‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 295 sur 1035 · Et Moïse répondit à Dieu : Qui suis-je, pour aller · texte numérisé non relu

Et Moïse répondit à Dieu : Qui suis-je, pour aller

telé de ce lieu, ótez vous souliers. »

X 6. Samar, : « Le Dieu de vos pères; » c'est-à-dire param tuorum , au lieu de patris tui,

X 8. Hébr. : « Car j'ai connu ses maux; j'en ai été touché, et je suis descendu... »

L'EXODE, CHAPITRE Ilf.

dam ad Pharaonem, et educam filios Israël de /Egyp'o?

12. Qui dixit ei : Ego ero tecum : et hoe habebis siguum , quód miserim te : Cüm eduxeris populum meum de Ægypto, immolabis Deo super montem istum *.

13. Ait Moises ad Deum : Eece ego vadam ad filios Jsraél , et dicam eis : Deus patrum vestrorum misit me ad vos. Si dixerint mihi : Quod est nomen ejus? quid dicam eis ?

14. Dixit Deus ad Moisen : Ego sum qui sum *. Ait : Sic dices filiis Israël : Qui est, misit me ad vos.

15. Dixitque iterum Deus ad Moisen : Hæc dices filiis Israél : Dominus Deus * patrum vestrorum , Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob misit me ad vos : hoc nomen mihi est in zternum, et hoc memoriale meum in generationem et generationem.

16. Vade, et congrega seniores * Israël, et dices ad eos: Dominus Deus patrum vestrorum apparuit mihi, Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob, dicens : Visitans visitavi vos, et vidi omnia quse acciderunt vobis in Egypto ; |

17. Et dixi ut educam vos de afflictione Ægypti, in terram Chananæi, et Hethæi, et Amorrhæi, et Pherezii, et Hevai , et Jebusæi, ad terram fluentem lacte et melle.

18. Et audient vocem tuam : ingredierisque tu, et seniores Israël, ad rezem Ægypti, et dices ad eum : Dominus Deus Hebræorum vocavit nos * : ibimus viam trium dierum in solitudinem, ut immolemus Domino Deo nostro.

19. Sed ego scio quód non dimittet vos rex /Egypti ut eatis, nisi per manum validam.

20. Extendam enim manum meam, et percutiam Ægyptum in cunetis mirabilibus meis , qua facturus sum in medio eorum : post hæc dimittet vos.

21. Daboque gratiam populo huie eoram Ægyptiis : et cüm egrediemini , non exibitis vacui * :

22. Sed postulabit mulier a vicina sua et ab hospita sua *, vasa argentea et aurea, ac vestes : ponetisque eas super filios et filias vestras, et spoliabitis /Egyptum.

* 12. Hébr. aulr, : « Vous rendrez tous à Dieu, pres de cette montagne, l'hommage qui lui est dà. «

On pourrait expliquer ce passage dans cet autre sens :

« Ma présence, mon assistance, la protection que je vous donnerai et les miracles que vous ferez en mon nom, seront les preuves et les assurances de votre mission. »

X 14. Mébr, litt. ; « Je serai celui qui sera. » Vulg. litt. : « Je suis celui qui suis. » Les Sept. : « Je suis celui qui est, » parce qu'en hébreu le futur est souvent pris pour le présent, Les anciens rabbins expliquaient ainsi ces paroles : « Je suis celui qui serai ; je suis leur sauveur maintenant, et je serai leur sauveur dans un autre temps, »

à Pharaon , et faire sortir les enfants d'Israël de l'Égypte?

12. Le Seigneur lui dit : Je serai avec toi, et ceci sera le signe que je t'ai envoyé : quand tu auras emmené mon peuple hors de l'Égvpte, tu. offriras un sacrifice à Dieu sur cette montagne,

13. Moïse dit à Dieu : J'irai done vers les enfants. d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'a envoyé [vers vous. Et s'ils me disent : Quel est son nom ? Que leur dirai-je?

14. Dieu dit à Moïse : Je suis crit: qui suis. Il ajouta : Voici ce que tu diras aux enfants d'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous.

15. Et Dieu dit encore à Moise : Voici ce que tu diras aux enfants d'Israël : Le Seigneur, le Dieu de vos pères, m'est apparu; le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob m'a envoyé vers vous. C'est là mon nom pour l'éternité, le nom sous lequel je serai connu dans les siècles des siècles.

16. Va, et assemble les anciens d'Israël; et tu leur diras : Le Seignèur, le Dieu de vos pères, m'est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob , disant : Je vous ai visités, et j'ai vu tout ce qui vous est arrivé en Égypte.

17. Je vous retirerai de l'affliction de l'Égypte en la terre des Chananéens, des Héthéens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Hévéens, des Jébuséens; terre où coulent le lait et le miel.

18. Et ils entendront ta voix, et tu iras, toi et les anciens d'Israél, au roi d'Égypte, et tu lui diras : Le Seigneur Dieu des Hébreux nous a appelés; nous irons trois jours au désert, afin de sacrifier au Seigneur notre Dieu.

19. Mais je sais que le roi d'Égvpte ne vous laissera pas sortir, si ce n'est par la force.

20. Et j'étendrai ma main, et je frapperai l'Égypte de prodiges que je ferai au milieu d'eux ; et après cela il vous laissera tous aller.

21. Et je signalerai ma faveur sur ce peuple en présence des Égyptiens; et, quand vous sortirez , vous n'irez pas les mains vides :

23. Mais la femme demandera à sa voisine et à som hótesse des vases d'argent et d'or, et des vétements, et vous les mettrez sur vos fils et vos filles, et vous dépouillerez l'Égypte.

