‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 257 sur 1035 · Et, le matin venu, on les laissa partir avee leurs ânes · texte numérisé non relu

Et, le matin venu, on les laissa partir avee leurs ânes

4. Et déjà ils étaient sortis de la ville, et ils avaient fait un peu de chemin , lorsque Joseph , ayant appelé son intendant , lui dit: Lève-toi, et poursuis ces étrangers ; et, quand tu les auras atteints, dis-leur : Pourquoi avezvous rendu le mal pour le bien ?

5. La coupe que vous avez dérobée est celle en laquelle boit mon seigneur, et c'est lui qui a auguré que vous l'aviez enlevée * : vous avez fait une action détestable.

6. L'intendant fit comme il lui était ordonné ; et , les ayant atteints , il leur parla selon l'ordre qu'il avait recu.

7. Et ils lui répondirent : Pourquoi notre seigneur parle-t-il ainsi, et eroit-il que ses serviteurs aient commis un crime si grand ?

8. L'argent que nous avons trouvé à l'entrée de nos sacs, nous l'avons rapporté de la terre de Chanaan ; et comment déroberions-nous de la maison de votre maitre de l'or ou de l'argent ?

9. Celui de vos serviteurs, quel qu'il soit, dans le sac duquel sera trouvé ce que vous cherchez, qu'il meure, et nous serons eselaves de notre seigneur.

10. Et il leur dit : Qu'il soit fait selon vos paroles ; et que celui dans le sae de qui sera trouvée la coupe soit mon eselave : pour vous, vous serez innocents,

11. Et aussitôt, posant les sacs à terre, chacun ouvrit le sien.

12. L'intendant les ayant fouillés, en commençant depuis le plus grand et finissant au plus petit, trouva la coupe dans le sae de Benjamin.

13. Mais eux , ayant déchiré leurs vétements, et rechargé leurs ânes, retournérent à la ville.

14. Et Juda le premier, avee ses frères, s'avanca vers Joseph, qui était encore là, et tous se prosternèrent devant lui.

15. Joseph leur dit: Pourquoi avez-vous voulu agir ainsi ? ne savez-vous pas qu'il n'y a point d'homme semblable à moi pour deviner?

16. Et Juda dit : Querépondrons-nous à mon seigneur? que dirous-nous, et quelle exeuse lui donnerons-nous ? Dieu a trouvé l'iniquité de vos serviteurs : voilà que nous sommes tous esclaves de mon seigneur, et nous, et celui dans le sac de qui a été trouvée la coupe.

t7. Et Joseph dit : Loin de moi d'agir ainsi! Que celui qui a dérobé la coupe soit mon esclave ; et vous, retournez libres vers votre pere.

18. Or, Juda s'approcha plus prés, et dit avec assurance : Mon seigneur, je vous prie, que votre serviteur dise un mot à votre oreille, et ne vous irritez point contre votre serviteur, ear vous étes, apres Pharaon,

19. Mon seigneur. Vous avez au commencement demandé à vos serviteurs: Avez-vous un père ou un frere?

suit deciner ? »

$ 28 et 1g. Hébr. : « Car vous étes comme Pharaon, mon Seigneur, vous avez demandé d'abord à vos serviteurs. »

20, Et nos respondimus tibi domino meo : Est nobis pater senex , et puer parvulus , qui in senectute illius natus est, cujus uterinus fratrer mortuus est; et ipsum s0lum habet mater sua * , pater veró tenere diligit eum.

