‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 47 sur 1035 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

12. Et la pluie tomba sur la terre durant quarante jours et quarante nuits.

13. En ce jour-là méme, Noé entra danssl'arche avec ses fils, Sem , Cham et Japhet , sa femme et les trois fepmes de ses fils avec lui ;

14. Eux et tout animal selon son espèce, et tous les animaux domestiques selon leur espèce, et tout ce qui se meut sur la terre selon son espèce , et tous les oiseaux du ciel selon leur espèce, tous les oiseaux et tout ce qui s'élève dans l'air,

15. Entrèrent avec Noé dans l'arche deux et deux de toute chair en qui était l'esprit de vie.

16. Etce qui entra était mâle et femelle de toute chair, comme le Seigneur l'avait ordonné à No ; et du dehors le Seigneur ferma la porte de l'arche.

17. Il se fit un déluge de quarante jours sur la terre ; et les eaux se multipliant, élevèrent de terre l'arche jusque dans les airs.

18. Elles se répandirent violemment , et couvrirent tout sur la face de la terre : or, l'arche était portée sur les eaux.

19. Et les eaux monterent fort au-dessus de la terre, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel furent inondées.

20. L'eau s'éleva de quinze coudées au-dessus des montagnes qu'elle avait couvertes.

21. Et toute chair qui vivait sur la terre fut détruite, oiseaux, animaux sauvages, animaux domestiques, et tous les reptiles qui rampent sur la terre ; et tous les hommes,

22. Et tout ce qui avait un souffle de vie sur la terre mourut.

23. Et le Seigneur détruisit toutes les créatures qui étaient sur la terre, depuis l'homme jusqu'à la béte, depuis le reptile jusqu'aux oiseaux du ciel; tout fut détruit sur la terre; et Noé resta seul, et ceux qui étaient avec lui dans l'arche,

24. Et les eaux couvrirent la terre durant cent cinquante jours.

produit, I1 faut done nécessairement recourir à un miracle pour l'expliquer,

Ibid, Toutes les nations ont conservé le souvenir de la terrilile catastrophe du déluge. ( Poyez Eusth., Prépar, évang., l. X, ch. xt, p. 4145 liv. XIE, ch. xv, p. 587, 61. Colon., 1688. Plato, de Legib,, liv. HI, Oper., tom. VIII, p. 122. Lucian, Samsfat, de Syria dec. Essai sur les hicroglyphes des Égyptiens, t. IT, p. 508. Le Chou-King , ouvrage recueilli par Gonfucius, traduit par le père Gaubil, revu par M. de Guignes. Ais. univ, traduit de l'anglais, t. 1, p. 159. M. de Humboldt, Fue des Cordillières et monuments de lAmcrique , t. 1, pag. 114. P'oyage des missionnaires anglais à Othaiii,

X 13. On peut encore traduire l'hébreu , en plein jour.

X 23. 11 faudrait peut-être lire dans l'hébreu, comme les Septante et la Vulgate l'expriment au chapitre précédent, Y 7: « depuis celles qui rampent jusqu'à celles qui volent dans l'air, »

COMMENTAIRE

COMMENTAIRE

Des animaux purs ct impurs.

Les paroles de ee verset ont deux sens. Le premier : « Prenez de chaque animal pur sept mâles et sept femelles, et des impurs deux mâles et deux femelles.» Le second :« Faites entrer dans l'arche les animaux purs sept à sept, en sorte qu'en chaque espece il y en ait deux, un mâle et une femelle, pour conserver l'espèce, deux pour les offrir en sacrifice, deux pour servir de nourriture aprés le déluge, et le septieme, qui était un mâle, pour être offert à Dieu en holocauste , comme Noé fit en sortant de l'arche, »

Ce second sens, qui est suivi par un plus grand nombre d'interprètes, parait plus probable et il est plus aisé en le suivant de comprendre comment l'arche a. pa contenir tant d'animaux, parce qu'alors il y en aurait une fois mains.

« Faites entrer les animaux impurs deux à deux, un mâle et une f. melle (hébreu, ina), » On voit, par ces paroles, qu'il y a eu une distinction des animaux purs et impurs avautla loi de Moise, non pour discerner eeux que l'on pourrait manger, les hommes apparemment n'ayant mangé de la chair des animaux qu'après le déluge, mais pour marquer ceux que l'on devrait offrir à Dieu.en sacrilice.