X 15. Hébr. litt, : « Jéhovah, le Dieu de vos pères. »

X 16. Il est assez croyable que sous ce nom l'on entend les chefs des tribus , les principaux du peuple. Le samaritain dit : Les anciens des enfants d'Israël. »

X 18. Samar. autr. : « Le dieu des Hébreux est appelé sur nous; nous sommes ses serviteurs; nous sommes son peuple, appelés de son nom ; permeitez-nous d'aller... »

Y ar. Hébr, litt, : « Vacuiter. » Samar. : « Vacui, »

X 22. Samar. : « Chaque. homme demandera à son compagnon , et chaque femme à sa compagne, à sa voisine, »

COMMENTAIRE

COMMENTAIRE

Sur le mont Horeb.

Ad montem Dei Horeb. Le Clerc remarque ici qu'Horeb est une montagne tres célebre dans l'Ecriture, qu'on confond ordinairement avec le mont Sinai, parce qne ce sont comme deux pointes d'une seule et méme montagne, qui, au rapport de dom Calmet, en cet endroit , est située dans l'Arabie-Pétrée. Au reste , ajoutent ces deux commentateurs, le mont Sinai n'a point d'autre eau que celle des pluies; mais le mont Horeb a deux ou trois belles sources et quantité d'arbres fruitiers sur son sommet.

Le Clerc, et apres lui dom Calmet, remarquent encore en cet endroit que le mont Horcb est ici nommé Montagne de Dieu, ou par une anticipation tres-familiere à Moïse, à cause de l'apparition de Dieu à ce législateur qu'ou va raconter, ou simplement à cause de sa hauteur, par un pur hébraisine.

Sur le buisson ardent.

L'hébreu porte : l'ange du Seigneur; la Vulgate, apparuitque ei Dominus angelus Jehova ; les Septante, l'ange da Seigneur, ce qui revient au méme, Ja. flamimd ignis de medio rubi; et videbat quod rubus arderet , et non combureretur ; c'est-à-dire : « Dieu apparut à Moïse sous le signe extérieur d'un feu, qu'il vit luire au milieu d'un buisson , sans que ce buisson en füt'aucunement endommagé.» Or, ce feu était en cette occasion l'ange du Seigneur, La plupart des anciens Pères soutenaient que ce fut la deuxieme personne de la Trinité qui apparut à Moise dans le buisson ardent; mais cette opinion n'est guère reque aujourd'hui, et on croit assez communément, avec saint Augustin, que toutes les apparitions arrivées aux patriarches dans l'ancien Testament furent faites par le ministère des anges... On croit ordinairement que le mont Sinai fut ainsi appelé à cause de cette apparition de Dieu à Moise; car, suivant la remarque de Le Clere en cet endroit, le mot Sinai peut s'interprétor montagne de buisson.

Sur les manifestations extérieures de la Divinité.

Le déiste conteste à la Divinité le pouvoir de se manifester aux hoinmes par une révélation positive. Et d'où lui vient à lui-mème ce pouvoir qu'il s'arroge de mettre des bornes à la toute-puissance ? Selon lui, Dieu est le maître de nous donner des lois, il n'est pas libre sur la manière de les promulguer ; Dieu peut donner une loi naturelle, il n'a pas pu donner une loi révélée; Dieu a le pouvoir de parler intérieurement à notre raison, il lui est impossible de parler extérieurement à nos sens; Dieu a droit de graver ses préc«ptes dans nos cœurs , il est dans l'impuissance de les faire retentir à nos oreilles , ou de uous les présenter par écrit.

Manifestation de Dieu à Moise.

« Alors Moïse se cacha le visage, parce qu'il n'osait regarder Dieu, 5

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Il crajgnait que cette vue ne lui causát la mort. En effet, nous voyons par plusieurs endroits de l'Écriture que c'était une opinion reçue parmi les Juifs, qu'on ne pouvait voir Dieu sans mourir.

Saint Étienne dit que « ce fut l'ange du Seigneur qui apparut à Moïse dans la flamme d'un buisson. » C'était donc un ange qui agissait et qui parlait; mais l'écriture lui donne presque partout le nom incommunieable de Dieu , qui est l'Éternel ou celui qui est ; Jánovan, parce qu'il le représentait , qu'il parlait et agissait en son nom, qu'il élait revètu de sa puissance et qu'il exercait son autorité, (Actes, vit, 30,)

L'Étre-Supréme peut, suivant sa sagesse, agir sur l'homme pour lui faire connaitre ses desseins et ses commandemen's, en se servant des impressions naturelles qui portent à son âme les idées au moyen des objets extérieurs. Ainsi, nous eoncevous qu'il peut faire entendre une voix qui adresse la parole aux hommes auxquels il veut se révéler; il peut employer des intelligences revétues d'une forme sensible et d'organes propres à communiquer les idées à l'entendement des hommes ; il peut donner des formes humaines à ces intelligences et en faire ses messagers ; il peut employer des intelligences plus ou moins remarquables par leur excellence; il peut en employer méme dont la sublimité mette entre elles et l'homme une distance prodigieuse.

