‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 22 sur 1035 · Præcepitque ei dicens : Ex omni ligno paradisi comede · texte numérisé non relu

Præcepitque ei dicens : Ex omni ligno paradisi comede

17. Deligno autem scientie boni et mali ne comedas ; in quocumque enim die eomederis ex eo, morte morieris.

18. Dixit quoque Dominus Deus : Non est bonum esse hominem solum ; faciamus ei adjutorium simile sibi.

19. Formatis igitur, Dominus Deus, de humo eunctis animantibus terræ et universis volatilibus eceli , adduxit ea ad Adam, ut videret quid vecaret ea ; omne enim quod vocavit Adam animæ viventis , ipsum est nomen ejus.

20. Appellavitque Adam nominibussuis cuncta animantia, et universa volatilia ecli, et omnes bestias terrm; Adae veró non inveniebatur adjutor similis ejus.

21. Immisit ergo Dominus Deus soporem in Adam; cùmque obdormisset, tulit unam de costis ejus, et replevit carnem pro ea.

22. Et ædificavit Dominus Deus costam quam tulerat de Adam in mulierem , et adduxit eam ad Adam.

23. Dixitque Adam : Hoc nune, os ex ossibus meis, et caro de carne mea: hæe-vocabitur virago, quoniam de viro

sumpta est.

24. Quamobrem relinquet homo patrem suum et matrem, et adhærehit uxori suæ; et erunt duo in earne una.

25. Erat autem uterque nudus, Adam seilicet et uxor ejus ; et non erubescebant.

dent ordinairement l'Ethiopie; et, en effet, lcs peuples qui habitaient l'Éthiopie, au midi de l'Egypte, peuvent être venus du pays de Chus, situé sur le bord oriental de la mer Rouge. Mais d'autres entendent par ce pays de Chus, arrasé par le fleuve Géhon, le pays des Seythes.

X 14. Ce troisième fleuve est nommé dans l'hébreu HAiddehel ; et plusieurs interprètes disent que c'est le Tigre, appele Digdiro chez les anciens, et qui à sa source dans une plaine de la grande Arménie.

Ibid, L'hébreu pourrait se traduire : « Qui se répand à l'Orient d'Assur ou devant l'Assyrie, « En effet, quelques-uns croient que l'anetienne Assyrie s'ütendait au-decà et à l'oecident du Tigre; le Tigre arrosajt la partie orientale de eette province, et passait ainsi devant eette provinee. Car les Hébreux distinguent les quatre parties du monde en plaemut l'orient devant, l'occident derrière, le midi à gauche, En hébreu, Aachschour est le nom de l'Asssric.

14. Le nom du troisième fleuve est le Tigre: il se répand du côté de l'Assyrie. Le quatrième fleuve est l'Euphrate.

15. Le Seigneur Dieu prit l'homme et le placa dans le jardin d'Éden, pour le eultiver et le garder.

16. Et le Seigneur fit à l'homme un commandement lui disant: Tu peux manger de tous les fruits du jardin;

17. Mais ne mange pas du fruit de l'arbre de lascience du bien et du mal; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras de mort,

18. Le Seigneur Dieu dit aussi : I1 n'est pas bon que l'homme soit seul ; faisons-lui une aide semblable à fui.

19. Le Seigneur Dieu, après avoir formé de la terre tous les animaux de la terre et tous les oiseaux du ciel, les fit venirdevant Adam, afin qu'Adam vit comment il les nommerait; et le nom qu'Adam donna à chaque animal est son propre nom.

20. Et Adam donna leurs noms aux animaux domestiques, aux oisemux, du ciel, et aux bêtes sauvages ; mais il ne se trouvait pas pour Adam d'aide semblable à lui.

21. Le Seigneur Dieu envoya done à Adam un profond sommeil ; et, pendant qu'il dormait, Dieu prit une de ses côtes et mit de la chair en sa place.

22. Le Seigneur Dieu forma ainsi une femme de la côte qu'il avait enlevée à Adam, et l'amena devant Adam.

23. Et Adam dit : Voilà maintenant l'os de mes os , et la ehnir de ma chair : celle-ci s'appellera d'un nom pris du nom de l'homme, parce qu'elle a été tirée de l'homme.

24. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme; et ils seront deux dans une même chair.

25. Adam et sa femme étaient tous deux nus, et n'en rougissaient point.

X «5. Héb. : « Dans le jardin d'Eden. »

X 16. Héh.: « Vous pouvez manger, etc. : Comedere comedes. =

Ÿ r8. Hébr.: « Je lui ferai, » Sept. : « Faisons-lui : » Comme au chapitre précédent, verset 26.

Ibid, Mébr. litt, : « Qui puisse tenir devant lui, » qui lui soit égal, parallèle, eomparable. La même expression revient au verset 20,

Y r9. Hébr.autr, : « Afin qu'il vit comment il les appellerait, et que le nom que l'homme donnerait à chacun des animaux fit son nom; » c'est-à-dire : « et que chacun des animaux ent son nom.» On présume que les noms des animaux étaient les mêmes que ceux qu'Adam leur avait imposés: et en effet on trouve dans cette langue une grande conformité entre la nature des animaux et le nom qu'ils portent,

COMMENTAIRE

Réflexions sur l'œuvre des six jours.

broise, saint Augustin, saint Jean-Chrysostóme, c'est-à-dire par les plus beaux génies, par les plus éloquents de tous les Peres ; il a été développé par Bossuet dans ses Élévarions sur les mystères et

L'œuvre des six jours a toujours fait l'admiration des sages et | dans son éloquent Discours sur l'Histoire universelle ; i a été cru et des philosophes : il a été commenté par saint Basile, saint Am- | révéré par Descartes, Newton, Leibnitz, Euler et Bácon : ce der-

nier réduisait toute la. science humaine à l'explication de l'œuvre des six jours, et le donnait comme le principe de toutes ses connaissances; enfin, le fameux Delue le regarde comme une démonstration rigoureuse de la révélation.

Sur les divers systèmes au sujet de la création.

Une multitude de systèmes, tous bien plus extravagants les uns que les autres, ont eté forgés dans le dernier siecle. De prétendus sages ont voulu créer le monde à leur manière, et de là tant d'hypothéses ridicules et ahsurdes, res chutes et ces chocs des astres vagabonds, ces montagnes cristallisées ou digérées par des huitres, ces océans de verre ou de cristal fondu, ces astres qui dévident la terre, ces mondes formés avec le plus pétil point de matière, De là ces prototypes pères de l'éléphant et de la souris, ces hommes engendrés dans le sein de la mer , ces œufs de la terre couvés par le soleil.

J.-J. Rousseau a fait justice de tous ces systèmes dans le passage suivant :

* Quand, dans le silence des préjugés, je compare les differens systé- « mes philosophiques qui partagent le monde, je trouve que celni de la révélation est le plus simple et le plus raisonnable, et qu'il ne lui « manque, pour réunir tous les suffrages, que d'avoir été proposé le « dernier, Je suppose, en effet, qu'aujourd'hui que nos prétendus philosophes ont épuisé leurs bizarres systemes de forces, de chances, de fatalité, de nécessite, d'atómes, de mondes animés, de ma- « tières vivantes, enfin, de matérialisme de toute espèce, il s'en élevát un parmi nous qui, se proposant d'éclairer le monde, annoncát « l'Étre des êtres, le dispensateur de tontes choses, et qui criât aux « hommes : Dieu dit, et tout fut fait; quelle universelle admiration « n'exeiterait-il pas, et avec quel applaudissement unanime n'accueil- « lerait-on pas un système si grand, si consolant, si sublime, si pro- « pre à élever l'âme et à donner une base à la vertu; un systeme si *» frappant, si éminent, si simple; un systeme offrant moins de choses «“ incompréhensibles à l'esprit humaiu, qu'on n'en trouve d'absurdes * dans tous les autres! »

La conrordance du récit de Moïse et des sciences humaines est maintenant établie, Les savants de notre siècle ont, sans'le vouloir peut-être, renversé à jamais l'échafaudage des objections de l'impiété contre le texte sacré. L'ensemble de leurs recherches et des faits qu'ils constatent offre le plus beau commentaire qui ait été fait. de l'euvre sublime des six jours.

