‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 300 sur 1035 · Et eredidit populus. Audierunt * que quód visitas · texte numérisé non relu

Et eredidit populus. Audierunt * que quód visitas

set Dominus filios Israël, et quód respexisset afflictionem illorum : et proni adoraverunt.

X 31. Au lieu de audicrunt , les Sept. ont lu [eati sunt.

montagne de Dieu, et il l'embrassa.

28. Et Moise raconta à Aaron toutes les paroles par lesquelles le Seigneur l'avait envoyé , et les signes qu'il lui avait ordonné de faire.

29. Et ils vinrent ensemble, et ils réunirent tous les anciens des enfants d'Israël.

30. Et Aaron raconta toutes les paroles qne le Seigneur avait dites à Moise, et il fit les prodiges devant le peuple ,

31. Et le peuple crut, et tous comprirent que le Seigneur avait visité les enfants d'Israël et regardé leur affliction ; et, s'inelinant, tous adorérent.,

COMMENTAIRE

VERSET 6, Sur la lèpre.

Protulit leprosam instar nivis. Le Clerc observe ici qu'il y a plusieurs espèces de lépres, parmi lesquelles Ia plus difficile à guérir est celle dont parle ici Moïse, et qui rend la peau extrémement blanche, où plutôt pâle.

Résistance de Moise aux ordres de Dieu.

11 résulte done des paroles que Moïse adresse à Dieu dans ce verset 13 du chapitre 1v de l'Exode, que ec législateur, ne pouvant absolument se déterminer à accepter l'emploi que Dieu lui défere, le prie d'en charger quelqu'autre plus digne que lui; sur quoi quelques-uns blàment la résistance de Moïse aux ordres de Dieu, qui, en effet, parut désapprouver cette résistance, puisqu'au versel suivant on lit ces mots: /ratus Dominus in Moisen, ete.

Mais on a coutume d'exeuser ici Moïse, et d'attribuer sa résistance à sa modestie; et on veut que, lorsqu'au verset «4 le texte saeré dit que Dieu «se fácha con tre lui, » c'est une marque simplement que Dieu employa son autorité pour vaincre la modestie et la répugnance de Muise à entreprendre ce qu'il croyait au-dessus de ses forces , et nullement, en prenant les paroles du texte sacré au pied dela lettre, que Dieu bläma et taxa de péché la résistance de Moïse, Au reste, les anciens Peres ont cru que, dans le verset 13 que nous examinons, Moise demandait à Dieu la venue du Messie, qui, suivant l'opinion commune, est souvent désigné dans l'Écriture par le nom d'eneoyc.

Difficullés de la mission de Moïse.

* Jamais envoyé de Dieu, dit le Pere Touron , n'eut des marques plus sensibles de sa mission; jamais il ne dut plus compter sur l'assistance du Tout-Puissant, ni se promettre un succés plus complet. Ajoutens que jamais entreprise ne fut réellement plus difficile. Il

ne s'agissait pas seulement de rompre les fers de plusieurs millions d'esclaves, qui ne pouvaient ni porter leurs chaines, ni se résoudre à les quitter. 11 ne fallait pas seulement enlever tout un peuple à un autre peuple plus puissant, accoutumé à le tenir dans la servitude , résolu de ne le jamais lâcher, et intéressé à ne point perdre ses services, Tout cela présentait d'abord bien des obstacles, qu'il n'était point aisé de vaincre: ce n'était cependant là que les premieres difficiltés , et peut-être les moindres. »

Endurcissement de Pharaon.

« Et le Seigneur leur dit : Lorsque vous serez retourné en Égypte, ne manquez pas de faire devant Pharaon tous les miracles que je vous ai donné le pouvoir de faire; mais j'endurcirai son cœur, et il ne laissera point aller mon peuple, »

Cette expression , « j'endurcirai son cœur, » et autres semblables qu'on trouve en divers endroits des livres saints, ont beaucoup exercé les commentateurs. Est-ce que la justice et la sainteté de Dieu permettent, a-t-on dit, qu'il endurcise un pécheur par un acte direct et. positif? Non, sans doute. Il faut donc entendre ces paroles comme s'il y avait : « Je permettrai l'endurcissement » de Pharaon ; il est trés-ordinaire à l'Ecriture de dire que Dieu fait ce qu'il permet simplement, ou cc qu'il n'empêche pas.

Était-ce Moise que Dieu voulait tuer?

