‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 426 sur 1035 · Qui ait : Ostende mihi gloriam tuam · texte numérisé non relu

Qui ait : Ostende mihi gloriam tuam

19. Respondit: Ego ostendam omne bonum tibi *, et voeabo in nomine Domini coram te * : et miserebor cui voluero , et clemens ero in quem mihi placuerit.

20. Rursumque ait : Non poteris videre faciem meam : non enim videbit me homo, et vivet *.

y 11r. Josue filius Nun, puer.

C'est-à-dire minister, par un pléonasme très-familier à la langue hébraïque, Dom Calmet a interprété ce mot jeune. Cependant il convient que Josue avait alors cinquante ans, et plus.

Non recedebat de tabernaculo. C'est-à-dire , suivant le sens le plus naturel, gardait cette tente sacrée; et prenait garde que personne n'y entràt en l'absence de Moïse.

Ÿ 1:3. Hébr.: « Vous ne me faites point connaitre, »

X 13. On lit dans l'hébren, viam tuam ; dans le samaritain, vias fuas. Les Septante et la Vulgate supposent faciem tuam.

Ibid. Hébr. : « Afin que je sache que j'ai trouvé grâce devant vos yeux. »

Ibid. Hébr. : « Et considérez que cette nation est votre peuple, »

L'EXODE, CHAPITRE XXXIII

hors du camp, et l'appela le tabernaele du témoignage ; et tous ceux qui désiraient consulter le Seigneur allaient au tabernacle du témoignage, hors du camp.

8. Et, lorsque Moise allait vers ce tabernacle, tout le peuple se levait et chacun se tenait debout à l'entrée de sn tente , ct tous suivaient Moïse des yeux, jusqu'à ee qu'il fût entré dans le tabernaele.

9. Et, quand Moise était entré dans le tabernacle, la colonne de nuée descendait et s'arrétait à la porte; et le Seigneur parlait à Moise.

10. Tous, voyant que la colonne de nuée s'arrétait à l'entrée du tabernacle, se tenaient debout, et ils se prosternaient ensuite à la porte de leurs tentes.

11. Et le Seigneur parlait à Moise face à face, comme un homme parle à son ami ; et, lorsque Moise retournait au camp, le jeune Josué, fils de Nun, son serviteur, ne quittait point le tabernacle.

12. Or, Moise dit au Seigneur : Vous me commandez de conduire ce peuple, et vous ne me dites pas qui vous enverrez avec moi ; et vous m'avez dit : Je vous connais par votre nom, et vous avez trouvé grâce devant moi.

13. Maintenant donc, si j'ai trouvé grâce devant vous, faites que je vous voie et que je vous connaisse, et que je trouve toujours gráce devant vos yeux. Soyez propice à cette multitude, votre peuple.

14. Et le Seigneur dit : Je marcherai moi-méme devant vous, et je vous donnerai le repos.

15. Si vous ne marchez vous-même devant nous, reprit Moise, ne nous faites point sortir de ce lieu.

16. Car, à quoi connaitrons-nous que nous avons trouvé gráce devant vous, moi et votre peuple, si vous ne marchez avec nous, afin que nous soyons glorifiés par tous les peuples qui habitent sur la surface de la terre?

17. Or, le Seigneur dit à Moise : Je ferai encore ce que tu as demandé ; car tu as trouvé grâce devant moi, et je te connais par ton nom.

18. Moise dit : Je vous supplie de me faire voir votre gloire.

19. Dieu répondit : Je ferai passer toute ma gloire devant toi, et je prononeerai en ta présence le nom du Seigneur; car je ferai grâce à qui je voudrai, et miséricorde à qui il me plaira.

20. Mais tu ne pourras voir ma face; ear l'homme ne me verra point sans mourir.

X 16. Hébr. autr. : « Ensorte que nous soyons distinzués de tous les peuples. »

Y 19. Ego ostendam omne bonum tibi, Je vous donnerai toutes les marques de ma bienveillance que vous pourrez souhaiter.