Rassemblement des animaux.

D'abord on peut croire qu'avant le déluge, la température se trouvant trés-différente de ce qu'elle est maintenant, quelqnes animaux pouvaient vivre dans des climats où ils ne sauraient plus maintenant subsister ; ainsi l'on peut supposer, sans qu'on puisse démontrer le contraire, que tousces animaux avaient été rassemblés, par une Providence spéciale, dans les envirous du lieu où se tronvait Noé. Dans l'hypothèse méme que quelques espèces vécussent loin de lui, il avait assez de temps et de ressources pour se les procurer, Un homme riche qui a cent ans pour trüvailler à ses recherches se procurerait, dans un temps encore moindre, une ménagerie de toute espèce d'animaux ; et, st la chose n'est pas possible naturellement, qui empêche de dire que le. Dieu qui, apres la création, les amena tous devant Adam pour recevoir leurs noms, les amena une seconde fois devant Noë pour être conservés dans l'arche? « Cette puissance, dit très bien Schenchzer, qui conduit encore chaque animal à sa páture, qui gouverhe ces automates. sjvants, qui les garantit de ce qui pourrait leur noire, qui les foit se multiplier par l'accouplement du mâle et de la femelle, cette méme puissance, par un commandement tout à fait extraordinaire, forma une assemblée d'animaux jusqu'alors mouie, afin de les sauver de la ruine dont ils étaient menacés. Ponssées par un instinct secret et un mouvement inconnu, ces bêtes sortent des forèts, des montagnes, des cavernes , du plus profond des eaux; elles cherchent Noé, ce père du monde futur, et lui demandent la vie sans savoir pourquoi : en cela plus prudentes que ces mortels impies qui, pendant l'espace de cent vingt ans, avaient eu tout le temps de prévoir et de prévenir leur funeste catastrophe, »

Quant au retour des animaux dans leurs pays respectifs, il s'opé-

ra par l'effet de la méme Providence speciale qui les avait rassemblés. Ce qu'il y a de difficile, c'est de savoir comment ils purent se repandre dans le continent d'Amérique et dans les iles dont 1-: mers environnantes sont parsemées, D'abord, on conçoit comment ils ont pu pénétrer en Amérique; car il parait trés-vraisemblable qu'elle temit autrefois an continent d'Asie, et qu'elle en a été séparée par un tremblement de terre, Dans le cas où la séparation aurait toujours existé, le détroit, qui n'est que de quelques lieues, a pur être traversé en canot. Quant aux autres iles, les hommes ont pat parcillement y venir dans des barques et y apporter des animaux. On peut eneore supposer que ces iles, ou tenaient à la terre ferme, ou n'en ^taient pas autant séparées qu'a présent; ce qui aurait rendu trés-z:see la communication, qui parait maintenant trés-difficile. Enfin, si l'on ne voulait absolument admettre que quelques especes , qui nese trouvent maintenant qu'en Amérique, v eussent été transportées depuis le déluge, il y aurait moins d'inconvénient à dire que le. délage n'a pas été rigousement universel, et que quelques pointes des montagnes d'Amérique ont été exemptes de l'inondation, que de révoquer en doute la vérité de l'histoire de Moïse. Une si petiteexceptior ne serait pas contraire à l'universalité d'expression dont Moise «+ sert, et l'eau aurait surmonté les plus hantes montagnes d'Asie sans snhmerger la. pointe des montagnes dn. Pérou, qui sont plus levées. C'est ce que dit Michaélis dans son Commentaire sur l'Anciea-Testament.

Le déluge, d'après la chrorologie la plus généralement adoptée, est arrivé l'an de Noé Gao, l'an du monde 1658, avant J.-C. 2348, le dix-septiéme jonr du second mois de cette année-là qui répond au huitieme de notre mois de décembre.

Le grand abime.

Les sources du grand abíme d'eau furent rompues. Le grand abime d'ean marque la mer avec tous les fleuves qui en sortent, et toutes les caux cachées sous terre, qui par des conduits secrets tiennent à la mer : et comme ce grand abime se partage en diverses sources, qui sont les fleuves, toutes ces sources séparées furent réunies, toutes les mers et 1005 les fleuvesse débordèrent en inéme temps ; les eaux, cachées sous la terre jusqu'alors, en sortirent par de nouvelles ouvertures, el toute la face de la terre en fut inondée.

