‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 255 sur 1035 · De ce que, parmi les parts qu'ils recevaient, la · texte numérisé non relu

De ce que, parmi les parts qu'ils recevaient, la

et mirabantur nimis,

X 34. Hébr.: « Il prit les parts qui étaient devant lui et les envoya à chacun de ses frères; et la part de Benjamin fut la plus grande, » Joseph envoie lui-méme à chacun d'eux sa part en particulier, selon l'ancienne coutume de servir à table.

lbid, Incbriati sunt, Dans la langue sainte cette expression, qui signifie à la lettre s'enivrer, se prend quelquefois en un sens moins odieux, pour signifier boire autant que la soif et la nécessité le demandent,

LA GENÈSE, CHAPITRE XLIV

pars venit Benjamin , ita ut quinque partibus excederet. | plus grande avait été donnée à Benjamin ; car elle était

Biberuntque et inebriati sunt * cum eo.

cinq fois plus grande que les autres. Et ils burent et se réjouirent avec lui.

Repas de Joseph et de ses frères.

La Vulgate porte : « Et ovcide victimas. = Les Septante , «ef égorgez des victimes,» Mais Le Clere a traduit simplement Mactato pecudem, qui parait faire un meilleur sens, puisque l'expression dont se sont servi les Seplante et l'auteur de la Vulgate induirait à faire croire qu'on imnola ces animaux aux faux dieux des Égyptiens avant qu'on en servit lachair sur la table de Joseph. Or, il est difficile de croire que Joseph ait jamais eu aucune part aux superstitions égypliennes.

« Quoniam mecum sunt comesturi meridie, » Ceci nous apprend que c'était alors la coutume des Égyptiens de faire un repas au milieu du jour.

Monnaies des anciens temps.

« Nous y trouvdmes tout notre argent au méme poids; mais nous le rapportons. Pecumiam.... quam nunc eodem pondere reportavimus.» Voici une nouvelle preuve que, dans ces temps anciens, la monnaie marquée au coin n'était pas encore en usage.

Paroles de l'intendant de Joseph à ses frères.

L'intendant de Joseph parle sans doute ainsi à ses frères par son ordre; « Ne craignez pas, leur dit-il, j'ai reçu votre argent au nom de mon maitre, et il ne vous demande rien. Si vous avez trouvé quelque argent dans vos sacs, c'est à la libéralité de Dieu que vous le devez, et non à d'autres., » C'est là, ce me semble, le sens naturel de ce passage dans lequel je ne vois pas ce qui a pu faire dire si affirmativemen! à dom Calmet que Joseph avait fait un mensonge en cette occasion par la bouche de son intendant.

Éloignement des Égyptiens pour les étrangers.

Ce n'était pas senlement avec les Hébreux que les Égvptiens s'abstenaient de manger, mais méme avec tous les étrangers; car Hérodote, dans le second livre de son histoire, dit qu'en général les Égyptiens ne mangeaient poiut avec les étrangers, pour lesquels, sans aucune dislinction , ils avaient un très-grand éloignement,

Manière dont mangeaient les Égypliens.

= Ils s'assirent donc en présence de Joseph. » D'où l'on peut inférer qu'alors, chez les Égyptiens , on mangeait assis et non pas couchés sur des lits,

Comment on servait les convives.

Ce passage nous apprend qu'alors c'était la coutume de servir à table sa part, en particulier, à chacun des convives qui avaient tous pour l'ordinaire une égale portion , à moins qu'il n'y eût quelqu'un d'eux à qui l'on voulût faire honneur; et dans ce cas, on lui dounait une portion plus forte qu'aux autres. C'est donc pour honorer Benjamin que Joseph lui envoie une part beaucoup plus grosse que celle de ses frères.

«Ils burent ainsi avec Joseph et firent grande chère. Biberuntque; et inebriati sunt cum eo ; c'est-à-dire, tout simplement , « ils burent et firent grande chère avec Joseph,» et non pas «ils s'enivrèrent , » dans le sens odieux que nous l'entendous; car, dans la langue sainte, cette expression se prend quelquefois en un sens moins odieux, pour signilier, comme nous l'avons dit dans une note précédente, boire autant que la soif et la nécessité le demandent (Prov., x1, 35; Cant,, v, 1; Aggée, 1, 6).

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