‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 270 sur 1035 · Et , ayant béni le roi, il sortit · texte numérisé non relu

Et , ayant béni le roi, il sortit

11. Or, Joseph donna à son père et à ses frères, en Égypte, une terre fertile, Ramessès , ainsi que Pharaon l'avait ordonné.

12, Et il les nourrissait , et toute la maison de son pére, donnant des vivres à ehacun.

13. Car le pain manquait dans tout l'univers , et la famine désolait la terre, principalement l'Égypte et la terre de Chanaan.

14. Joseph amassa tout l'argent des Égyptiens et des Chananéens en échange du blé qu'ils achetaient, et le porta au trésor du roi.

15. Et, l'argent manquant aux acheteurs, toute l'Égvpte vint à Joseph, disant: Donnez-nous du pain : pourquoi mourons-nous devant vous, faute d'argent ?

16. Et il leur répondit : Amenez vos troupeaux, et je vous donnerai des vivres, si vous n'avez point d'argent.

17. Quand ils eurent amené les troupeaux, il leur donna du pain pour leurs chevaux, leurs brebis, leurs bœufs et leurs ânes : ainsi il les nourrit, celte aonée-là , en échange de leurs troupeaux.

18. Ils revinrent en la seconde année, et lui dirent : Nous ne cacherons point à notre seigneur que, l'argent nous manquant, nos troupeaux nous ont aussi manqué, et vous n'ignorez pas qu'excepté nos corps et la terre, nous n'avons rien.

19. Pourquoi done mourrons-nous sous vos yeux? Nous et nos terres nous serons à vous : achetez-nous pour être les esclaves du roi, et donnez-nous des semences, afin que la terre ne soit pas réduite en solitude par la mort des laboureurs.

20. Joseph done acheta toute la terre d'Égypte, chacun des Égyptiens vendant ce qu'il possédait, à cause de la rigueur de la famine. Et il l'assujettit à Pharaon ,

21. Et tous les peuples de l'Égypte, depuis une extrémité jusqu'à l'autre ,

22, Excepté la terre des prétres, qui leur avait été donnée par le roi; car on leur fournissait des vivres, des greniers publics, et c’est pour cela qu'ils n'ont pas été contraints de vendre leurs possessions.

23. Joseph dit done au peuple: Vous voyez que vous appartenez à Pharaon, vous et votre terre : recevez des semences et semez vos champs,

urbes, On suppose qu'il faut sous-entendre alias. Le samaritain dit : « Et populum , subdidit eum in servos. » Les Septante lisaient ainsi, et c'est aussi le sens dela Vulgate.

X 22. Hébr. : « Excepté les terres des prétres; car le roi leur faisait donner une certaine quantité de blé d'où ils tiraient leur subsistance, »

COMMENTAIRE

24. Ut fruges habere possitis. Quintam partem regi dabitis : quatuor reliquas permitto vobis, in sementem, et in cibum familiis et liberis vestris.

25. Qui responderunt : Salus nostra in manu tua est : respiciat nos tantüm dominus noster, et læti serviemus regi *.

26. Ex eo tempore usque in presentem diem, in universa terra Ægypti regibus quinta pars solvitur; et factum est quasi in legem , absque terra sacerdotali , quz libera ab hac conditione fuit.

27. Habitavit ergo Israél in /Egypto, id est, in terra Gessen, et possedit eam *; auetusque est, et multiplicatus nimis.

28. Et vixit in ea decem et septem annis : factique sunt omnes dies vitz illius centum quadraginta septem annorum.

29. Cümque appropinquare cerneret diem mortis suæ, vocavit filium suum Joseph, et dixit ad eum : Si inveni gratiam in conspectu tuo, pone manum tuam sub femore meo; et facies mihi misericordiam et veritatem, ut non sepelias me in /Egypto :

80. Sed dormiam cum patribus meis , et auferas me de terra hac, condasque in sepulero majorum meorum. Cui respondit Joseph : Ego faciam quod jussisti.