Les cataractes du ciel farent ouvertes, Tout ce qu'il y avait. d'eau dans les nées tomba tont d'un coup; et ces mers suspendues fondirent subitement sur la terre, et y. formérent comme une seconde mer, outre celle dont elle était déjà couverte,

Le récit du déluge d'accord avec la nature.

M. de Luc, savant physicien, et l'un de ceux qui ont ohserté [a face du globe avec le plus d'attention, s'est attaché à prouver que le livre de la Genèse est la véritable histore naturelle du monde ; qu'aucun des phénomènes cités par les philosophes pour contredire la narration de Moïse ne prouve rien contre elle, mais sert plutôt

COMMENTAIRE. 59

toutes les nations d'Oecilent, est le rosaume le plus anciennement cisilisé de tous ceux qui entourent la Méditerranée, Le législateur des Juifs n'avait aucun motif pour abréger la durée des nations: et il se serait déeredité Ini-iméóme aupres de la sienne, s'il lui eát enseigné une histoire toute contraire à celle qu'elle devait avoir apprise en Egypte.

* Tl y avait donc tout lieu de eroire-que l'on n'avait point alors en Égypte d'autres idées sur l'antiquité des. peuples existants que celles que la Genèse présente.

* Or, Moïse établit une catastrophe générale, une irruplion des eaux , une régénération presque lotale du genre bumain;et il n'en fait remonter l'époque qu'à quinze où seize siècles avant lui, selon les textes qui allongent le plus eet intervalle , par conséquent à moins de eiuq mille ans avant nous.

“ Les mémes idées paraissent avoir régné en Ghaldée, puisque Bérase, qui écrivait à Babylone au temps d'Alexandre, parlait du déluge à peu prés comme Moïse, et qu'il le plaçait immédiatement avant Bélus, pere de Ninus.

* On ne voit pas que-Saneheniathon en ait parlé dans son Aiatoire de Phénicie, quelle que puisse être l'authenticité de ce livre : cependant on parait y avoir eru en -Syric, puisque l'on montrait, dans un temple d'Hiérapolis, à-une époque tres- posterieure, il est vrai, l'abime par où l'an prétendait que Jes eaux s'étaient écoulées,

* Quant à PÉgypte mème , on pourrait eroire que-cette tradition y fut effacée, puisque l'on n'en-retrouve plus de trace expresse dans les plus anciens fragments qui nous restent.sur ce pays. Il est. vrai qu'ils sont tous postérieurs à la dévastation de Gambyse, et que leur peu d'accord entre eux prouve bien qu'ils. sont urés de documents mutilés; ear il est impossible d'établir le moindre rapport vraisezmnblable entre les listes des rois d'Égyple-éerites par Hérodote sous Artaxerxés, par Ératosthène et'Manéthen sous Piolémée , et par Diodore sous Auguste : on ne pent pas même accorder. entre eux les différents extrails tirés de Manéthon. Cependant la mythologie égyptienne, au defaut de l'histoire, semble encore rappeler ces grands événements dans les aventures de Typhon et d'Osiris ; et méme, si les prétres de Sais ont réellement fait à Solon les contes que rapporte , apres lui, Critias dans Platon, il faudrait eroire qu'ils avaient conservé des notions plus précises d'une grande révolution, quoiqu'ils en fissent remonter l'époque beaucoup plus haut que Moise. Ils avaient mème établi en théorie une. alternative de révolutians,

à la confirmer, qu'aucun dessystemes de cosmogonie qu'ils ont imaginés ne peut se soutenir. Il fast remarquer qu'un anteur juif n'a pu avoir assez [^ connaissance de la physique et de l'histoire naturelle pour composer un récit de la création et du déluge, aussi bien d'accord avec les phénomènes que celui de Moïse. I1 faut donc que Moïse ait $e instruit on par une révélation immédiate, ou par une tradition wes-certaine qui, par la chaine des patriarches, remontait jusqu'à la création. ( Lettres sur l'histoire de la terre et de l'homme. )

Insuffisance de huit personnes pour soigner tant d'animaux.