Sur ces paroles : Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

« Jésus-Christ, dit Mésenguy, parlant aux Sadducéens, qui ne croyaient ni l'immortalité de l'âme, ni la résurrection future de nos corps, se sert de ces paroles pour les convainere qu'ils sont dans l'erreur. En effet, comment Dieu peut-il dire, longtemps aprés la mort de ces patriarches, qu'il est leur Dieu, s'ils ne sont pas plus vivants devant lui que devant les hommes ? S'il est véritablement leur Dieu dans le moment oü il parle, ce ne peut étre que dans ce sens qu'il est élernellement à eux comme leur bien propre, leur héritage, leur couronne , leur récompense, que lui-méme leur a promise avec serment, »

Sur le nom de Dieu.

L'on eroit communément que Moïse, par ces paroles qu'il adresse à Dieu, le prie de lui apprendre quel est son nom propre et véritable; sur quoi Le Clerc observe que Moïse fit apparemment une telle question à Dieu parce qu'il s'imaginait que le Dieu qu'il adorait avec les Israélites devait avoir un nom qui lui füt propre, à l'instar des faux dieux des Égyptiens, que Le Clerc suppose avoir eu des noms particuliers du temps de Moise.

Un autre commentateur prétend. que la question que Moise fait au Dieu dont il entend la voix, ne marque pas tant l'envie que Moïse avait d'apprendre de Dieu méme quel était son vrai nom, qu'elle marque l'ignorance du vrai Dieu, dans laquelle on. peut très-bien supposer qu'était alors Moïse. « En effet, dit-il, si Moïse, aussitôt après être sorti de nourrice, fut remis entre les mains de la fille de Pharaon , élevé comme son fils , et en cette qualité instruit dans toutes les sciences des Egypliens, comme le dit saint Etienne dans les Actes des Apótres, il est trés-probable qu'il suivit, dans les premières années de sa vie, la religion des Egypziens, et non celle des

COMMENTAIRE

Hébreux avec lesquels, comme semble l'insinuer le verset r t du chapitre it de l'Exode, il n'avait méme alors aucun commerce. Quand Moïse se fut avisé dans la suite de vouloir connaître par lui-même les Liraëlites qu'il avait pu apprendre être ses frères ou parents, quoique l'Ecriture ne le dise point, il fut, suivant le texte sacré, si peu de temps avec eux, qu'il ne put absolument avoir le loisir de s'instruire de leur religion et du Dieu qu'ils adoraient, Il pouvait donc fort bien ignorer le Dieu des Israëlites, lorsqu'il passa dans la terre de Madian. Or, si ce Dieu n'était pas connu dans la terre de Madian, comme on peut fort bien le croire, rien n'empêche que Moise ignorát le vrai Dieu lorsqu'il eut l'apparition du buisson ardent, »

A cela, nous répondrons que le père et la mère de Moïse, auxquels il fut remis par un heureux hasard, s'appliquerent à lui enseigner la religion et l'histoire de ses ancétres; car ils ne le menérent à la fille de Pharaon que quand il fut devenu grand, suivant le verset 10 du chapitre 1e de l'Exode,

Explication du nom de Dieu.

Ego sum qui sum. 1l faut qu'il y ait quelque chose d'éternel, le néant n'a pu produire ce qui est. L'Étre par soi n'est éternel que parce qu'il porte toujours dans son propre fond la nécessité de son existence, Tous les êtres finis peuvent être ou n'être pas; tout infini, qui n'est pas l'infini supréme ou l'infini en tout genre, n'a rien en soi qui le fait exister préférablement à un infini d'un degré supérieur: ainsi son existence n'est pas nécessaire; l'Étre par soi, l'Etre infini, Vinfini absolu, sont donc des termes synonymes : c'est pour cela que Dieu se définit celui qui est,

Platon, qui, en admettant un Dieu, reconnait en lui une intelligence souveraine et éternelle , appelait Dieu cefui qui est, soit qu'il eût appris le nom et le caractère auguste de la Divinité de quelqu'un qui était instruit des livres de Moïse, soit qu'il se füt élevé jusquelà par les seules lumieres de la raison humaine.

* Qu'elle est grande, dit Necker, qu'elle est imposante cette expression, pour nous donner une idée de l'essence du créateur et du maitre du monde! C'est comme s'il eût dit aux enfants d'Israël, et par eux à toate la terre: Aucune définition, aucune image ne peuvent expliquer à votre esprit, ne peuvent représenter à vos sens un être éternel, un être infini, qui a mis une distance immense entre lui et le plus haut période de nos facultés morales, entre hui et le dernier terme des recherches et des conquétes du génie. »

« Qu'est-ce que Dieu ? s'écriait saint Augustin ; dites-le nous vousméme, à mon Dieu! puisque toutes vos créatures se taisent sur ce point, « Je suis, dites-vous à Moise, celui qui est, Voici ce que vous direz aux enfants d'Israël : Celui qui est m'a envoyé.» Mais que voulez-vous nous dire par ces paroles, je suis celui qui est, sinon que vous êtes, ó mon Dieu! l'être par excellence, l'être nécessaire, l'être éternel, l'être immuable, l'être indépendant , l'être principe et source de tous les autres. Tout ce qui n'est point vous n'a qu'un être emprunté, qu'il tient de votre puissance et de votre bonté ; mais vous étes par vous-même ce que vous êtes, 6 beauté toujours ancienne , toujours nouvelle! C'est le grand nom que vous avez dans l'éternité, et qui met un intervalle immense entre vous et nous, »

Je suis celui qui est. = Tandis qu'un voile mystérieux, dit Bergasse , durant le cours de notre vie terrestre, dérobe à nos regards l'action de Dieu, partout bienfaisante et partout réparatrice, il n'est pas moins vrai cependant que par elle seule, uniquement, tout ce qui participe à l'existence reçoit le mouvement et la mesure de sa réalité. Ainsi, les êtres seraient comme s'ils n'étaient pas, sans développement et sans destinée, si l'Éternel , selon les vues de sa sagesse profonde, ne placait en eux sa force et ne les faisait à chaque instant tout ce qu'ils sont.