21. Dixistique servis tuis : Adducite eum ad me, et ponam oeulos meos super illum *.

22. Suggessimus domino meo : Non potest puer relinquere patrem suum; si enim illum dimiserit, morietur.

23. Et dixisti servis tuis : Nisi venerit frater vester minimus vobiseum , non videbitis ampliüs faciem meam.

21. Cüm ergo ascendissemus ad famulum tuum patrem nostrum , narravimus ei omnia quæ locutus est dominus meus.

25. Et dixit pater noster : Revertimini , et emite nobis parum tritici.

26. Cui diximus : Ire non possumus : si frater noster minimus descenderit nobiseum , proficiscemur simul; alioquin , illo absente, non audemus videre faciem viri *. -

27. Ad quz ille respondit: Vos scitis quód duos genuerit mihi uxor mea.

25. Egressus est unus, et dixistis, Bestia devoravit eum ; et hucusque non comparet.

29. Si tuleritis et istum, et aliquid ei in via contigerit, dedueetis canos meos eum m«rore ad inferos.

30, Igitur, si intravero ad servum tuum patrem nostrum , et puer defuerit ( eüm anima illius ex hujus anima pendeat),

31. Videritque eum non esse nobiseum , morietur, et deducent famuli tui canos ejus eum dolore ad infe- Tos.

32. Ego proprie servus tuus sim, qui in meam hunc recepi fidem" , et spopondi , dicens : Nisi reduxero eum , peccati reus ero in patrem meum omni tempore.

33. Manebo itaque servus tuus pro puero in ministerio domini mei , et puer aseendat eum fratribus suis :

34. Non enim possum redire ad patrem meum , absente puero , ne calamitatis quie oppressura est patrem meum , testis assistam.

V xe. C'est le sens de l'hébreu. La Vulgate dit à la lettre : « Sa mere n'a que celui-là. » Mais sa mére était morte; et l'hébreu dit simplement : « Aelictus est ipse solus matri suæ; » c'est-à-dire, ex maire sud.

X 1, « Ponam oculos meos super illum, » Dans la langue sainte

LA GENÈSE, CHAPITRE XLIV

20. Et nous avons répondu à vous, mon seigneur: Nous avons notre père qui est vieux, et un enfant trèsjeune qui lui est né dans sa vieillesse, et dont le frère, né de la même mère, est mort; et sa mère n'a laissé que celui-ci, et son père l'aime tendrement.

21. Et vous avez dit à vos serviteurs : Amenez-le, afin que mes yeux reposent sur lui.

22. Et nous avons dit à mon seigneur : L'enfant ne peut quitter-son père; car s'il le quitte, le père mourra.

23. Et vous avez dit à vos serviteurs : Si votre frère le plus jeune ne vient avec vous, vous ne verrez plus mon visage.

24. Lors done que nous fümes montés vers votre serviteur notre père, nous lui rapportâmes toutes les paroles de mon seigneur.

25. Et notre père dit : Retournez et achetez-nous un peu de blé.

26. Et nous lui dimes: Nous ne pouvons aller: si notre plus jeune frère descend avec nous, nous partirons ensemble; autrement, lui absent, nous n'oserions voir le visage de celui qui commande en Égypte.

27. Et il répondit : Vous savez que ma femme m'a donné deux enfants.

28. L'un est sorti, et vous avez dit: Une bête l'a dévoré, et jusqu'à présent il ne reparat point.

29. Et, sí vous emmenez encore celui-ci , et que quelque chose lui arrive en chemin, vous ferez descendre ma vieillesse avee douleur au tombeau.

30. Si je me présente done à votre serviteur notre père, et que l'enfant n'y soit point (comme sa vie dépend de celui-ci},

31. S'il voit qu'il n'est point avee nous, il mourra, et vos serviteurs feront descendre avec douleur sa vieillesse au tombeau.

32. Que je sois done votre esclave , moi qui l'ai recu sur ma foi, et qui ai promis, disant : Si je ne le ramène, je serai coupable envers mon père à jamais.

33. Je demeurerai done votre esclave pour l'enfant au serviee de mon seigneur, et que l'enfant retourne avec ses freres :

34. Car je ne puis retourner à mon pére, si l'enfant n'est avec moi, de peur que je ne sois témoin de l'afflietion qui accablera mon père.

celle expression marque une vue de complaisance, X 26. Mébr. : « Car nous ne pouvons voir la face de cet homme, » X 32. Hébr. : « De plus, votre serviteur s'est rendu caution de ce jeune homme, et j'en ai répondu à mon père, etc. »

LA GENÈSE, CHAPITRE XLV

Sur la divination par les coupes.

