‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 227 sur 1035 · Celui-ci sortira lé premier · texte numérisé non relu

Celui-ci sortira lé premier

29. Mais, cet enfant ayant retiré sa main, l'autre vint au monde ; et la sage-femme dit : Pourquoi le mur de séparation a-t-il été rompu à cause de toi? C'est pour cette raison qu'on lui donna le nom de Pharès.

30. Son frère, qui avait le ruban d'écarlate au; bras sortit aprés, et on le nomina Zara.

c'est-à-dire irraption. Le méme mot hébreu, Pharaz, peut signifier division, rupture, irruption. Au lieu de super te ou propter te, le saumaritaim porle contra nos, et au lieu de et vocatum est, ou et vocavit, au masculin, on y trouve ef vocari! , au feuunin.

Ÿ 3o. « Et elle le nomma. »

COMMENTAIRE

Mariage de Juda.

Saint ‘Augustin et plusieurs commentateurs croient que le mariage de Juda est mis ici par récapitulation; c'est-à-dire, qu'on le rapporte hors de son ordre naturel, pour le joindre à d'autres circonstauces qui l'ont suivi, et qui tombent vers le temps de la servitude de Joseph. Il est constant que ees mots eodem tempore ( en ce méme temps), du premier verset, ne sont pas toujours une preuve que la chose qu'on raconte soit arrivée dans le méme temps que celui qui précède.

Crimes de Her.

« Ce Her, fils ainé de Juda, fut un méchant homme aux yeux du Seigneur, qui le frappa de mort, »

Les Septante : Malus coram Domino. La version de Le Clerc, malus coram Jehova, Cet endroit de la Genèse nous apprend seulement que Her fut méchant et seclérat ; cependant il devait être alors extrèmement jeune, Mais le texte sacré ne dit point du toul en quoi consistait sa méchancelé; ainsi c'est deviner que de dire avec saint Augustin qu'il était cruel, ou avec d'autres, qu'il élait coupable du péché contre nature,

Mariage avec la veuve du frère mort.

Nous apprenons, dit Mésenguy, de cet endroit que l'usage d'épouser la veuve du frère mort sans enfants était plus ancien que la loi de Moïse, qui en fit un précepte; et nous ne pouvons en attribuer l'origine qu'à une tradition de la funille de Noé, ou de la postérité de Sem , de qui descendait Abraham.

Crime d'Onan.

Ce passage nous apprend que c'était une coutume reçue parmi les Hébreux, que le frère épousát sa helle-sœur, veuve de son frère mort sans lignée, Or, suivant la remarque de Le Clerc, le premierné du second mariage était censé fils du défunt, et succédait dans ses biens, Onan, second fils de Juda, voyant donc que les fils (ou plutôt Je fils) qu'il allait avoir de Thamar, ne serait pas censé son fils, mais bien fils de son frère mort, évitait de rendre sa femme grosse; il ne voulait pas que les biens de son frère passassent à un autre qu'à lui, ce qui serait arrivé s'il avait eu un fils qui appartint à son frere; car cc fils aurait été le sucossseur de Her, qui aurait Gté réputé son père,

Semen fundebat in terram.

Be pareils traits dans lesquels l'historien sacré ne dissimule aucun des crimes des patriarches et de leurs descendants , prouvent bien qu'il a écrit avec sincérité, et qu'il n'a pas cherché à nourrir l'or-

gueil des Juifs.

Deuil des veuves.

Les veuves portaient donc alors, pendant tout le temps de leur veuvage, certains habits qui leur étaient propres,

Femmes de mauvaise vie.

Les femmes de mauvaise vie ne paraissaient en publie que couvertes d'un voile, et on les nommait communément femmes voilees ou cachées, Les prophètes nous font remarquer qu'ancieunement les prostituées se tenaient pour l'ordinaire sur les grands chemins, Les auteurs profanes en parlent de méme.

Faut-il faire un crime à Moise de rapporter toutes les fautes des patriarches.

On dit mal à propos que ces traits de l'Histoire-Sainte semblent autoriser les crimes des méchants. On répond que ces actions blämables ne sont jamais approuvées; qu'au contraire, la Providence les punit tôt on tard.

Crime de Juda avec sa belle-füle.