Et volebat occidere eum. Les uns rapportent cet eum à Moïse, et veulent que Dieu parüt en cetle occasion. avoir envie de tuer Moïse, parce qu'il avait négligé jusqu'alors de circoncire l'un de «es fils; d'autres rapportent cet eum au fils incirconcis de Moise. Le premier parait plus naturel eu égard à la narration de Moise ; le second parait mieux convenir avec la peine de mort décernée par l'ordre méme de Dieu contre tout. Israélite qui n'était pas circoncis au bout de huit

jours.

L'EXODE, CHAPITRE V

Instruments dont on se servait pour la circoncision.

Quant à ce que remarque le texte sacré qu'une pierre tranchaute fut l'instrument dont Séphora se servit pour circoncire, il n'en faut pas conclure qu'il y ait eu quelque coutume fixe sur l'instrument dont on devait se servir pour celle opération; mais suivant les pays où les Juifs habitaient, ils se servaient des iustruments tranchants usités dans ces pays, Or, il parait par le second livre d'Hérodote que l'usage des pierres tranchantes était commun en Egyple, où les emhaumeurs s'en servaient pour ouvrir le côté des cadavres qu'ils voulaient vider avant que de les embaumer. Moïse pouvait fort bien avoir de semblables pierres. Ce qui est certain, c'est que la loi n'a rien déterminé sur l'instrument dont on doit se servir pour circoncire, Aujourd'hui, les Juifs du Levant ne se servent que de couteaux , de cailloux; mais les Juifs d'Occident se servent de couteaux ordinaires ou de rasoirs.

La circoncision peut avoir servi de marque pour distinguer les Israclites, parce qu'elle n'était point en usage chez leurs voisins , quoiqu'elle fût pratiquée par les autres descendants d'Abraham et d'Isaac, d'Ismael et d'Fsaü ; mais il est indubitable qu'elle avait un sens plus relevé.

Qu'elle eût un sens plus relexé, c'est ce que nous apprenons dans les déclarations qui ont été si souvent renouvelées, qu'un cœur circoncis, un cœur qui se retranche tout désir et toute affection déréglée, est ce qui plait à Dieu. Ainsi il est raisonnable de croire que la circoncision vient de l'institution primitive qui a été faite immédiatement après la chute de l'homme, qu'elle a été conservée en différents lieux, particulièrement en Egypte, mais négligée dans le pays d'Abraham, où l'idolátrie commençait à régner; qu'ensuite elle a été renouvelée pour Abraham, lorsqu'il eut quitté son pass et qu'il fnt choisi pour être le père d'un peuple qui devait recevoir une nouvelle publication de la révélation primitive, La circoucision établie comme un mémorial de la chute d'Adam, pouvait être un avertissement de se tenir en garde contre la convoitise de la chair.

Caractère des prodiges de Moïse.

C'est-à-dire, suivant Le Clerc et dom Calmet, dout l'inierprétaton me parail ici trés-sensée, « Moïse donna aux Jsraélites des preuves de sa mission en changeant son báton en serpent, en faisant paraitre sa main couverte de lepre, et en changeant de l'ean du Nil en sang;» car Dieu avait ordonne à Moise de faire ccs trois miracles devant les Iraélites pour s'attirer leur confiauce, comme on a vu ci-dessus au commencement de ce chapitre,

Mais, dira-t-on, comment les sraëlites purentils prendre ces trois prodiges pour une preuve surnaturelle de la mission de Moisc? Car on verra ci-dessous que les magiciens, par leurs en chantements magiques, vinrent à bout, devant Pharaon, de changer des verges en serpents et de l'eau en sang. Pour la lepre de la main, qui est le second prodige, on ne voit pas qu'il soit plus extraordinaire que les deux autres; l'Ecriture marque méme au verset à de ee chapitre qu'il est moins extraordinaire que le “hangement d'eau en sang. Ainsi, dans un pays rempli de magiciens {qui donnaient sans doute tous les jours. quelque preuve de leur science dans leur art, dont tout le fin ne consistait probablement que dans une fourberie trésartistement déguisée), il ne parait pas que les Israélites dussent prendre pour autre chose que pour un magicien, peut-être plus adroit que les autres, Moise, qu'ils savaient d'ailleurs avoir été instrait dans toutes les sciences des Egyptiens, et à qui ils voyaient faire des choses extraordinaires, à peu prés semblables à celles qu'ils pouvaient avoir vu plusieurs fois se faire par des magiciens avérés, On peut répondre qu'aux prodiges que faisait Moïse se joignit l'éloquesce persuasive d'Aaron, qui, par la volonté de Dieu, était d'une force à laquelle on ne pouvait résister, et de plis, que les prodiges de 21cise étaient des prodiges réels et surnaturels, au lieu que ceux des magiciens n'étaient que supercherie et imposture, qu'on pouvait déconvrir avec un peu d'attention.

EEE

Page 1