» Et sans doute, voilà pourquoi il s'est défini lui-méme avec une —

précision si sublime et si simple : Je suis celui qui est. Il est celui qui est; car en lui tout est substance, pour lui tout est vie, en lui et par lui tout est être, /7 est celui qui est; car la puissance, c'est lui; la fécondité, c'est Ini ; l'activité, c'est encore lui, 4{ est celui qui est; car il pense, et c'est parce qu'il pense que les réalités sont ; il parle, etc'est parce qu'il parle que les réalités existent; il veut, et c'est parce qu'il veut que les réalités agissent. Leur être est dans sa pensée, leur vie est dans sa parole, leur action est dans sa volonté, 44 est celui qui est ; car les causes et les effets sont à lui, les causes qui ne sont que ses pouvoirs distribués dans la nature, les effets qui n'en sont que les résultats. 4 est celui qui est ; car c'est encore à lui qu'appartienneut les propriétés des causes et les qualités des effets, L'ordre, c'est la sagesse qui assemble, qui pése, qui nombre, qui mesure ; la variété , c'est son infinité qui se joue dans les formes de l'univers ; l'attrait, c'est la vapeur douce de sa puissance qui se distribne dans les réalités pour les unir; la beauté, c'est une ombre qu'il empreint de sa divinité; la grâce, c'est son amour qui donne du mouvement à la beauté ; le charme, c'est l'effet de son amour ; c'est l'amour avec sa joie, son sileuce; c'est l'amour avec ses perspectives immortelles ; c'est le sentiment, c'est le plaisir d'aimer, c'est l'espérance d'aimer toujours, ZI est celui qui est ; car ce n'est qu'en lui seul aussi que se développent les propriétés des causes et les qualités des effets ; l'espace et le lieu, l'éternité et les temps, l'immensite et la voie ne sont que lui-méme, Il à regardé, ila vu l'espace en lui, et il a limite le lieu des mondes dans l'espace; il a regardé et il a vu l'éternité en lui, et il a détaché le temps de son éternité pour fixer aux mondes leurs époques mobiles, leurs destinces passageres ; et pleins de leurs causes vivantes et de leurs effets animés , les mondes ont trouvé dans sa substance le lieu. de leur être, la voie de leur mouvement, le commencement , le cours et le terme de leur durée.

eH est celi qui est. Oh! qui peut expliquer le secret de son action, et en mesurer l'étendue? C'est à lui que l'astre du jour emprunte les feux dont il étincelle ; c'est de lui que l'astre des nuits demande la clarté silencieuse qui l'environne; les cieux brillent de son éclat, et leur étendue lumineuse n'est que le voile qui le dérobe à nos yeux, Zl est celui qui est. Sa vertu descend dans les airs, et les mers échauffées dans leurs profonds abimes se couvrent de vapeurs bienfaisantes; et, ministres de sa puissance, les venis assemblent les vapeurs ; et vétues de leurs formes pompeuses, et relletant en tout sens ses couleurs immortelles , les vapeurs au loin dispersées portent, selon ses desseins, tantót dans des réservoirs d'or, de pourpre et d'azur, tantôt dans les flancs caverneux de la nuce qui cache la tempéte, aux lacs, aux fleuves, aux ruisseaux, aux fontaines, leurs eaux accoutumées, I est celui qui est. Son influence pénètre la terre, et les routes mystérieuses de la végétation s'entr'ouvrent devant lui; il envoie la vie dans les routes de la végétation, et s'échappant de leurs froides enveloppes, et pressés d'éclore , et caractérisés suivant leurs espèces et leurs genres, arbres, arbrisseaux , arbustes, herbes, mousses, lichens, les germes déployés paraissent, et sous toutes les nuances, et à toutes les hauteurs; la terre par elle-même iufertile se couvre d'une riche et féconde verdure. 47 est celui qui est, Sa prévoyance pourvoit à tous les développements ; il commande, et la sève obéit, et diversement filtrée dans les tubes capillaires qui la reçoivent , elle donne au printemps ses fleurs, à l'été ses moissons, à l'automne ses fruits ; et il est, lui, le parfum des fleurs, la substance des moissons, la saveur tempérante des fruits, et depuis l'insecte caché sous l'herbe jusqu'à l'aigle au vol audarieux, depuis le reptile jusqu'à l'homme, tout ce qui se meut, tout ce qui respire, ne trouve qu'en lui seul , sous une prodigieuse multitude de préparations et de formes, cette énergie alimentaire, sans laquelle aucune existence animée ne peut se maintenir.»

Sur le nom de Jéhovah.

