‹ --Rig-védaChapitre 53 sur 874 · HYMNE IV A AGNI, PAR CANWA, FILS DE GHORA · texte numérisé non relu

HYMNE IV A AGNI, PAR CANWA, FILS DE GHORA

(Mitre : Vrihatt.)

1. Par des hymnes solennels, nous implorons, au nom de l'assemblée religieuse (ici réunie), le grand Agni, que tant d'autres invoquent comme nous.

2. Agni, augmente la force des mortels ! Nous t'honorons par des holocaustes; sois-nous aujourd'hui favorable, sois notre protecteur, (ô dieu) qui possèdes la richesse !

3. Nous te choisissons pour être le messager (des dieux) et le sacrlQcateur, toi qui renfermes tous les biens. Tes feux grandissent et s'étendent : tes rayons touchent au ciel.

4. Pour les dieux Varouna, Mitra, Aryaman, s'allument les feux de leur antique messager. Le mortel qui t'honore, 6 Agni, obtient par toi toute l'opulence (qu'il souhaite).

5. Agni, tu es pour les mortels un heureux messager, un sacrificateur, un gardien du foyer domestique, une source de joie. Toutes les œuvres fortes et constantes qu'accomplissent les. Dévas se font par ton concours.

6. Par toi, Agni, toujours jeune et fortuné, se consomment tous les holocaustes; sois-nous favorable et aujourd'hui et dans l'avenir, et, par les sacrifices que nous offrons, augmente la force des dieux.

7. C'est Agni surtout, (Agni) brillant de çpn propre éclat, que les hommes viennent honorer par leurs hommages; ce sont les feux d' Agni qu'ils allument par leurs ofifhtndes, quand ils veulent être vainqueurs de leurs ennemis.

8. (C'est avec lui que les autres dieux) ont vaincu Vritra et lui ont donné la mort ; (avec lui qu'ils) ont étendu le ciel, la terre et les eaux, pour en faire le domicile (des êtres). Qu'(Agni) soit pour Canwa, qui l'invoque, un riche bienfait.'ur ; (qu'il le dirige vers la richesse) comme le cheval hennissant (porte le guerrier) vers les vaches (de ses ennemis).

9. Prends place (sur notre cousa); tu es noble, grand, et digne de nos hommages. Brille donc, Agni, le bien-aimé des dieux, et enveloppe-toi d'une fumée éclatante et remarquable !

tO. Toi que les Dévas ont allumé ici-bas en feveur de Manon, objet précieux du sacrifice et

[Leet. III. I

RIG-VÉDA. — SECTlOxN' PREMIÈRE.

maître des holocaustes; toi qui nous réjouis par le don de la richesse, et qu'a f6té le Ganwa Médhy&tlthi * ; toi qu'honorent le généreux (père de famille) et ceux qui chantent des hymnes !

11. Cet Àgni, que le Ganwa Médhyftttthi alluma jadis, nos offrandes viennent de le faire briller au foyer du sacrificjs. Que nos chants s'élèvent pour célébrer la grandeur d'Agni !

ï2. Toi qui reçois nos offrandes, comble-nous de biens; car tu es Tami des dieux, Agni. Tu es le roi de l'abondance la plus renommée. Fais notre bonheur, toi qui as la puissance.

13. Lève-toi donc, et sois notre protecteur, non moins que le divin Savitri. Lève-toi pour nous accorder Fabondance, à nous qui, par les hymnes de nos prêtres, invoquons ton appui.

14. Lève-toi, et sois notre guide pour nous sauver da mal. Brûle tous nos ennemis, fois que nous nous levions également pour agir et pour vivre. Fais agréer aux dieux nos sacrifices.

15. (Dieu) jeune et resplendissant, Agni, sauvenous du R&kchasa; sauve-nous du méchant, étranger à toute générosité ; sauve-nous de l'ennemi cruel, et de celui qui veut notre mort.

16. Gomme (le guerrier) armé d'une massue, accable de tout cOté nos vils adversaires, ô toi qui es entouré de rayons brûlants ! JNe souffre pas que nous ayons pour maître le mortel qui nous hait, et qui aiguise ses traits contre nous.

17. Ge n'est pas (en vain) qu'on a demandé à Àpi la richesse qui procure Ja force. Agni a donné le bonheur à Ganwa; il a sauvé Médhvfttithi et ses amis; il a comblé de ses biens (le mortel) qui le glorifie.

18. Nous appelons à notre sacrifice, de la région lointaine (où ils séjournent maintenant), Tourvasa, Yadou et Ougradéva. Qu'ils viennent avec Agni; que ce dieu, vainqueur du Dasyou^ amène aussi Navavâstwa, Vrihadratha et Tourvîti ».

19. Agni, c'est Manou qui, pour le bonheur de sa race à jamais bénie, a constitué ton foyer lu-

1. Le (e\te porte JUédhyàtUhi ; je crois qae c'est le même que Médbàtllhi, fils de Tancien Canwa. On dit aassi que MédhiUtbi et Médhyàiithi sont deni frères, fils de Canwa.