M. Cnaunann : Éléments de Géologie mis à la portée de tout le monde, et offrant la concordance des faits géologiques avec les faits historiques, tels qu'ils se trouvent dans la Bible, les traditions égyptiennes et les fables de la Grèce, Un vol. in-8°; Paris, 1833. Excellent ouvrage, qui mérite de se trouver dans les mains de tous les amis de la science fondée sur les faits et dégagée de la vanité des systèmes.

M. n'Avmsussow nz Vorsrws, ingénieur en chef au corps royal des mines : Traite de Géognosie, 1828.

M. Pourier, professeur de physique à la faculté des sciences de Paris : Éléments de Physique expérimentale, 1830.

M. Brünaxr, professeur à la faculté des sciences de Paris : Essai d'un cours élémentaire et général des Sciences physiques, 1824; Foyage minér. et géologique en Hongrie, 1822,

M. pe Féaussac, officier au corps royal d'état-major, et membre de plusieurs sociétés savantes : Bulletin universel des Sciences.

M. Bznzsrics, de Stokholm, l'un des plus savants chimistes de notre époque : Traite de Chimie, trad. en francais; Paris, 1831.

M. Cuvien , membre de plusieurs académies françaises et étrangeres : Discours sur les révolutions du Globe, 1328, et autres ouvrages.

M. Marrr-Daez, célibre géographe : Précis de Geographie universelle.

M. Brwrnasp, docteur de la faculté de médecine de Paris, ancien élève de l'école Polytechnique: Lettres sur les révolutions du Globe, 1828.

COMMENTAIRE

M. Senrrs, professeur de géologie à la faculté des sciences de Montpellier : Géognosie des terrains tertiaires, 1829.

M. Drwurnsox : La Géologie, 1829.

M. Bo&v pe Sarw-VixcewT : Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, 1825, articles Création, Matière.

M. Bnrwsrn , célebre naturaliste allemand : Traité zoologique et physiologique des vers intestinaux, Vienne, 1818; Paris, 1824,

Tl est, dit-on, indigne de Dieu, qui peut tout faire d'un seul acte de sa volonté, d'agir à différentes reprises, Il semble que le soit un ouvrier ordinaire, qui a besoin de plusieurs jours pour accomplir son ouvrage et de repos après son travail.

Moïse ne suppose point que Dieu ait besoin de plusieurs jours pour accomplir ses œuvres, ni d'un jour de repos pour se délasser, puisqu'il nous montre Dieu comme un être unique, indépendant, tout-puissant, qui d'une seule parole crée toutes les étoiles, et fecit stellas , c'est-à-dire une multitude innombrable de corps aussi grands et aussi lumineux que le soleil lui-méme. Mais Dieu voulut créer à différentes époques, pour nous apprendre que, toujours libre: et indépendant par rapport au sujet de ses opérations, comme pour le temps et la maniere, il n'avait point été contraint d'agir par une aveugle et fatale nécessité,

Dès l'origine des siècles, Dieu ayant jugé convenable de perpétuer le souvenir de la création dans la mémoire des hommes , pour être adore. par eux comme le seul vrai Dieu, créateur unique de toutes choses, rien ne pouvail contribuer davantage à cette fin que l'établissement solenuel d'un jour consacré pour célébrer ce grand événement, Il suffit de supposer les hommes naturellement touchés des sentiments de la religion, pour comprendre que d'eux-mêmes, et quand Dieu ne leur en aurait pas donné l'ordre, ils auraient consacré un jour et un lieu fixej pour les devoirs du culte religieux. Et quel temps plus convenable auraient4ls pu choisir pour offrir à Dieu leurs sacrifices et leurs actions de grâces, qu'un jour qui est, pour me servir des termes de Philon, le jour de la naissance du monde ; qu'un jour que tous les peuples de la terre out célébré à cause d'une tradition dont ils avaient perdu de vue la source, mais dout l'abservation était si générale, que Philon encore n'a pas craint de l'appeler da féte de l'univers? Nous renvoyons là-dessus nos lecteurs au second livre de Joséphe contre Appion. Nous les invitons surtout à consulter le livre IH de la Préparation évangélique d'Eusébe , chap. xir : c'est Aristobule , philosophe péripatéticien, qui y parle; il y montre la vénération générale des peuples pour le septième jour, par des passages d'Hésiode , d'Homére et d'autres écrivains de l'antiquité , dont l'autorité. incontestable ne permet pas de douter que ce jour ne fût saint et solennel dans tout l'univers.