Saint Thomas eroit que le sens le plus naturel de ce passage est de dire que Joseph et son intendant parlèrent dans ceile rencontre selon l'opinion commune qu'on avait en Égypte, que Joseph était un magicien ou devin de la méme espéce que les autres devins égypliens , mais seulement plus habile qu'eux, En effet, suivant la remarque de dom Calinet , le mot hébreu, que l'auteur de la Vulgate a traduit par augurari , et Le Clerc par divinari, et les Seplante par auguratur, se prend ordinairement en mauvaise part dans l'Écriture. Mais estec que Joseph avait laissé croire aux Égyptiens qu'il était un devin de la méme espèce que les autres devins égyptiens? Grotius, au rapport de dom Calmet, croit qu'on peut prendre ici le terme hébreu en bonne part, et dire que Joseph se servait apparemment de la tasse en question lorsque, pour se préparer à expliquer les songes, il faisait des libations au vrai Dieu qu'il adorait. Cette derniere interprétalion serait plus convenable si on ne donnait point au mot hébreu, que l'auteur dela Vulgate a çendu par augurari, une signification qu'on assure lui pouvoir peu convenir.

Selon Bergier, il est clair par ces paroles, disent quelques personnes, que Joseph pratiquait la divination par les coupes, qui consistait à jeter des caractères magiques dans une coupe remplie d'eau, et à y lire ce qui en résultait. Mais un écrivain récent, qui entend très-bien l'hébreu , a fait voir qu'il faut traduire ainsi ces deux versels : « N'avez-vous pas la coupe dans laquelle mon maitre boit? Voilà qu'il fait et qu'il fera encore des recherches à cause d'elle... Ne concevez-vous pas qu'un homme comme moi la chercherait et rechercherait avec soin? »

« Ces mots : Scyphus quem furati estis, ne sont pas dans l'hébreu, dit M. Rondet; mais ils y manquent visiblement, puisque la suite les suppose. Il y a donc lieu de présumer que la vraie lecture est celle des Septante : « Pourquoi m'avez-vous dérobé ma coupe d'argent! N'est-ce pas celle dans laquelle mon seigneur boit ? »

* Hébr. autr. Il a tres-bien auguré sur elle : « Il a tres-bien conjecturé que c'est vous qui l'avez dérobée. » Il semble peu vraisemblable que Joseph se servit d'une coupe pour en ürer des augures; et les expressions de l'hébreu peuvent facilement s'entendre de la simple conjecture qu'il supposait avoir formée sur le vol de cette

coupe. Le verset 15 confirme cette interprétation : Joseph n'y parle que de son habileté à connaitre les choses cachées, sans y faire mention de sa coupe. »

Reproches de Joseph à ses frères.

* Joseph leur dit : « Quelle action avez-vous faite? Jgnorez-vous qu'un homme tel que je suis sait découvrir les choses cachées ? »

La Vulgate porte : An ignoratis quod. non sit similis mei in augurandi scientia ? « Ignorez-vous qu'il n'y a personne qui m'égale dans la science de dexiaer les choses secrettes, et qu'ainsi votre vol ne pouvait m'étre caché? »

Mais l'hébren dit comme les Septante : « Ne saviez-vous pas qu'un homme comme moi devinerait votre 20/? »

Crime des fréres de Joseph.

« Dieu a révélé, a découvert votre crime. »

Plusieurs entendent ceci du crime que les frères de Joseph avaient fait ea le vendant ; mais il est plus naturel de l'entendre du vol dont Benjamin semblait être convaincu.

Sur Benjamin.

« Et nous avons répondu à mon seigneur: « Nous avons un père qui est vieux, et un jeune frère qu'il a eu dans sa vieillesse, dont le frére (utérin) est mort : il ne reste plus que celui-là de sa mère, et son pere l'aime tendrement. »

La Vulgate porte: Et ipsum solum habet mater sua, Les Septante ont traduit dans le méme sens; mais la version de Le Clerc porte: Solus er matre sud superstes est , ce qui fait un meilleur seus; car Rachel ne vivait plus.

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