Et vocabo in nomine Domini coram te. Le Clerc, et clamabo nomen Jehova coram te. C'est-à-dire, « je vous montrerai un rayon de ma gloire, puisque vous en avez envie; el dans ce moment là méme, je vous ferai entendre le nom sacré de Jéhovah, qui vous servira comme de signal de la présence de cetle gloire, que vous avez tant d'envie de voir.

$ 20. Dieu confirme ici l'opinion où l'on croit, « qu'un homme vivant ne pouvait vivre après avoir vu Dieu, »

COMMENTAIRE

21. Et iterùm : Eece, inquit, est locus apud me, et stabis suprà petram *.

22. Cumque transibit gloria mea, ponam te in foramine petra ,et protegam dextra mea, donec transeam ;

23. Tollamque manum meam, et videbis posteriora mea , faciem autem meam videre non poteris.

X 2:1. Mébr. autr. : « Voici un lieu prés de moi; vous vous

21. Et il ajouta : Voici un lieu prés de moi : tu te tiendras là sur ce rocher.

22. Lorsque ma gloire passera, je te placerai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que ma gloire soit passée.

23. Ensuite je retirerai ma main, et tu me verras par derrière, mais il ne te sera point donné de voir ma face.

tiendrez là sur ce rocher, »

COMMENTAIRE

Raison de la conquéle des Chanancens.

De quel droit, disent les iucrédules, les Israélites ont-ils dépouillé, chassé, exterminé les Chananéens, pour s'emparer de leur pay s? Cette conquéte est aussi injuste par la forme que pour le fond , puisque les Israélites y exercerent des ernautés inouies; l'attribuer à un ordre expres de Dieu, supposer qu'il y a méme contribué par des miracles, c'est blasphémer, Voyons si les déclamaticns auxquelles on s'est livré si souvent sur ce sujet sont bien fondées.

1? Les Israéliles étaient sous le joug de la nécessité, Ils avaient été forcés par la tyrannie des Égyptiens à sortir de l'Égypte, ils ne pouvaient subsister naturellement dans un désert inculte "t stérile, ils ne pouvaient se procurer une habitation e des terres à cultiver que l'épée à la main et aux dépens de leurs voisins. De tous ks motifs qui peuvent autoriser une guerre et une conquête, nous défions nos adversaires d'en alléguer un plus légitime,

2° Les différentes peuplades de Chananéens ne possédaient pas la Palestine à un titre plus juste que les Israélites; pendant quatre cents ans elles n'avaient cessé de se disputer et de s'arracher leurs possessions, Les Amorrhéens avaient enlevé une partie du terrain des Moabites; les Tduméens avaient pris sur les Horréens le pays de Sir, et avaient passé ce peuple au fil de l'épée; les habitants de Caphtorim avaient exterminé les Hévéens qui possédaient le canton de Hassérim jusqu'à Gaza. Les Moahites s'étaient emparés du pays des Emim, et les Ammonites de celui des Zomzommim, après avoir éteint ces deux nations, ( Num. €. xxrr, XY. 26; Deut. c. m) Dieu voulait leur apprendre que c'est à lui de distribuer les différentes contrées de la terre à qui il lui plait, Si tous les peuples avaient mieux relenn cette vérité, il y aurait eu moins de sang répandu dans toute la suite des siècles, |

3° Les Chananéens furent agresseurs à l'égard des Israélites , ils n'attendirent pas qu'ils fussent attaqués. Les Amalécites, les Iduméens,, les rois de Madian, de Moab et d'Arad, les Amorrhéens et les Ammonites allérent au devant des Hébreux et leur présentérent le combat. (Num. e. xx, xxt, xxtr.) Ceux-ci étaient dene obligés, ou de reculer dans le désert, ou de passer sur le ventre à tous ces ennemis. Les Chananéens avaient plus de terres qu'il ne leur en fallait, mais ils n'étaient pas disposés à en céder la moindre partie. !

