitant la hauteur; (Yichnou) dont les trois vastes pas embrassent tous les mondes.

3. Que ma prière touche vivement ce généreux Yichnou qui habite la hauteur, et se trouve partout célébré ; qui, incomparable, a mesuré en trois pas cette large et lougue demeure !

4. Ses trois pas immortels sont marqués par de douces libations et d'heureuses offrandes. C'est Yichnou qui soutient trois choses * : la terre, le ciel, tous les mondes >.

5. Puissé-je arriver à cette demeure de Yichnou \ où vivent dans les plaisirs les hommes qui lui ont été dévoués ! Celui qui fait des libations en l'honneur de Yichnou aux larges pas devient son ami ' dans cette région supérieure.

6. Nous souhaitons que vous alliez tous deux ^ dans ce séjour où paissent des vaches légères, aux cornes merveilleusement allongées ^. Là brille la demeure suprême de ce (dieu) libéral et partout célébré.

HYMNE XIX

A VICHNOi: ET IKDRA, PAR DIRGHATAMAS.

{Mètre -• Djagatt.)

1. Apportez vos libations et vos mets en l'honneur de Yichnou et du grand héros qui aime les prières, (en l'honneur de ces dieux) invincibles, qui se placent sur le dos des montagnes (célestes), comme sur un excellent coursier.

2. En votre honneur, 6 Indra et Yichnou, (dieux) puissants par vos œuvres, Soutapas a formé cette brillante réunion. Et, pour récompenser un mor-

1. Les trois pas de Yichnou, ne ToubUons pas, sont les trois stations du soleil, à son lever, à midi, à son coucher.

2. Ces trois choses, suivant le commentaire, seraient ou les trois mondes {loeairayam), ou les trois temps {eâlatrayam)y ou les trois qualités {gounalrayam),

3. Ces mondes {bhouvanàni), au nombre de sept, composent un espace intermédiaire entre le ciel et la terre. Des mondes connus sons le nom de loca, on peut en compter tantôt trois, tanldt quatorze.

4. Cette demeure est le ciel ou peut-être le soleil, où les Indiens pensaient qu'ils devaient être transportés après la mort.

5. Le mot bandhoû est plus fort : il signifie parent, attaché par h lien de la famUle.

6. C'est-é-dire, pour le père et la mère de famille, pour les deux familles offrant le sacrifice.

7. Ces vaches sont les nuages, ou, suivant le commentateur, les rayons du soleil.

(Uei. III.]

RIG-VÉDA. — SBCTiON DEUXIÈME.

tel, vous donnez Tessor à la flèche d'Âgni, le magnifique archer '.

3. Nos libations augmentent la puissante vigueur de Yichnou. (Soutapas) rapproche les deux mères qui doivent heureusement produire (Agni)*. £t alors le (dieu) obtient trois noms : Tun inférieur, celui de tils; Fautre supérieur, celui de père ; et le troisième, qu'il possède dans la région lumineuse ' du ciel.

4. C'est cette vigeur de Yichnou que nous chantons : (Yichnou) est maître, sauveur, bien- Êiiteur libéral. En trois pas il parcourt le monde, pour y répandre au loin et la vie et sa gloire.

5. Deux des stations de ce dieu touchent au domaine des mortels. La troisième est inaccesible à tous, même à Toiseau qui vole.

6- 11 fournit quatre-vingt-quatorze carrières *, pareilles à la roue qui tourne. Son large corps a été par les poètes divisé en plusieurs parties. Toujours jeune et florissant, il vient à notre appel.

HYMNB XX.

A VICBNOn. PAR DIRGHATAMAS.

{Métré : Djagatt.)

1. Sois facile comme un ami, heureux de nos libations de beurre, magnifique, accessible et généreux. C'est ainsi, 6 Yichnou, que la louange sera célébrée par le sage, et que le riche offrira l'holocauste en ton honneur.

2. L'homme qui honore Yichnou antique et nouveau, (Yichnou) qui embrasse tout et qui naît pour le bonheur du monde, (l'homme) qui chante la grande naissance du grand (dieu), obtient certainement l'abondance.

3. Chantres éclairés, célébrez l'avènement de ce (dieu) antique, enfant du sacrifice, et, reconnaissant sa puissance, dites : « 0 Yichnou, tu es grand, et nous implorons ta bonté. •

1. Agni porte sarses flammes, qui sont ses flèches, les vcrax des mortels adressés aux dieox, on bien il lance ces mômes flammes contre lears ennemis.

2. Le commentaire entend cette phrase de Yichnou, qni fait apparaître le Ciel et la Terre, grands parents de la Nature.

3. Ce passage m'a para difficile. Yoici comme je le comprends. Agni doit être considéré sons trois rapports f comme fils de Varani, comme père da ciel et de la terre, et enfin comme Vichnou illuminant le ciel. II serait absorde de trouver ici la moindre allusion an dogme d'une trinité quelconque.

4. Voici les noms et les nombres de ces 94 périodes : 1 an, 2 ayanas ou demi-années, 5 ritotu ou saisons, 12 mois, 34 pakehas on demi* mois, 30 jours, 8 yàmàs ou heures, IS lagruu ou divisions de Téqualeur. Dans ce calcul je trouve 5 saisons; je serais porté àn*en compter qno 4, et à ajouter aux 12 mois le mois suppUmentaire,

I 4. Que le royal Yarouna, que les Asvrins prennent leur part du sacrifice offert à ce Yichnou, qui soutient tout, et que les Marouts accompagnent. Yichnou a développé la force suprême qui fait briller le jour, et, uni aux (Marouts) ses amis, il a ouvert le pâturage (céleste).

5. Que le divin Yichnou, plus puissant que le puissant Indra, daigne se joindre à lui ! que le (dieu) sage qui siège en trois stations se plaise à notre sacrifice, et permette à l'Ârya, qui le lui offre, d'en recueillir le fruit !

HYMNE XXI

AUX ASWINS, PAR DIRGHATAMAS.

{Mètre : DJagaU.)

1. Âgni s'éveille sur son (siège) de ferre; le Soleil arrive; la grande et brillante Aurore apparaît avec éclat. Les Âswins attellent leur char. Le divin Savitri a enfanté les deux parties de l'univers.

2. 0 Aswins, pendant que vous attelez vos généreux coursiers, versez sur nos champs le beurre et le miel. Accueillez nos prières, et secoureznous dans les combats. Puissions-nous obtenir les riches dépouilles do nos ennemis!

3. Qu'il marche en avant, ce char des Aswins, attelé de rapides coursiers, chargé de biens savoureux, objet de tant de louanges ; (ce char) & trois roues et à trois sièges, magnifique et garoi de toute espèce de richesses; qu'il apporte le bonheur et pour nous et pour tous les êtres animés !

4. 0 Aswins, amenez-nous la force, et agitez sur nous votre fouet, d'où s'épand une douce abondance. Prolongez notre vie, effacez nos fautes , frappez nos ennemis, soyez toujours avec nous.

5. Yous portez la fécondité au sein des mères ; vous êtes au centre de tous les mondes. Généreux Aswins, on vous doit (ici) la présence d'Agni, des ondes (sacrées) et du bûcher.

6. Yous connaissez la médecine et la vertu des plantes; vous êtes aussi habiles à conduire les chars. (Dieux) terribles, vous êtes les maîtres de la richesse. (Protégez) celui qui vous offre, avec sa prière, le don de son holocauste.

LECTURE TROISIÈME

AUX ASWINS, PAR DIRGHATAMAS.

{MétrM : Trichtoubb ei Anouchtoubh.)

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