On tient communément que ce quinzième versel du chapitre rtt de l'Exode renferme la révélation expresse que Dieu fit pour la première fois aux hommes, en la personne de Moise, du nom Jéhovah, qu'il déclara alors « être le nom par lequel il voulait être appelé. » Car voilà le sens de ces dernieres paroles du verset que nous examinons : Joc nomen mihi est in ecternum , et hoc memoriale meum ín generationem et generationem, Mot à mot, « ce nom est celui que j'aurai toujours. désormais , et qui me fera connaitre dans la suite de toutes les générations, »

On a coutume de faire ici plusieurs questions sur le celebre nom Jchovah.,

On demande, 1° si la prononciation aujourd'hui reçue du mot Jéhova, est la véritable prononciation de ce mot. À quoi les savants, dans Ja langue hébraïque, répondent que la prononciation ordinaire et recue aujourd'hui, suivant laquelle nous disons Zhorak, ne parait pas être la bonne et ancienne maniere d'exprimer le nom de Dieu; et ils ajoutent qu'il parait impossible de fixer cette prononciation , paree que, depuis la captivité de Babylone, les Juifs, par un respeet extraordinaire, se sont fait une loi de ne jamais prononcer ce mot divin, et de lui substituer toujours quelques termes généraux d'honneur et de respect quand ils ont voulu parler de Dieu. «Il ne m'est pas permis de prononcer ce nom auguste, dit Joséphe ( Ant, liv, IT, ch. xii) en parlant du nom de Dien révélé à Moise. »

Ce respect extraordinaire des Juifs pour le nom propre de Dieu, qui va 1néme jusqu'à éviter de le jamais prononcer pour quelque raison que ee puisse être, durait encore dit temps de la ponctuation inventée par les Massorètes, qui, conformément à l'usage de leur temps (auquel méme, dans les synagogues, quand on trouvait le mot Jéhovah, en lisant les livres saints, on lisait Adonai), s'avisérent de ponctuer ce mot, comme si véritablement il y avait Afdonai; si bien qu'encore aujourd'hui , dans toute l'Écriture, aux endroits où les auteurs inspirés ont mis le nom propre de Dieu, les Juifs y lisent, conformément à la poncluation des Massorétes, Jdonai, et ne prononcent jamais, pour quelque raison que ce puisse étre, ce nom ancien et respectable, Jéhova ; il est aisé de conclure de tout ce que je viens de dire qu'il est absolument impossible de fixer quelle. était l'ancienne et véritable prononciation du nom que Dieu révéla à Moïse,

Le Clerc semble approuver la conjecture de ceux qui croient que la véritable prononciation de ce nom était Jakaroh ou Jahvoh ; car, dit-il, les mots dont e sont servis quelques anciens pour faire connaitre le nom de Dieu révilé à Moïse approche plus de cette prononciation que d'aucune autre, Diodore de Sicile dit, par exemple, dans le premier livre de sa Bibliotheque historique, que « Moïse attribua ses lois à un Dieu qu'il nomma Zacó. »

Quelques commentateurs ont cru trouver dans le nom Jéhovah des caractères des trois temps, savoir: du passé, du présent.et du futur; comme si Dieu eût voulu marquer par là qu'il embrassait tous les temps dans son éternité : ils s'appuient de l'autorité de saint Jean, qui , dans l'Apocalypse , désigne Dieu par ces paroles : Qui est, qui erat, et qui venturus est.

Quoi qu'il en soit, il est certain que plusieurs anciens Péres, entre autres saint Clément d'Alexandrie, saint Grégoire de Nysse, Lactance , ont soutenu que Dieu n'asait point de nom.

« On ne saurait donner à Dieu, dit saint Justin , aucun nom particulier; car les noms ont pour objet la désignation et la distinction des choses multiples et variées,

« Mais si Dieu ne peut recevoir aucun nom particulier, son seul nom possible est celui qui exprime l'être en général. Z/ est celui qui est, Si son unité est inconcevable en elle-méme , on la conçoit comme le principe, la base de tout ce qui est, comme la racine de l'étre.»

COMMENTAIRE

Distance de la terre de Gessen au Sinai.

On assure, suivant la remarque de dom Calmet, qu'il n'y a que trois jours de chemin de la terre de Gessen au mont Sinai , en suivant le plus court chemin. Il est vrai, continue ce Pere, que les Israélites mirent un bien plus long temps à faire ce voyage; mais Moïse les y conduisit par divers détours et fort lentement.

Sur l'emprunt des femmes israéliles aux Égyptiens.

Sed postulabit mulier a vicind sud , et ab hospitd sud, Les Seplante, et contubernali sud ; Le Clere, et inquilini, Ce dernier observe sur ce passage que les Égyptiens avaient apparemment loué aux Israélites quelques maisons, dont ceux-ci étaient les propriétaires , et qu'ainsi ils demeuraient prés les uns des autres, on dans des maisons séparées, ou en différentes parties d'une méme maison, moyennant un cerlain prix que les Israélites recevaient des Egyptiens; c'est absolument dans ces bornes, suivant Le Clerc , qu'il faut resserrer ce voisinage et cette espèce de cobabilation dont l'Ecriture fait mention en cet endroit; car, ajoute-t-il, il ne faut pas s'imaginer trouver dans ce passage que les Egyptiens vivaient et mangeaient avec les Israélites, Le chapitre xri: de la Genèse nous apprend trop clairement que les Egyptiens regardaient avec horreur une telle société de table avec les Israélites,

Mais on pourrai! demander ici, ce me semble, en quel lien avait pu se former cette cohabitation entre les Egyptiens et les Israélites , de laquelle il est parlé dans le passage en question. Je croirais que plusieurs Egyptiens s'étaient transportés avec leur famille dans la terre de Gessen pour y présider aux travaux des Tsraélites, dont ils étaient comme les inspecteurs. Or, ces familles égyptiennes cohabitaient avec les Israélites; d'un autre côté, plusieurs Israélites avaient pu être obligés de xaquer à certains travaux hors de la terre de Gessen , où ils cohabitaient aussi avec les Egyptiens.