7 Quel gage vous donnerai-je, lui dit Juda? etc. »

Le mystère de cette action et les bous effets que Dieu en a su tirer n'empéchent pas qu'elle ne soit un péché; car, dit saint Augustin , il y a une grande différence entre les choses que l'Éeriture uous propose à imiter ou à éviter, et celles qu'elle nous représente pour signifier quelque mystère,

Il est difficile d'excuser Thamar , puisque, suivant la contume de ce temps-là, elle etait censée réellement mariée avec. Sela; de plus , elle eut commerce avec un homme qu'elle savait être son beau-père ; or, linceste et l'adultére ont toujours été regardés comme de grands crimes; et, en effet, suivant le texte sacré, Juda ayant appris la grossesse de Thamar, ordonna aussitôt qu'elle fût brüle, tant il était persuadé qu'elle était criminelle,

Condamnation de Thamar.

Les patriarcbes avaient une autorité souveraine dans leur fanulle. Thamar était condamnée au feu comme étant en quelque façon Adultère, à cause qu'elle était promise à Sela. Mais aurait-on brélé Thamar, toute enceinte qu'elle était, comme semble l'insinner lo lexte sacré ? On peut entendre ces paroles du texte, « qu'on V'amene dehors et qu'elle soit brûlée +, dans ce sens: « Qu'en l'amène et qu'on la garde jusqu'à ce qu'elle soit accouchée ; après on la brûlera selon la coutume, » Il n'est pas étonnant que Moïse ait ici omis quelque circonstance que la raison doit faire suppléer ; or, il

répugne entierement à la nature et an bon sens de ne pas attendre la naissance des enfants avant de faire mourir les mères qui se sont rendues dignes du dernier supplice,

Préparatifs de son supplice.

On pourrait entendre ainsi ces paroles: Comme on la conduisait à l'endroit où on devait la garder jusqu'au temps du supplice.

Sa justification.

Comme si Juda avait dit: Elle est plus innocente que moi, puisque c'est moi-méme qui ai donné occasion à son crime, en dilferant trop longtemrs de lui faire epouser Sela, comme la coutume m'y

abligeait.

Naissance de Pharés et Zara.

* Comme elle fut sur le point d'aceoncher, on reconnut qu'il Y avait deux jumeaux dans son sein. »

Ces deux jumeaux furent notumés Phares et Zara; ils sont cités dans la généalogie de Jésus-Christ selon saint Mathieu,

VERSET 23, Quel était l'aíné de ces deux jumeaux?

* Dans l'enfantement l'un des deux passa sa main : la sage-femme la prit et y lia un. ruban d'écarlate, en disant : celui-ci sort le premier, »

Parmi les Hébreux, celui des denx jomeaux qui naissait le premier passait pour l'ainé; et, en effet, cela est constant par l'histoire de la naissance d'Ésaü et de Jacob rapportée au chap. xxv de la Genése,

Toute cette histoire est racontée iei par récapitulation ; car il en est arrivé une grande partie avant que Joseph eit été vendu.

L'usage de cette figure est assez commun dans les livres de l'ancien et du nouveau Testament.

Réflexions sur ce chapitre.

On dit qu'il est bien étonnant que Dieu ait choisi pour ses desseins une famille dans laquelle il y avait eu tant de crimes : l'inceste de Ruben et eelui de Juda, le massacre des Sichimites par Siméon et par Lévi, Joseph vendu par ses frères, eic. 1] s'ensuit seulement que, dans tous les siècles, et surtout. dans les premiers âges du monde, les mœurs ont été très-grossières et les hommes trés-vieieux ; que la loj naturelle à été mal connue et mal observée; que Dieu, toujours trés-indulgent, à répandu sur ses créatures des bienfaits très-gratuits, s'est souvent servi de leurs crimes pour accomplir ses desseins, Aujourd'hui , comme autrefois, il y a lieu de dire : Si Dien ne nous a pas exlerminés, c'est par miséricorde et parce que sa bonté est infinie. ( Thren. , chap. t1, Y 22.)

On sontient mal à propés que ces traits de l'Histoire-Sainte sant de mauvais exemples el autorisent les crimes des méchants, puisque cette méme histoire nous montre la Providence divine attentive à punir le erime, ou en ce monde ou en l'autre, Ruben est privé de son droit d'ainesse, Siméon et Lévi. sont notés dans leur postérite ;

nous vo;ons les frères de Joseph prosternés et tremblants à ses pieés , ete. ; Jacob lui-même, parvenu à l'âge de cent trente ans, proteste que sa vie n'a été qu'une suite de souffrances. (Gen. , chap. xtvir, X. 9). Au lit de la mort, il n'attend son salut que de Deu (chap. xx, Ÿ 18).

Nous ne sommes donc pas obligés de justifier toutes les actions des patriarches, puisque les écrivains sacrès qui les rapportent ne les approuvent point; il n'est pas nécessaire non plus de dire que | c'étaient des types, des figures, des mysteres, qui annoncaient des !

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