Cette difficulté, qui, au premier abord!, parait emlarrassante , s'é- *anos rait vraisemblablenent si nous congaissions tous les avantages des cornparüments intérieurs de l'arche. D'abord, il parait certain que ic nombre des espèces primitiwes est tres-borne. Wilkins n'en cunpte en lout que trois cenis. Parmi oes especes, il y en a plusieurs qu mangent la méme nourriture, et. qu'on à pu mettre, par constquen'. dans des cases conligues, où peut-être mème dans la méme étable, Il peut se faire encore qu'avant le déluge tous les animaux fient été frugivores , oni que, pendant le temps du déluge , ils le soient devenus, comme le prélendent Surrm et Hochard. On peut encore supposer que l'eau découlait dans les auges des animaux par des canagx qui. la recevaient du toit, disposé en plat-bord , et l'eau déeoulant du toit aurait élé aisément introduite dans les étables pour ks nettoyer. Nous pouvons supposer tout cela, puisque Moise n'a rien determine; et Lon voit ainsi que le soin de cette. menagerie, distribué à huit personnes, n'est pas au-dessus de leurs forces. llfaet enfin remarquer que ces huit personnes avaient reçu du Seiges toute l'intelligence, tout le zele et tout le courage nécessaires pour cxeculer le commandement divin. !

Les eaux couvrirent la terre pendaut cent cinquante Jours, à

compter du premier jour de la pluie, c'est-à-dire pendant cinq ts.

a * a * * les unes opérées par l'eau, les autres par le feu; idée qui fut aussi répandue chez les Assyriens et jusqu'en Étrurie,

APPENDICE. » Les Grecs, chez qui la civilisation arriva de Phenicie et d'É-

gypte, et si tard, mélangèrent les mythologies phénicienne.et égyptienne, dont on leur avait apporté des notions -confuses , avec. les traits non moins confus de leur première histoire. Le soleil pensonnifié, nommé .4mmon , ou le Jupiter d'Égypte, devint un. prince de Crète ; le Phiha ou artisan de toutes choses ; fut l'Hephesus ou Valcain, un forgeron de Lemnos ; lei Cham , autre symbole du. soleil ou de Ia force divine, se transforma: en un héros thébain. robuste, leur Héraclés ow Hercule ; le cruel: Moloeh des Phéniciens ,de Remphale des Égyptiens , fut le Chronos ou le Temps, qui déxorait ses enfants, et ensuite Saturne, roi d'Halie.

«S'il arriva, sous quelqu'un de leurs princes, une inondation un peu violente, ils la décrivirent dans la suite avec loutes les circonstances, vaguement restées dans leur mémoire, du grand cataclysme; , et ils firent: repeupler la terre: par Deucalion , tout en laissant une : longue postérité à son onele Atlas.

»' Mais l'incohérence de ces réeits , qui atteste la barbarie et l'ignorance de tous les peuples des bords de la Méditerranée, atteste également la nouveauté de.leurs établissements; et cetle nouveguté est elle-méme une forte preuve d'une grande catastrophe. On nous parle bien en Égypte de-centaines de siècles :-mais- c'est avec des dieux et des demi-dieux qu'on les-remplit. Il est ; pour ainsi dire, prouvé aujourd'hui que la suite d'années et de rois humains que

Le morceau suivant de Cuvier sur le déluge complettera les preuv de l'amthentiaté du récit de Moise sur cette grande catastrophe :

La nature nous tient partont le méme langage, partout elle nous dit que l'ordre actuel des choses ne remonte pas trés-haut; et, ce qui est bien remarquable, partout l'homme nous parle comme la nature, soit que nous consultions les vraies traditions des peuples, soit que nous examinions leur état moral et politique, et le développe- | mt! intellectuel. qu'ils avaient atteint au moment-oü commencent les monuments authentiques.

*loterrogeons en effet l'histoire des nations ; lisons leurs anciens livres ; essayons d'y reconnaître ce qu'ils contiennent de faits réels, et de l'y dégager des. fictions intéressées qui y masquent la vénté,

* Le Pentateuque existe sous sa forme actuelle au moins depuis le slusme de Jéroboam , puisque les Samaritains le reçoivent comme les Juifs ; c'est-à-dire qu'il a maintenant , à coup sûr, plus de deux | mile huit eents ans.

ll n'y a nulle raison pour ne pas attribuer la rédaction de la Genese à Moïse lui-même ; ce qui la ferait remonter de cinq cents is plus haut,

* Mose et son peuple sortaient de l'Égypte, qui, de l'aveu de

l'on place parmi les demi-dieux et avant l'envahissement des pasteurs tient à ce que l'on regarde comme des rois successifs les chefs de plusieurs états contemporains.