S. Cette strophe renferme les noms de plusieurs personnages appelés râdjarehit, Yadoa est un des cinq Als (infayâii, cinquième roi de la race lunaire. Tourvasou, appelé ici Tourvasa, était son frère. Je ne sais rien d*Oogyadéva ni des autres. Cette histoire antique cite plnsiears Vrihadrathas. Je pense que la mémoire de ces princes, renommés pour leur piété, est ici évoquée par ^ poète reconnaissant; leurs mânes sont inyités à venir uéger au sacrifice.

fflineux. Tu as lui pour Ganwa, 6 (dieu) né au foyer du sacrifice; et, arrosé (du beurre consacré),tu obtiendras toujours le respect des mortels. 20. Les rayons d'Agni sont brillants, forts, redoutables. Il est difficile d'en approcher. Daigne réduire en cendres les mauvais génies S doués d'une force (funeste), et tous les (ennemis de notre bonheur).

HYMNE v.

AUX MAROUTS, PAR CANWA «.

(Mètre : G&yatri.)

1. Enfants de Ganwa, célébrez la puissance des Marouts que transporte un char brillant, ( puissance) rapide et inattaquable dont vous ressentes les effets.

2. Ils viennent de nallre, brillants de leur propre éclat. (Voyez-vous) leurs armes, leurs parures, leur char traîné par des daims? (entendezvous ) leurs clameurs?

3. Écoutez, c'est le bruit du fouet qu'ils tiennent dans leurs mains; c'est le bruit qui, dans le combat, anime le courage.

4. A cette troupe (divine),qui détruit vos ennemis, noble, forte et glorieuse, offrez la part d'hymnes et de sacrifices que lui accordent les Dévas.

5. Loue donc cette puissance des Marouts, invulnérable et rapide, qui régne au milieu des vaches (célestes), et ouvre avec force (leurs mamelles pour en faire couler) le lait >.

6. Parmi vous qui remuez si puissamment le ciel et la terre, qui agitez celle-ci comme la cime ( d'un arbre ), quel est le plus vigoureux?

7. Contre votre marche impétueuse et terrible, l'homme ne peut résister; les collines et les montagnes s'abaissent devant vous.

1. Ces mauvais génies portent ici le nom d'Yàtoumà^ vân; plQs haut, an vers 10 de l'hymne précédent, c'était Yàtoudhànan.

3. Ge Ganwa, dont le nom est cité dans le coars de l'hymne, est-il le même que celui dont nous avons parlé, lecture i,note 1, col. 2, page 48? Le mot Ghora, qui signifie terrible, ei qui est le uom de son père, peut avoir quelque analogie de sens avec le mot Apratirathat qui implique Vidée d'invincible, Gependantje pense qu'il faut distinguer le fils de Ghora et le fils d'Apratiralha ; que ce dernier est un ancien Ganwa, souche d'une famille sacerdotale, et père de Médhàllthi ou Médhyàtithi, ici mentionné, etque le fils de Ghora est un membre moins ancien de la famille des Canwas, lequel rappelle, dans cet hymne un des titres d'honneur de son aïeul. Le commentateur dit quelque part que le fils de Ghora devint fils de son propre frère Ganwa.

3. Ges vaches, comme nous le savons, ce sont les nuages ; leur lait^ c'est la pluie.

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

[Leei. III.]

8. SouB VOS pas redoutables , la terre treaible de crainte, telle qu'un roi accablé par Fâge.

9. Le lieu de votre naissance est ferme et stable ' ; vous pouvez, du sein de votre mère, vous élancer, tels que des oiseaux; car, des deux côtés, est un élément solide.

10. Ces (dieux) répandent le son comme on répand la libation. Leur souffle étend les voies du ciel ; (Feau tombe), et la vache (en s'y désaltérant) y entre jusqu'aux genoux.

11. (Voyez- vous) ce long et large (nuage), fils de l'onde (qui s'y amoncelle) ? (11 semble) invulnérable. (LcsMarouts) savent le chemin par lequel on arrive jusqu'à lui pour l'ébranler.

12. 0 Marouts, puisque vous avez la force, faites-la sentir aux hommes, faites-la sentir aux collines.

13. Quand les Marouts sont en marche, le chemin retentit de leur voix: chacun les entend.

14. Accourez, portez ici vos pas rapides. Les enfants de Ganwa vous attendent avec leurs offrandes; ici vous serez satisfaits.

15. Agréez notre sacrifice,car nous vous sommes dévoués. Daignez nous assurer une longue existence.

HVMNE VI.

AUX MAROUTS, PAR CANWA.

{yè!re .Gûyalrî.;

1. 0 vous qui aimez nos hymnes, qui vous plaisez sur notre (xmsa^ quand viendrez-vous nous prendre dans vos bras, comme un père (prend) son enfant ?