4° Dieu ne laisse point ignorer les raisons pour lesquelles il ordonne de les exterminer, ce sont leurs crimes, l'idolètrie, les superstitions de toute espèce, les sacrifices de vietimes hamaines et de leurs propres enfants, l'impudieité la plus grossière, des cruautés inouies, etc. ; et il menace les Israélites de les détruire à leur tour, s'il leur arrive d'imiter ces abominations. Mais Dieu avait accordé

aux Chananéens quatre cents ans pour se corriger. Lorsqu'il promet

au patriarche Abraham de donner la Palestine à sa postérité, il lui déclare que cela ne s'exécutera que dans quatre cents aus, parce que les iniquités des Amorrhéens ne sont pas encore parvenues à leur comble, (Gen. c. xv, à, 16; Sap. c. x11.) Puisque ces peuples étaient incorrigibles, ils méritaient d'être détruits.

5° Lorsque Dieu a résolu de punir une nation, il est le maitre de se servir du fléau qu'il juge à propos, d'une famine ox d'une conlagion, des traits de la foudre ou de l'épée d'un conquérant ; quelle que soit la manière dont il frappe, c'est une impiéte et une absurdité d'aceuser sa justice, De tous les fléaux , la guerre est encore celui qui laisse le plus de lieu à la résipiscence et au repentir. Les miracles qu'il plut à Dieu de faire à cette occasion en faveur des Israélites. étaient justement ce qui aurait dà. convertir les Chananéens, (Josué, c. tt, 3. 10).

6% Quant à la manière, on sait comment se faisait la guerre chez les peuples anciens, sans quartier et sans rien épargner. Ainsi en agissaient les Chananéens eux-mêmes, aisi en ont usé les Grecs contre les nations qu'ils nommaient barbares, les Romains contre les Perses et contre les penples du nord, ceux-ci à leur tonr contre les Romains ; ainsi se traitent encore les nations sauvages. Si celleg de l'Europe connaissent mieux le droit des gens et le violent plus rarement, c'est à l'Evangile qu'elles en.sont redevables ; toutes celles qui ne sont pas chrétiennes sont encore aussi farouches à la guerre que les peuples anciens.

Mais on suppose trés-faussement que les Israélites commencèrent par tout détruire, Les victoires furent poussées de proche en proche et continuées pendant longtemps. La conquéte ne fut achevée que sons les rois, quatre cents. ans aprés Josug,

VERSET 178, Sur la demande de Moise.

» Enfin Moïse dit au Seigneur : Je vous supplie de me faire voir votre gloire. »

Ostende mihi gloriam tuam. Le Clere traduit comme la Vulgate, On croit communément que Moïse demandait à Dieu de lui déconvrir d'une maniere sensible la majesté de son visage, et la. glaire qui l'accompagne.

La suite de la narration de Moïse ne permet pas de douter que Moise, par ces paroles , Ostende mihi gloriam tuam , demande à Dieu qu'il lui fasse voir quelqne signe sensible de sa présence plus frappant et plus magnifique que tout ee qu'il avait pa voir jusqu'alors: il parait que Moïse demandait à Dieu cette faveur, afin qu'elle lui servit de preuve et de gage que Dieu voulait bien consentir à accompagner les Israélites en personne , comme auparavant. '

Sur la personne qui parle à Moïse.

Selon l'opinion commune, c'est le Verbe divin qui parle à Moïse, et ce qu'il lui dit renferme un sens profond et mystérieux : vous ne

L'EXODE, CHAPITRE XXXIV

pouvez voir mon visage; vous ne pourriez supporter l'éclat de ma gloire, si je me présentais à vous en face et par devant, tel que je suis dans le sein de mon père avant tous les siècles; mais vous me verrez par derrière, tel que je serai dans des temps postérieurs, lorsque je couvrirai ma gloire sous le voile de l'humanité.

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