Sur l'usage de compter les jours par sept.

Dieu bénit le septième jour. La semaine, ou l'usage de compter les jours par sept, a été observé chez tous les peuples anciens et modernes, aux Indes, à la Chine, chez les Celtes, en Égypte, en Éthiopie, en Syrie, en Arabie, en Perse; suivant l'Y-King, l'un des anciens livres dés Chinois, on offrait au Chang-Ti un sacrifice tous les sept jours. (Mémoires sur la Chine, 1*' vol, pag. 227.) Les patriarches ont suivi cet usage avant qu'on püt le rapporter à des calculs astronomiques : Noé demeura sept jours avant de sortir de l'Arche; les noces de Jacob durérent sept jours, ses funérailles de méme. La loi de sanctifier le salibat ou le septième jour, en mémoire de la création, fut renouvelée dans le désert. Si la loi de la sanctification du sabbat fut ordonnée sous peine de mort, c'est à cause de l'importance du dogme de la création et à cause de l'idolátrie.

Le recit de Moïse est d'accord avec les traditions les plus constantes de l'antiquité. « C'est un fait, dit M. de Pouilly, dans les Mc-

COMMENTAIRE

moires de l'Académie des Belles-Lettres, tome 6, qui est allesté par la tradition de tous les peuples de la terre, que le monde a eu un commencement, On trouve cette tradition dans l'ancienne Égypte, dans la Chaldée, dans la Perse, dans la Judée, à Siam, à la Chine, au Japon, chez les anciens peuples du Nord , dans la Grèce ancienne. Si nous traversons la mer du Sud, nous trouvons la méme croyance aii Pérou, au Mexique, et dans toutes les iles, Or, cette tradition ancenne et universelle relative à un fait qui pouvait difficilement étre inventé est parfaitement d'accord avec. l'histoire de la création par Moïse, qui non-seulement nous dit que le monde a eu un commenecment, mais qui va méme jusqu'à nous en fixer l'époque. La division de la semaine en sept jours , reçue chez tous les peuples et dans tons les pays , est encore une de ces traditions anciennes qui doivent remonter jusqu'à l'origine du genre humain : or, cette. tradition est parfaitement d'accord avec la narration de Moïse, qui nous dit que Dieu travailla pendant six jours et se reposa le septième, Diderot la regardait méme comme une preuve sans réplique du récit de Moïse ; et elle fait tant d'impression sur les lettrés de la Chine, que quand on là leur propase, ils en sont vivement frappés. Grotius à fait voir, dans son Traité de la vérité de la religion chrétienne, que le récit de Moise sur la création se trouve confirmé par les traditions des Phéniciens dans Sanchoniathon, des Égyptiens dans Diodore de Sicile, des Indiens dans Mégasthène et Strabon, des Grecs dans Linus, Hesiode , Épictete, Anasagore, Platon, etc. Toutes les ensmogonies des anciens peuples ont quelque ressemblance avec celle de Moïse, on plutôt ne sont que le récit de Moïse défiguré par les idées superstitieuses des idolátres ou les rèveries de l'ancienne philosophie; et ce n'est que dans le premier chapitre de la Genèse qu'on peut trouver la clé de tous les systèmes intelligibles formes des traditions anciennes mélées aux erreurs de la philosophie et aux fictions de la mythologie. Forez Bryant, Jones, Maurice.

Sens du mot fons.

Le sens de l'hébreu est qu'une vapeur abondante, et non pas une fontaine s'élevant de la terre, en arrosait la surface, et suppléait aux pluies qui ne tombaient pas encore, Les fleuves, les lacs et les mers fournissaient ces évaporations qui retombaient en rosée sur toute Ia surface de la terre,

Du souffle de Dieu.