2. Où êtes-vous maintenant ? Quand aiTiverezvous? Venez de la terre comne du ciel. (N'entendez-vous pas les hommes) soupirer après vous, comme les vaches (après le pâturage)?

3. 0 Marouts, où sont les biens nouveaux (que nous allons tenir de vous)? où sont vos trésors? où sont toutes vos félicités ?

4. Fils de Prisni, quand vous ne seriez pas immortels, (faites toutefois) que votre panégyriste jouisse d'une longue vie.

5. Que l'homme qui chante vos louanges ne soit pas comme la (foiblc) biche sur le gazon; qu'il n'aille pas tristement fouler le chemin d'Yama.

1. Le Uea de la naissance des Vents est la terre; considérée comme leur mère, la terre porte le nom de Priêni, Voir lecture ii, note 5, col. 1, page 3. L'air, placé entre le ciel et la terre, roçoU les Vents.

6. Que jamais Nirriti * si redoutable par sa force, Nirriti l'insurmontable, ne vienne nous frapper; qu'elle tombe avec la soif (qu'elle a causée).

7. Oui, c'est la vérité : ces (dieux) forts et resplendissants, dont Roudraest le chef, peuvent, sur un sol desséché, faire tomber la pluie sans l'accompagner de vent.

8. Tel que la vache , le tonnerre mugit ; comme le veau est suivi de sa mère, (les Marouts sont suivis) de la foudre, et par eux la pluie sort (du nuage).

9. Les Marouts, même pendant le jour, forment une espèce de nuit avec le nuage qui transporte les ondes et qui fond sur la terre.

10. Le bruit des Marouts a retenti, et aussitôt toute demeure sur la terre, les hommes même, ont tremblé.

11. 0 Marouts, dont la main est forte et la marche infatigable, venez ici près de ces rivières aux bords agréables.

12. Que vos roues, que vos chars, que vos chevaux soient fermes ; que leurs harnais soient éclatants de lumière.

13. Allons, élève la voix pour célébrer Agni, (qui est) Brahmanaspati ', et qui ne brille pas moins que Mitra.

14. Que les vers harmonieux ' sortent de ta bouche, et se répandent comme une (douce) plaie. Chante l'hymne religieux.

15. Célèbre la troupe des Marouts, brillante, digne d'éloges et de respects. Qu'ici, dans ce sacriUce, ils reçoivent nos hommages.

HYMNE VII

AUX MAROUTS, PAR CANWA.

(Métré : VrihaU.)

1. 0 Marouts, lorsque de la région lointaine (où vous habitez), comme un rayon lumineux, VOUS lancez votre souffle puissant, quel est l'homme dont le sacrifice, dont l'hymne vous attire? quelle maison, 6 dieux terribles, quel mortel visitez-vous ?

2. Que vos traits soient solides pour repousser nos ennemis, fermes pour les arrêter ; que votre force soit digne de louange, et ne ressemble

1. Voy. lecture ii. note 4, col. â, page 14. Nirriti, déesse do mal, me semble être ici la Maladie; la soif dont U est question, doit être celle de la fièvre. Voy. lecture I, note 1, col. 1, page 10.

3. Le poète emploie ici le mot tloca pour désigner toute espèce de vers.

(L«ct. IfT.|

pas à celle d'un mortel qui ne sait que tromper.

3. (Dieux) puissants, vous renversez ce qui est solide, vous soulevez ce qui est lourd; et c'est ainsi que vous enlevez les arbres de la forêt ou les flancs de la montagne.

4. Partout vainqueurs, on ne vous connaît d'ennemis ni par delà le ciel, ni sur la terre. Enfants de Roudra, que votre force soit puissante par la concorde, et la victoire vous est assurée.

5. Ils ébranlent les montagnes, ils arracbent les rois de la forêt. 0 dieux Marouts, toute votre troupe s'élance, comme si Fivresse exaltait vos esprits.

6. A vos cbars vous avez attelé des daims; Tavant-train de ces chars est rouge. La terre entend le bruit de votre approche, et les mortels ont frémi.

7. Compagnons de Roudra, nous implorons votre prompt secours en faveur de notre famille. Yenez-nous en aide, et (protégez) un Canwa tremblant, comme vous l'avez fait autrefois.

8. Suscité par votre colère ou par la vengeance de quelque mortel, un (ennemi) puissant nous attaque. Privez-le de tout aliment, de toute vigueur, des secours qu'il attend de vous.

9. Dieux prudents et dignes de nos sacrifices, TOUS avez accordé toute votre protection à Canwa. Accordez-nous aussi, ô Marouts, tous vos secours ; soyez avec nous, comme l'éclair est avec la pluie.

10. (Dieux) pleins de libéralité et de force, vous {possédez toute la vigueur, toute la puissance (désirable). 0 Marouts, à l'ennemi passionné de ▼otre poète, envoyez, comme une flèche» un eonemi (qui le frappe).

HYMNE vin.

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