31. Et ille: Jura erzo, inquit, mihi. Quo jurante, adoravit Israél Deum, conversus ad lectuli caput.

X 25. Hébr. : « Vous nous avez sauvé la vie, que nous trouvions grâce aux yeux de mon Seigneur, et nous serons esclaves de Pharaon. »

24. Afin que vous puissiez avoir du blé. Vous en donnerez la cinquieme partie au roi; et ies quatre autres parties seront à vous, pour semer des champs, et pour la nourriture et de vous, et de vos familles et de vos enfants.

25. Et ils dirent: Notre salut est en votre main : seulement, que notre seigneur ait égard à nous, et nous servirons Pharaon avec joie.

26. Depuis ce temps-là jusqu'aujourd'hui, on paie en Égypte au roi le cinquième du revenu ; et cela a été établi comme une loi, excepté pour la terre des prêtres, qui fut affranchie de cette condition.

27. Israël habita done l'Égypte en la terre de Gessen , et la posséda; et sa famille s'accrut et se multiplia prodigieusement. :

28. Et il y vécut dix-sept ans; et les jours de sa vie furent de cent quarante-sept ans.

29. Et, lorsqu'il vit approcher le jour de sa mort , il appela son (ils Joseph, et lui dit : Si j'ai trouvé gráce devant toi , mets ta main sous ma cuisse, donne-moi l'assurance de ne pas m'ensevelir en Égypte :

30. Mais que je dorme avec mes pères, et transportemoi hors de cette terre, et ensevelis-moi au sépulere de mes ancêtres. Joseph répondit : Je ferai ce que vous avez commandé.

31. Et il dit : Jure-le-moi. Et, pendant que Joseph le jurait, Israël se tourna vers le chevet de son lit, et adora le Seigneur.

Ÿ 27. Hébr. : *» Dont ils jouirent comme de leur bien propre , et où ils s'accrurent et se multiplierent extraordinairement. Jacob y vécut, etc, »

COMMENTAIRE

Brièvelé de la vie de Jacob.

La vie de Jacob , quoique longue en elle-méme , était courte si on la comparait avec celle des anciens patriarches dont il tirait sa nais sance,

Sur la ville de Ramessés.

On trouve le nom de Ramessès parmi les rois d'Egypte. Marsham croit que c'est le nom propre du prince sous lequel Jacob vint en Egypte, et que ce verset 11 du chapitre xzvrr veut dire simplement que le roi d'Egypte accorda aux Israélites une partie des terres de Ramessès, c'est-à-dire terres appartenant au roi, et comme nous dirions terres domaniales,

On tient que les Israélites bâtirent dans le canton de Gessen une

ville du nom de Ramessés, ou qu'ils l'agrandirent si cette ville subsistait auparavant ; d'autres veulent que cette ville ne füt bàtie que dans le temps de la servitude des Tsraélites en Egypte, et que le prince qui les opprima s'appelait Ramessès.

Partage des terres en Égypte.

Il faut excepter ce qui appartenait au roi et aux prêtres ; car Moïse fait l'excepiion pour les prêtres dans le verset 22 de ce chapitre. Un passage du second livre de Diodore de Sicile peut donner du jour à cette interprétation. Cet historien nous apprend que les terres de l'Egypte étaient partagées en trois parties : la première partie était aux prètres, la seconde au roi, et la troisième aux gens de guerre. Quant au peuple, il était divisé en trois classes, savoir : des laboureurs, des pasteurs et des artisans. Les laboureurs prenaient à vie une certaine quantité de terres du roi, des prètres et des gens de guerre, ils les cultivaient, en tiraient leur ;subsistance, el ren-

202 LA GENÈSE, CHAPITRE XLVIII

daient aux propriétaires un certain revenu; les pasteurs et les ar- | core longtemps depuis, comme il parait par le passage d'Hérodote tisans exerçaient toujours les mdmes métiers , et il n'était pas permis | que j'ai rapporié ci-dessus, aux enfants d'abandonner la profession de leurs peres. VERSET 30, VERSET 21.