Et spoliabitis Egyptum, On a coutume de demander ici comment il s'est pu faire que Dieu ait commandé en cette occasion un vol aux femmes israélites, en leur disant d'emprunter des Egyptiens des vases d'or el d'argent, sans aucun dessein de les rendre jamais. Les uns répondent que Dieu dispensa en cette occasion les Hébreux de la loi qui défend le vol; d'autres veulent que, comme maitre absolu de toutes choses, Dieu transporta en cette occasion aux Israélites le domaine et la propriété des biens qui appartenaient auparavant aux Egyptiens , cofame il leur donna aussi la propriété du pays qui appartenait aux Chananéens. Le Clerc croit qu'on peut fort bien supposer que les Egyptiens donnèrent volontairement aux Israélites ces richesses dont il est parlé dans le verset en question , et sans aucune espérance de les retirer jamais de leurs mains, s'estimant même trop heureux d'être délivrés à si bon marché des maux que leur attirait la continuation du séjour des Israélites en Egypte. L'historien Joséphe pensait à peu prés comme Le Clerc quand il dit que « les Egyptiens donnérent en présents aux Israélites les richesses dont il est parlé dans l'Exode, les uns par l'impatience où ils étaient de les voir partir, les autres à cause de l'amitié qu'ils avaient pour eux. (Josèphe, liv. IE des Antiq., ch. xiv); » « Mais, dit dom Calmet , la supposition de Joséphe ne parait point d'accord avec l'Ecriture; l'Ecriture ne dit pas formellement que les Egvptiens ne furent point en cette occasion trompés par les Israëlites; mais aussi elle ne dit pas formellement qu'ils le furent. Or, dans ce silence du texte'sacré, n'est-il pas raisonnable d'admettre la supposition la moins révoltante? » D'ailleurs, les Israélites ne laissent-ils pas aux Égyptiens leurs maisons et leurs terres ?

COMMENTAIRE

Attributs el no:ns propres de Dieu d'apres les saintes Écritures.

« Voici, dit le Père Avrillon, les noms propres et originaux que Dieu s'est donnés à lui-méme dans l'ancien Testament, et qu'il a bien voulu mettre dans la bouche de ses prophètes pour les apprendre à son peuple, et ensuite à tous les Chrétiens. ll est bon de les citer tels qu'ils sont dans leur source originale, qui est le texte hébren; et c'est ainsi qu'en usa saint Jérôme à l'égard de sainte Marcelle, dans la lettre qu'il lui éerisit pour contenter l'ardeur qu'elle lui avait marquée de connaitre Dieu par ses propres qualités. Cet incomparable docteur et directeur tout ensemble, ne voulant rien avancer de lui-méme dans une matière si sublune et si délicate, donne les noms en hébreu, parce que cette langue sainte a des significations plus étendues, plus fortes et plus énergiques qne les autres langues. !l prend soin d'expliquer les dix noms de Dieu, qui etaient le plus en usage parmi les Juifs, noms qui nous marqueut chacun un attribut en particulier, Mais comme il est difficile de donner trop d'étendue à cette vaste matière, qui est inépuisable d'elle-méme ; entre plus de trois cents attributs de Dieu, que j'ai trouves dans l'Ecriture , j'en ai choisi trente et un des plus connus et des plus propres à faire naître ou à augmenter dans nos esprits et dans nos cœurs la connaissance et l'amour de Dieu,

= Celui de tous les noms divins qui est le plus usité, c'est Dieu ; il est dérivé du mot grec Theus, qui dans cette langue, au rapport de saint Jean de Damas, à plusieurs racines et plusieurs étymologies : «ar tantôt il signifie gouverner, présider ; tantôt brüler, enflammer, consumer; tantôt voir et contempler toutes choses.

Mais le plus sacré, le plus sublime, le plus auguste et le plus universel de tous les noms divins, est celui de Jéhovah, nom que saint Jéróme, saint Jean de Damas et Théodoret appellent ineffable, inexplicable, et que personne ne peut se vanter de pouvoir méme bien prononcer. C'est le nom original de Dieu, qui désigne son essence et ses grandeurs, et qui sert de base à tous les autres noms divins, Tl était méme en si grande vénération parmi les Hébreux, qu'il n'était permis à personne de le prononcer, excepté au seul grandprétre, quand il était dans le Saint des Saints, ou qu'il bénissait le peuple; de sorte que, quaud on parlait de Dieu, ou qu'on faisait la lecture en public ou en particulier, autant de fois qu'on rencontrait ce grand nom, on substituait à sa place celui d'Adonai, qui signifie Seigneur.

* Cependant le premier des noms divins qui fut prononcé d'abord de la bouche de Dieu méme, et ensuite par celle de Moïse, est celui-ct Eie ascher eie, c'est-à-dire en latin, Ego sum qui sum, et en francais : Je suis celui qui est. Il exprime le premier des attributs, qui est l'être de Dieu; et c'est de celui-là que nous tirons tous les autres, parece qu'il en est le principe; car nous pouvons dire: Si Dieu est, c'est-à-dire essentiellement par lui-même, il est un, et il ne peut y en avoir plusieurs; et il doit posséder éminemment toutes les perfections de l'Étre souverain: par conséquent il est vérité, il est bonté, il est vie, et le principe de la vie; il est infini, il est glorieux, il est grand, il est saint, il est éternel, il est immense, il est beau, il est pur, il est seul, il sait tout, il est sage, il est maitre absolu de toutes choses, il est immuable, il est aimable, riche, libéral, fort, doux, prudent, juste, miséricordieux, patient, zélé, ete.; et tout ce qu'il y a d'auguste, de grand et de parfait, lui doit être attribué,

« L'unité de Dieu est une suite naturelle de son être souverain et indépendant; elle est marquée précisément, dans le chapitre 1** de l'Ecclésiastique, par ce mot echad, qui signifie un et unique. Il n'y a qu'un seul Créateur, qui est le Trés-Haut : Unus est altissimus Creator, E

« La vérité de Dieu est exprimée dans le chapitre x du prophète Jérémie, par ce mot, nceman, qui signifie vrai, sincère. Le Sei-

gneur, dit ce prophéte, est un Diez véritable: Dominus au'em Deus verus est.