Quand Moise représente Dieu agissant, arrangeant, soufflant, se promenant , plantant, il se conforme à notre maniere de parler, Mais il est si loin de se figurer Dieu corporel et non pas un pur esprit, que Moïse dit à tout le peuz7e, dans le Déutéronome : « Souvenez- « vous et faites la plus grande attention que vous n'avez vu aucune * figure quand le Seigneur vous à parlé, à Horeb , du milieu du feu, * de peur que trompés par là vous ne vous fassiez quelque image taillée, = quelque représentation soit d'homme, soit de femme, »

Sur lÉden.

Paradis, Éden. Tous les savants conviennent que, dans les lan. gues orientales , Éden signifie en général un lieu agréable et fertile, un pays abondant et délicieux; que c'est un nom appellatif qui a été donné à plusieurs contrées de l'Asie et qu'on pouvait appliquer à la terre dans l'état où elle était avant la chute et où elle produisait d'elle-méme. Quelques anciens, Philon, Origene, pensaient que le Paradis n'a jamais existé, qu'il faut entendre dans un sens allégorique tout ce qu'en dit l'Écriture-Sainte; d'autres l'ont placé hors du

monde et dans un lieu inconnu. 1l n'est pas besoin de pareilles'supe positions, l'Éden était la terre méme avant le péché, et cétte tefte a été dégradée comme l'homme. Elle porte les traces de la chute aussi bien que l'homme, et ce sont ces traces de la. justice de Dieu, sous lesquelles a disparu l'Éden primitif. Ne cherchons plus, dit M. de Luc, dans sa lettre 147, de l'Histoire de la Terre, tome 5, ce séjour

de la parfaite innocence est perdu ici-bas moralement et physiquement,

Sur l'arbre de vie.

Le fruit de l'arbre de vie n'aurait pas seulement rendu la santé, il l'aurait rendue inaltérable,

Un arbre qui aurait enseigné directement et par lui-même de die et le mal serait difficile à concevoir; mais ee qui n'est pas inconcevable, c'est que l'homme, mangeant du fruit de cet arbre contre la défense expresse que Dieu lui en avait faite, ait éprouvé aussitôt la révolte de ses sens et la dégradation de son être, et qu'il ait connu sur-Je-champ , par une funeste expérience , quel bien c'était pour lui d'obéir, et quels maux sa désohéissance allait lui attirer.

Sur les quatre fleuves.

Voici l'opinion de Michaëlis : ce savant croit que le Phison est le Phase ou Araxe, et le Géhon, l'Orus où Amudaria ; que la terre du Chavilah est la contrée qui s'étend au nord du Phase jusqu'à l'extrémité septentrionale de la mer Caspienue , contrée autrefois abondante en or, où se trouvaient deux sortes de pierres précieuses , le bedo et l'onyx ; et que le pays de Chus, ou de Chos, selon une autre leçon qu'il adopte, est le canton de Balk , que l'Oxus traverse, et que les Arméniens nomment encore à présent Chos. Dans ce sentiment , le pays d'Éden s'étendait de l'Euphrate au Phase et du Tigre à l'Oxus , et comprenait l'Arménie, le Ghilan, le Chorasan , ete, Il. ne faut pas confondre le pays d'Éden et le jardin d'Éden : l'Écriture , en disant que le Seigneur avait planté un jardin dans Éden , distingue clairement l'un de l'autre.

Le Tigre et l'Euphrate sont deux fleuves célèbres et trés-connus ; mais on ne peut dire, selon Michaelis, dans quel endroit ils se sont autrefois réunis dans un seul lit, et sc sont séparés ensuite en quatre branches. Gela n'existe plus aujourd'hui, l'aspect du pays dans lequel ils se rapprochent etant absolument changé.

Garde de l'Éden confiée à Adam.

Le garder, contre qui? Il n'existait pas d'autres hommes, et tous les animaux étaient assersis à l'homme, C'était done Satan, peutêtre possesseur de ce séjour avant lui, qu'Adam devait tenir éloigné, et au lieu de ecla, il donna entrée à l'ennemi, Satan redexint Le prince de Ja terre, et id afallu que le Verbe s'incarnát pour rendre à l'homme le sceptre qu'il avait perdu.

VEBSET 17.

