‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 365 sur 1127 · Voy. page 69, col. 1, note · texte numérisé non relu

Voy. page 69, col. 1, note

5. Le beurre jeté sur le foyer excite la tlamme : c’est là l’œil d’Agni.

6. Agni brille dans le foyer comme Tryagni dans le soleil comme Aditya dans le nuage comme Vêdyoula ou comme Vâyou. (Voy. page 204, col. 2, note 4.) De là le nom composé qu’on lui donne Agnivàyousoûrya.

7. Agni par ses feux développe et semble créer le monde, qui au milieu des ténèbres a l’air de ne pas exister.

8. Le texte est plus métaphorique. Il se sert du mot pavitra, qui est le vase où se met la libation. Ces trois vases doivent être le foyer sur la terre, le soleil dans le ciel, les nuages dans l’air.

9. Agni semble jouir à la vue du ciel et de la terre. Le mot pitroh employé ici pourrait encore s’appliquer aux bois de l’Arani, qui ont produit le feu, et qui sont placés non loin du foyer.

HYMNE XXI

A ACM, PAU VISWA MITRA.

1. Voilà que pour vous (s’avancent) les Mets (divins), brillants des feux (du foyer), avec la Cuiller (du sacrifice). Entouré des Libations, (Agni) monte vers les dieux.

2. J’adresse mon hymne à Agni, sage pontife, opulent bienfaiteur,

3. Divin Agni, puissions-nous dignement célébrer ta fête, et, remplis de force, vaincre nos ennemis !

Les feux d’Agni s’allument pour le sacrifice. Nous invoquons (le dieu) purificateur, adorable, à la brillante chevelure.

5. Agni s’entoure de larges splendeurs; le beurre (sacré) compose sa forme ; immortel, saintement invoqué, il transporte l’holocauste du sa-=cri fi ce.

6. Confondant leurs efforts, les (prêtres) apportent l’holocauste et la prière, élèvent la cuiller (sacrée) et honorent Agni en l’appelant à leur secours.

7. Dieu prêtre, immortel, il vient avec pompe pour présider au sacrifice et pour le consommer.

8. Sage et fort, il siège parmi les mets (qui donnent la force); il est amené au milieu des saintes cérémonies : il accomplit le sacrifice.

9. L’élu du monde devient le fruit de la Prière. La fille de Dakcha 1 reçoit le père, en qui est le germe de tous les êtres.

1. Dakcha est un personnage que nous avons déjà vu deux fois pages 94, col. 2, note 2, et 181, col. 1, note 1. Il semble y être présenté comme un Aditya, autrement dit comme une forme du Soleil ou d’Agni. J’ai dit que je regardais Dakcha comme une personnification du sacrifice, ou plutôt d’une partie du sacrifice ; je pensais que c'était la donation, à cause du mot dakchinà, qui signifie présent. Mais, réflexion faite, je crois que Dakcha est la force industrielle, l 'adresse, Yart employé dans le sacrifice. L'art s’occupe à former de terre le foyer dans lequel Agni doit naître et grandir. Ce foyer, appelé lia ou la terre , est considéré comme enfant de Dakcha. Ce Dakcha, suivant les mythologues postérieurs, est né du pouce do Brahmà : ces mythologues, en adoptant les idées allégoriques desVédas, les ont continuées sur un autre plan. Brahma, dans l’origine, était Agni ou le sacrifice; un être né de son pouce semble devoir être l’adresse intelligente personnifiée. Dakcha est devenu un personnage important dans le Sivaïsme : sa fille y est la femme de Siva, Sati, et ensuite Pârvati. Il sera sans doute fort curieux d’étudier ces deux mythes, et de suivre leur transformation. Il y a quelques différences d’attributions, que les changements de croyance et de rites ont amenées. Le personnage de Dakcha indique dans l’histoire des religions indiennes une époque importante.

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

10. Oui, (la fille) de Dakcha, lia *, te reçoit, enfant de la Force, élu du monde, brillant Agni, avide (de nos libations).

11. Les sages, adorateurs (d’Agni), au sein du sacrilice, allument et nourrissent les feux de celui qui fait mouvoir (le monde), et précipite les eaux.

12. Je chante le sage et puissant Agni, l’enfant 1 2 des Mets (sacrés), qui brille et dans le sacrifice et dans le ciel.

13. Il s’enflamme, ce généreux Agni, (dieu) éclatant, adorable, digne de nos louanges, ennemi des ténèbres.

14. Le magnifique Agni, tel qu’un coursier (rapide), lance ses rayons, et transporte les dieux. Les (hommes) l’honorent par leurs holocaustes et leurs hymnes.

/ 15. Chargés de présents, ô généreux Agni,

nous allumons les feux resplendissants d’un (dieu) libéral en ses bienfaits 5.

HYMNE XXII

A AGNI, PAR VISWAMITRA.

(Métrés : Gâyatrî, Ouchnih, Trichtoubh et Djagatl.)

1. Agni, (nommé) Djâtavédas, reçois avec plaisir nos offrandes et nos holocaustes du matin, ô (Dieu) qui récompenses la prière.

2. Pour toi, Agni, l’offrande a été clarifiée, et préparée soigneusement ; (Dieu) toujours jeune, reçois-la avec plaisir.

3. O Agni, prends cette offrande consacrée par nos invocations, et composée ce matin. Tu es le fils de la Force, siégeant dans le sacrifice.

4. Sage Djdtaoédas , dans Je milieu du jour, reçois avec plaisir notre hommage. Agni, tu es grand; les prêtres par leurs œuvres élèvent ta fortune.

5. Agni, fils de la Force, dans le troisième sacrifice 4 aime notre offrande consacrée par la prière. Au milieu des dieux immortels, éveillé

1. Ce mot doit ici signifier terre. Voy. page 204, col. 1, note 1.

2. Le mot sanscrit est napâl, qui veut dire petit-fils; et à ce sujet le commentaire donne au dieu Agni une généalogie singulière. De la nourriture sacrée ( Annam ) naît l'oblation (Abouti); de l’oblation, Aditya; d’Aditya, Agni. Il est d’autres généalogies différemment présentées, mais tout aussi arbitrairement.

3. Ce vers renferme le mot vrichan répété trois fois. C’est un ornement de style dans cette langue.

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