* La bonté de Dieu est signifiée par ce mot, nadheb, bon; il est tiré du psaume 72. Que le Dieu d'Israël est bon! dit le prophéte à ceux qui ont le cœur droit: Quam bonus Israël Deus, his qui recto sunt corde!

» La vie de Dieu, qui vient du mot hébreu ckajah, est tirée de ce jurement divin qui se rencontre si souvent dans l'Écriture, et qui est prononcé pour la première fois dans le chapitre xtv des Nombres: Je vis, dit le Seigneur : Five ego, dicit Dominus.

» L'infinité de Dieu est marqué: par ce mot, hadz, infini; il se trouve au chapitre vir de la Sagesse, où il dit : Dieu est un trésor infini aux hommes : Znfinitus enim est thesaurus hominibus,

* La gloire de Dieu, cahodh, qui veut dire glorieux, gloire, ou digne d'hommages, est rapportée par Daniel au chapitre rir. Qu'on sache, mon Dien, dit ce prophète, que vous êtes seul glorieux : T solus gloriosus.

* La grandeur de Dieu, elion , grand, sublime, est marquée au psaume 94, par ces paroles: Venez chanter des psaumes au Seigneur, parce qu'il est grand : Quoniam magnus Dominus.

La sainteté de Dieu, mucham, séparé, saint, sacré, est rapportée dans l'admirable Trisagion du praphete Isaie, chapitre vr, c'estádire trois fois saint. C'est le cantique que les anges et tous les bienheureux habitants de la céleste Jérusalem chantent incessamment et chanteront dans le Ciel pendant une éternité tout enliere,

* L'éternité de Dieu, ascher lebolam , je suis éternel, est écrite au chapitre xr d'Isaie, et au psaume 102, où David dit à Dieu: Seigneur, vous êtes Dieu de toule éternité, et vous le serez dans toute l'éternité : Ab eeferno et usque in æternum tu es Deus,

» L'immensité de Dieu, exprimée par ce mot, haghghacol, immense, est prise au chapitre 111 de Baruch. Dieu est grand, dit ce prophète, et il n'a point de fin; il est haut et immense: rcelsus. et Ummenstis.

* La beauté de Dieu, siguifite par ce mot, Japeheh, est tirée de ces paroles de l'Épouse des sacrés Cantiques, chapitre r: Que vous êtes beau, mon bien-aimé : Ecce tu pulcher. es, dilecte mi.

« La spiritualité de Dieu a été connue dès le premier chapitre de la Genèse, où il est dit que l'esprit de Dieu était porté sur les eaux, par ce mot, ruach, esprit, et dans ces paroles de Jésus-Christ à la Samarilaine : Dieu est un esprit : Spiritus est Deus,

« La pureté de Dieu, nali, pur, est rapportée au chapitre 1v de Job, par ces paroles : L'homme sera-t-il plus pur que celui qui l'a créé? Aut factore suo purior erit vir?

= La solitude de Dieu, Jachid, qui signifie seul, est louée en ces termes au chapitre tit de Daniel : Je sais, mon Dieu, que vous étes seul Seigneur : Quia tu es, Dominus, Deus solus,

» La droiture de Dieu, jaschar, qui signifie droit, est louée en ces lermes au psaume 24 : Dieu est doux et droit: Dulcis et rectus Dominus.

* La sagesse de Dieu, chacum, est répandue dans tous les livres sacrés, qui en portent le nom, et par ces paroles du chapitre xit des Proverbes : Moi, qui suis la sagesse, je préside au conseil: Ej sapientia habito in consilio.

» La science de Dieu, marquée par ce mot, dahat, est chantée par le roi-prophéte an psaume 138 : Seigneur, votre science s'est fait admirer par moi : Mirabilis facla es! scientia tua ex me,

» L'antorité de Dieu se trouve exprimée en mille endroits de Ja sainte Écriture, tantôt par ee mot, Adonai, qui signifie Seigneur; tantôt par celui d'Efoka, qui veut dire gouverneur et maitre; tantôt par celui d'Adhon, qui signifie souverain. Isaie dit au chapitre x : Vous êtes le Seigneur dominant : Dominator Dominus,

» L'immutabilité de Dieu, /a schinah, fut signifiée aux Israélites de la part de Dieu par le prophète Malachie , chapitre 111, quand il dit: Je suis le Seigneur, et je ne change pas; Fgo Dominus et non muto";

« L'amour de Dieu exprimé dans tous les livres sacrés l'est plus précisément dans le chapitre iv de la premiére Épitre de saint Jean, rechima, charité, amour. Dieu est charité : Deus charitas est.

» La plénitude de Dieu, melai , plein, surabondant, est dans le premier chapitre du prophète Isaie, où Dieu dit à ses peuples desobéissants : À quoi bon la multitude de vos victimes? Je n'en ai pas besoin , je suis plein : Quó mihi multitudinem victimarum vestrarum? Plenus sum.