Précepte donné à l'homme. — Arrét de mort.

Adam connaissait déja le bien et le mal moral; l'Écriture mous apprend que Dieu lui avait donné cette connaissance ( Ecc/. €. 17, X 6), autrement il aurait été aussi incapable de pécher que les enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de discrétion ; mais il n'avait peint encore la connaissance du mal physique, puisqu'il n'en avait éprouvé aucun, il n'avait aucune idée de la honte et du remords que cause la conscience du crime. 1l les sentit aprés son péché, il fut en état de comparer le bien-être et la douleur. Telle est la cónnaissance de la-

quelle Dien voulait le préserver. Tl ne s'ensuit donc pas qu'il y eát vn arbre doué de la vertu de faire connaître le bien et le mal.

Dieu donne un précepte à l'homme pour lui faire sentir qu'il a un maitre ; un précepte attaché à ane chose sensible, parre que l'homme avait des sens; un précepte aisé, parce qu'il voulait Jui rendre la vie commode, tant qu'elle serait innocente.

L'homme ne garde pas it. commandement d'une si facile observauce ; il écoute l'esprit tentateur, et il s'éconte lui-même, au lieu d'écouter Dieu uniquement : sa perte est inésitable.

Adam mangea de ee fruit, et ne mournt pas. Dieu, touché du repentir de l'homme, voulut bien suspendre l'effet de ses menaees et Ini conserver la vie pour lui donner le temps de réparer sa faute. On peut encore dire que ces mots : Tu. mourras de mort, ne signifiaient point : Tu mourras sur-le-champ, mais : Tn deviendras sujet à la mort,

YERSET 19.

Connaissance qu'Adam acquiert. — Raison pour laquelle les animaux lui sont présentés.

En présentant à Adam ces eonples des différentes espèces d'animaux , Dieu veut lui faire désirer d'avoir aussi sa compagne. Il veut en méme temps lui faire sentir que, parmi cette foule d'étres d'un rang si inférieur, i/ n'y a. point d'aide qui lui ressemble, et qu'il faut que le Seigneur lui donne une compagne de la mème nature et du méme -ordre que Ini : adinirable instruction , où ce premier des époux apprenait, dans l'institution méme du mariage, que sa compagne étant , comme lui, d'un rang supérieur au reste des étres animés , il devait la respecter et la chérir comme lui-méne. Et c'est en effet le sentiment qu'il éprouve bientôt aprés, lorsque, le Seigneur la lui présentant, il s'écrie avec transport : Pour cette fois , voici l'os de mes os et la chair de ma «heir. Les animaux passent en revue devant Adam : il leur donne des noms C'est le premier acte, et, en quelque sorte, la prise de possession de la souveraineté et du domaine que Dieu venait de lai accorder sur eux, C'est en méme temps une occasion que le Seigneur lui procure de jeter les fondements de la langue qu'il devait parler, et le Seigneur ne dédaigne pas de présider lui-même à cette forination.

Les philosophes eux-mêmes ont trouvé tant de difficultés à la formation d'une première langue, que quelques-uns ne pensent pis que l'homme eût pu y réussir sans un secours suraaturcl,

VERSET 20. , Sur la parole donnée à l'homme.

On voit ici que l'homme a été créé parlant, et en effet il est impossible de supposer. que l'homme eüt inventé le Verbe. Rousseau a dit que la parole avait été nécessaire à l'homme pour linvention de la parole, eu réfutant le roman de Condillac, qui supposait que l'espèce humaine avait passé des milliers d'années à former son langage. On ne peut pas imaginer l'homme créé dans. l'état. d'enfance, il a dû être formé dans l'exercice complet de ses facultés, Comment imaginer l'homme en présence de la femme et de ses enfants sans pouvoir leur adresser une parole? L'Écriture a levé d'avance toutes ces difficultés qui seraient insolubles dans tous les systemes imaginés par les hommes.

