A INDRA, PAR V R I H A DO U K TH A
( Mètre : Trichtoubh.)
1. Loin des (mortels) courbés vers le sol est ta forme mystérieuse -, quand (le Ciel et la Terre) effrayés t’invoquent pour obtenir la nourriture (du monde). Tu t’es approché pour les affermir, et tu as, ô Maghavan, enflammé les enfants de ton frère 5.
2. C’est cette grande forme mystérieuse, objet de nos désirs ardents, qui a enfanté le présent, qui enfante l’avenir. Cette (forme) antique naît, et alors les cinq espèces d’êtres, aimés de lui, reçoivent sa lumière qu’ils aiment.
3. Il remplit ie Ciel et la Terre et l’Air, les cinq espèces d’êtres, les dieux, et, suivant les saisons, les sept (troupes de Marouts), les sept (rayons d’Agni). Avec les trente-quatre 4 (dieux) il sur-
î . J'ai cru d’abord qu’ici par tchatwâri nàma le poêle désignait les quatre points de l’horizon, ou les quatre éléments. Mais, en lisant l’hymne suivant, il m’a semblé que les quatre formes d’Indra étaient les quatre apparences du ciel éclairé par sa lumière propre, par celle d’Agni, celle de l’Aurore, et celle du Soleil.
2. Cette forme, dit le commentaire, est celle de l’éther (âlcsâlamicàm).
3. Ce frère d’Indra est Pardjanya, c’est-à-dire le ciel des Nuages, qui sont ses enfants.
■i. Ordinairement le nombre des dieux est de trentetrois. Voy. page 198, col. 2, note 7. Le commentaire, aux huit Vasous, aux onze Roudras, aux douze Adityas, ajoute ici un Pradjâpali, un Vaehatkàra, un Virât.
[Lect. I.]
veille le monde en apportant une lumière pareille à lui pour la forme, différente dans sa marche *.
4. O brillante Aurore, tu apparais la première, et tu enfantes la plus agréable des lumières. Quand tu descends vers nous, noble sœur (du Soleil), grande est ta splendeur, grande est la vie que tu répands.
5. Cependant le vieux (prêtre) réveille un dieu toujours jeune, qui soutient (le monde) et triomphe de ses nombreux ennemis. Admire la grandeur et la sagesse de ce dieu : il était mort hier, aujourd’hui il respire.
6. Héros puissant, (maître) antique et suprême, il s’avance, tel qu’un oiseau au rouge plumage, qui déserte son nid. Quand sa justice l’approuve, il n’est point de bien désirable qu’il ne puisse nous donner et obtenir par la victoire.
7. (Indra) avec les Marouts féconde la pluie; il porte la foudre, il brise le nuage, et donne la mort à Vritra. Car ces dieux, distingués par la grandeur de leurs œuvres, sont nés pour répandre l’onde pure.
8. Allié (des Marouts, Indra) produit des merveilles; tout-puissant, souverainement sage, il attaque et frappe les- méchants. Il boit le soma , grandit dans le ciel, et le héros, de son arme victorieuse, abat les Dasvous.
3. Tu es, Vâdjin, accueilli par l’abondance des offrandes. Ainsi traité, présente-toi à nos louanges, présente-toi dans Je ciel ; viens remplir tes hautes et saintes fonctions; va vers les dieux, va vers (le soleil, qui s’élance (dans l’air).
4. Les Pères (du sacrilice) 1 ont été les maîtres de la grandeur des dieux. Dévas , ils ont donné la force aux Dêvas. Ils ont rassemblé les énergiques rayons, et les ont placés dans leurs corps.
5. Ils ont avec puissance parcouru le ciel, repoussant dans l’immensité les bornes de l’orient. Ils ont formé les corps de tous les mondes, et ont ensuite produit les différents êtres.
6. Ils ont par de triples libations affermi la marche du lumineux Asoura. Ces Pères ont eu sur la terre des enfants qui leur ont succédé, et qui, héritiers de la force paternelle, ont propagé les sacrifices.
7. De même qu’on traverse les flots sur un vaisseau dans toutes les directions du monde, de même avec les bénédictions (du sacrifice) on triomphe de tous les maux. Vrihadouktha a eu, sur la terre comme au ciel, un enfant dont la grandeur (fait son orgueil).
HYMNE XII
AUX VISWADÉVAS 2 , PAH LES GOPAYANAS.
{Hêtre : Gâyatrî.)