Jacob demande à étre enterré près de ses pères. Servage des Égypliens.

C'est-à-dire tout simplement: « Ne m'enterrez pas en Kgrpte; mais apres ma mort faites transporter mon corps dans le tombeau de mes peres. » Ainsi parle Jacob à sou fils Joseph étant pres de

Les Seplante, et méme encore le texte samaritain , sont ici d'aecord avec la. Vulgate.

Suivant un commentateur, Pharaon, usant du droit d'esclavagc que Joseph lui avait aequis. sur ses sujets, les fit tous passer d'une ville dans une autre, alin non-seulement de leur faire perdre l'idée de toute propriete sur aucun fonds égyptien, mais de leur faire voir que , devenus esclaves du ros, ils devaient changer de demeure suivant sa volonté, Un passage du second livre d Hérodote semble con- Brmer cette interpretation, « En Egypte, dit cet historien, les geus de guerre posscdent successivement , les uns apres les autres, certains fonds de terre que le roi leur donne, en sorte que jamais le même champ ne demeure à la méme personne deux ans de suite. »

mourir.

Ce passuge a donné heu à dom Calmet de tirer cette pieuse conséquence : « Jacob meurt dans le sentiment de l'immortalite et dans l'espérance de la resurrectiun. =

Action de Jacob aprés avoir regu le serment de Joseph.

» Et Israel adora ( Dieu ), s'appuyant sur le haut de son báton. »

La Vulgate porte: Ædoravit Zsraél Deum , conversus ad lectuli capui. Les Septante ont dit: 4doravit Jsracl super summitatem virgae ejus; el Le Clere : Et ad lecti cervical reclinavit se Israël.

Voilà certzinemenl trois inlerpretations bien différentes d'un mème verset; celle de la Vulgate est sans doute la plus éditiante, puisqu'elle signifie que « Jacob, au lu de la. mort, se pencha sur le chevet de son lit pour adorer Dieu.» Celle des Septante marque que « Jacob adora le haut du bâton ou du scepire de Joseph, » c'est-à-dire qu'il s'ahaissa profondément devant le sceptre que Joseph portait pour marque de sa dignité, Saint Augustin a cru trouver dans les Septante le méme seus édifiant qui est dans la Vulgate; car il l'a ainsi entendu : « Jacob adora Dieu appuyé sur l'extrémité de son bâton, ou sur l'extrémité du bâton de Joseph. » Mais l'explication la plus sûre est celle de saint Paul, qui a dit dans l'Épitre aux Hébreux, (chap. xr, Ÿ 21): « C'est par la foi que Jacob, en mourant, bémit chacun des enfants de Joseph, et qu'il s'inclina profondément devant le bâton de commandement que portait son set 26 de ce chapitre, la police établie en Egypte par Joseph y sub- | fils, » sistait encore de son temps. » On peut ajouter qu'elle y. subsista en-

VERSET 24, Impôts que leur iinpose Joseph.

= Quand le temps de la récolle sera veni, vous en donnerez. au roi la cinquième partie; les quatre autres seront pour vous, pour ensemeucer vos terres, pour vous enireienir vous et ceux qui serout dans vos maisons, el pour nourrir vos petts-enfants. »

Quintam partem regi dabitis, Joseph ne se contente pas d'avoir acquis au roi la propriété de toutes les terres qui n'appartenarent pas aux prêtres, et d'avoir rendu tous les Egyptiens, à l'exception des prétres, serfs proprement dits du roi; mais encore en accordant au peuple d'Egy ple (c'est-a-dire, à ce que je crois, aux gens de guerre seulement) des grains pour ensemencer les terres dont ils n'étaient plus qu'usufrutiers, au lieu de propriétaires qu'ils étaient auparavant, il leur impose la nécessité de donner tous les ans au roi le cinquième des grains qu ils reeueilleront. « Or, dit Moïse dans le ver-

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