L'homme n'a la parole que parce qu'elle Tui a été transmise par l'homme. On a trouvé dans les déserts et dans les forêts des hommes privés du don de la parole. Si on^pouvait prendre des enfants à leur naissance et les tenir sans communication avec le reste du genre humain, ils ne prononceraient que des cris inarticulés comme les animaux. Mais qui a parlé au premier homme? C'est Dieu, comme nous l'apprend l'Écriture, Dieu qui a parlé à Adam et qui lui a fait nommer tous les objets de la. création. Le Verbe vient de Dieu, il

COMMENTAIRE

est Dieu. Le langage, qui est le lien. de l'humanité, la manifestation de l'esprit, vient aussi de Dieu.

Sur l'ordre du récit de Moise.

Quelques critiques ont eru voir du désordre dans la narration de Motse, parce qu'après avoir dit plus haut que Dieu fit l'homme et la femme , Moïse raconte comment la femme a été tirée de la côte de l'homme. Qui ne sait, en effet, qu'en écrivant l'histoire on est quelquefois dans le cas d'annoncer d'abord sommairement un fait qu'on reprend ensuite pour le raconter plus en detail? On en trouve cent exemples dans les historiens sucrés et profanes les plus estimés. C'est ce que fait iei Moise: après avoir rapporté brivement la création de l'houune et de la femme dans l'ouvrage des six. jours, il revient sur ce fait intéressant , il en déerit les circonstances, comment l'honune avait été formé de la terre, comment la. femme avait. été formée d'une partie du corps de l'homme, etc.

Sur l'union d'Adam et d'Eve.

C'est ici une grande leçon donnée au genre humain. Dieu a voulu par là faire connaitre à la femme la supériorité temporelle de l'homme de qui elle a été formée; à l'homme combien sa compagne doit lui être chère, puisqu'elle est une partie de sa propre substance: à tous les deux qu'ils doivent conserver entre eux l'union la plus étroite de laquelle dépend leur bonheur et celui de tous leurs enfants,

Le sentiment commun des Juifs et des Chrétiens est que Diem óta réellement une cóte à Adam; ct en effel nous ne voyons aucune impossibilité que Dieu, pendant le sommeil profond qu'il avait envoyé à Adam, ait pris une de ses côtes, et que de cette côte il ait forme la femme : celui qui fit l'homme du limon de la terre put bien. faire la femme d'une côte de l'homme, Le célebie cardinal Cajétan soutenait que tout ceci était une allésore, et, quoique ce sentiment ait été attaqué par de savants théologiens , so opinion n'a pas été condamnée,

Si ce récit était une allégorie, il faut convenir qu'elle serait ingéniense et instruetive : ec serait tme belle et tourhante lecon de la concorde inaltérable qui doit régner dans le manage, et un avertissement que les âmes des époux doivent être unies comme leurs corps. C'est en méme temps one image de l'union. de Dieu avec l'homme, de la nature divine et de la nature. humaine.

* Saint Paul nous à découvert le mystère de l'alliance de Jésus- Christ avec son Eglise, Gyirée dans l'union d'Adam et d'Exe, C'est cette union mystique de l'Eglise et de Jésus-Christ qui est si bien décrite dans le Cantique des Cantiques de Salomon.

VERSET 24, Du premier mariage.

* Ne croyez pas, dit wm ancien Père ( Origène,) que le céleste époux n'ait eu une épouse, que Jésus-Christ n'ait eu une Église, que depuis qu'il a pris ici-has notre mature; mais depuis l'origine du monde. Ainsi saint Paul nons dit que l'Eglise a pour fondement , nonseulement les apôtres, mais encore les prophètes et les patriarches; et parmi les prophètes, il compte Adam lui-même, qui a prophétisé le grand mystère de Jésus-Christ et de son Église. »

Sur l'état de nudité d'Adam et d'Éve.

« Nous devons craindre, dit un commentateur, d'envisager cet état par les idées que nous emprunterions de nos sens. L'excellence

LA GENÈSE, CHAPITRE III

de ce premier ouvrage de Dieu étant trop disproportionnée à metre faiblesse , nous devons tâcher de nous élever aux sentiments que la raison éclairée par la fo: doit nous donner, Ainsi nous devons concevoir Adam et Exe comme deux anges qui étaient néanmoins

rexétus d'un corps, mais dont les corps étaient aussi purs et aussi e capables de teruir par la moindre chose la peer de leur áme que s'ils avaient été de purs esprils. »

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