« La libéralité de Dieu, haschir, libéral, se trouve dans le chapitre xxxii: du prophète Isaie, et au chapitre t0. de l'Épitre aux Romains, où le grand apótre dit que Dieu est riche en faveur de ceux qui l'invoquent : Dives in omnes qui invocant illunr,

» La force de Dieu, en hébreu, e/; Dieu fort, se trouve au chapitre xx dela Genèse, où Dieu dit de soi-méme : Je suis le Seigneur, le Dieu tres-fort : Ego sum fortissimus Deus.

« La douceur de Dieu est exprimée par ce mot, mathoe , qui signifie doux et clément; elle se trouve au psaume 24. Le Seigneur, dit le roi-prophete, est doux et droit : Dulcis et rectus Dominus.

» La providence de Dieu, exprimée en langue hébraique par ce mot maschil, est insinuée par le sage au chapitre v du livre de l'Ecclésiaste, quand il dit aux pécheurs libertins: Ne dites pas devant

L'EXODE, CHAPITRE IV

l'ange qu'il n'y a point de Providence: Ne dicas coram Angelo, non est Providentia,

= La justice de Dieu , exprimée par le mot hébreu tsaddeh, juste, est écrite au troisième chapitre de Tobie, où il est dit: Seigneur, vous êtes juste , et le roi-prophete le réple aussi dans plusieurs de ses psaumes : Justuses, Domine, et rectum judicium. tuum,

* La miséricorde de Dieu, exprimée par ce ‘mot channum, cst chantée dans tous les livres des prophètes et dans la plupart des psaumes de David : Le Seigneur est miséricordieux, et il fait miséricorde : Misericors e! miserator Dominus; et ce saint prophète, dans le psaume 135, prend plaisir à le répéter dans tous les versets.

» La fidélité de Dieu, signifiée par ce mot, niheiman, fidele, est rapportée en beaucoup d'endroits, et particulierement au psaume 144, où le prophete royal s'éerie : Le Seigneur est fidele dans toutes ses paroles: Fidelis Dominus in omnibus werbis suis,

= La patience de Dieu, appelée en hébreu nircha , est rapportée dans plusieurs prophètes, qui voulaient engager par là les pécheurs à faire penitence. Le Seigueur est fort et patient, dit le prophète : Fortis et patiens.

* Enfin le zele de Dieu, anna, qui signifie zcle, est pris du psaume 73, où le prophete dit: Seigneur, votre zele sera allumé comme le feu : Accendetur velut ignis zelus tuus.»

j CHAPITRE IV.

Miracles que Dieu fait en faveur de Moise. Moise retourne en Égypte. Circoncision de son fils. Aaron se joint à lui.

1. Respondens Moises, ait : Non eredent mihi, neque audient vocem meam, sed dicent : Non apparuit tibi Dominus.

2. Dixit erzo ad eum : Quid est quod tenes in manu tua ?j Respondit : Virga.

8. Dixitque Dominus : Projiee eam in terram : Projecit, et versa est in eolubrum , ita ut fugeret Moises.

4. Dixitque Dominus : Extende manum tuam, et apprehende eaudam ejus, Extendit, et tenuit : versaque est in virgam.

5. Ut credant, inquit, quod apparuit tibi Dominus Deus patrum suorum, Deus Abraham, Deus Isaac, et Deus Jacob.

6. Dixitque Dominus rursum : Mitte manum tuam in sinum tuum. Quam eüm misisset in sinum, protulit leprosam instar nivis.

7. Retrahe, ait, manum tuam in sinum tuum. Retraxit et protulit iterum, et erat similis carni reliquam.

8. Si non crediderint, inquit, tibi, neque audierint sermonem signi prioris, eredent verbo signi sequentis.

9. Quód si nec duobus quidem his signis crediderint , neque audierint voeem tuam : sume aquam fluminis, et effunde eam super aridam, et quidquid hauseris de fluvio, vertetur in sanguinem.

10, Ait Moises : Obseero Domine, non sum eloquens

Ÿ 1o. Hébr, : « J'ai la bouche pesante (ou embarrassée) et la Jangue lourde ( ou épaisse) ; » d'où l'on pourrait croire que impedi-

1. Moïse répondait, en disant: Ils ne me croiront point, ils n'entendront point ma voix ; mais ils diront : Le Seigneur ne t'est point apparu.

2. Le Seigneur lui dit : Qu'est-ce que tu tiens en ta main? 11 répondit : Une verge.

3. Et le Seigneur dit : Jette-la sur la terre. Illa jeta, et elle fut changée en serpent; de sorte que Moïse s'enfuit.

4. Et le Seigneur lui dit: Étends ta main et saisis sa queue. 1I étendit la main et saisit le serpent, et le serpent redevint une verge.

5. Afin qu'ils croient , dit le Seigneur, que le Seigneur, le Dieu de leur pére, le Dieu d'Abraham , le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, s'est manifesté à toi.

6. Et le Seigneur lui dit encore : Mets ta main dans ton sein. Et quand il l'eut mise dans son sein, il la retira couverte d'une lèpre blanche comme la neige.

7. Et le Seigneur dit : Remets ta main dans ton sein. Il la remit, puis il la retira, et elle était semblable au reste de son corps.

8. S'ils ne te eroient point, dit-il, et n'écoutent point la voix du premier signe, ils croiront à la voix du second.

9." Que s'ils ne croient pas ces deux signes et n'entendent pas ta voix, prends l'eau du fleuve, et répands-la sur la terre; et ce que tu puiseras dans le fleuve sera changé en sang.

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