« Macrobe assure que l'on avait des recueils d'observations d'éclipses, faites en Égypte , qui supposeraient un travail continué sans interruption depuis au moins douze cents ans avant Alexandre. Mais comment Ptolémée n'a-t-il daigné se servir d'aucune des ces observalions faites dans le pays où il écrivait ?

« Y n'y avait point encore de grand empire en Asie du temps de Moïse; et les Grecs eux-mêmes, malgré leur facilité à inventer des fables, n'ont pas pris la peine de se fabriquer une antiquité. Les plus anciens colons d'Égypte ou de Phénicie qui vinrent les arracher à un état sauvage ne remontent pas à plus de quatre mille ans avant le temps présent, et les plus anciens des auteurs qui en parlent ne datent pas de trois mille. Les Phéniciens eux-mêmes n'étaient en Syrie que depuis pen , quand il firent des établissements en Grèce. C'est aussi à quatre mille ans que remontaient les observations des Chaldéens , envoyées à Aristote par Callisthene , si ce fait, qui n'est rapporté que par Simplicius, six cents ans apres Aristote, avait quelque chose d'authentique, ce qui est fort douteux, puisque les observations chaldéennes d'éclipses , réellement conservées et citées par Ptolémée, ne remontent qu'à deux mille cinq cents ans. Quoi qu'il en puisse étre, l'empire de Babylone et celui d'Assyrie n'ont pu étre longtemps puissants, et laisser autour d'eux de pelites peuplades libres comme étaient toutes celles de Syrie, avant ce qu'on appelle le deuxieme royaume d'Assyrie. Les milliers d'années que s'attribuent les Chaldéens sont donc tout aussi fabuleux que ceux des Égyptiens, eu plutôt ce ne sont que des périodes astronomiques, calculées en rétrogradant , d'après des observations inexactes; ou méme de simples cycles arbitraires , et multipliés par eux-mêmes,

« Les plus raisonnables des anciens n'ont pas eu d'autres idées , et ne font pas remonter à plus de quarante et quelques siècles leur Ninus et leur Sémiramis, premiers des conquérants, et après lesquels l'histoire garde un long silence ; ce qui fait soupconner qu'ils pourraient bien encore n'étre que des créations poslérieures des historiens.

« Nos connaissances, notre civilisation actuelle, descendent sans interruption des Égyptiens et des Phéniciens par les Grecs et. par les Romains : les Juifs nous ont donné immédiatement nos idées plus épurées de morale et de religion; quelques traits de lumière nous sont aussi venus, par eux et par les Grecs, des Chaldéens , des Perses et des Indiens ; et, chose bien remarquable, ees peuples ne for. ment qu'une race : ils se ressemblent par les traits du visage, et méme par une infinité de choses de convention, telles que leurs divinités, les noms de leurs constellations, enfin jusque dans le fond de leurs langages.

«Ceux d'entre ces peuples dont la civilisation est peut-être la plus ancienne et parait avoir le moins varié dans ses formes, ceux qui probablement sont encore les plus voisins de son berceau, les Indiens, n'ont malheureusement point d'histoire; et, parmi cette infinité de livres de théologie mystique ou de métaphysique abstruse qu'ils possedent, ils n'ont rien qui puisse nous instruire avec ordre sur leur origine et sur les vicissitudes de leurs sociétés. Leur Maha- Barata , ou prétendue grande histoire, n'est qu'un poéme; leurs Pouranas ne sont que des légendes; et l'on a eu beaucoup de peine, en les comparant avec les auteurs grecs et romains, à établir quelques lambeaux d'une espéce de chronologie interrompue à chaque instant, et qui ne remonte pas plus haut qu'Alexandre,

« Il est prouvé aujourd'hui que leurs tables astronomiques, d'où l'on voulait déduire leur extréme antiquité, ont été calculées en rétrogradant; et l'on vient de reconnaitre que leur Suria Siddhanta, qu'ils regardent comme leur plus ancien traité scientifique d'astronomie, et qu'ils prétendent révélé depuis plus de deux millions d'années, ne peut avoir été composé qu'il y a environ sept cent cinquante ans.

COMMENTAIRE

* Les livres sacrés, où Fedas, à en juger par le calendrier qui s'y trouve annexé et auquel ils se. rapportent , et d'après la posiüon de colures que ce calendrier indique, peuvent remonter à trois mille deux cents ans; ce qui serait à peu près l'époque de Moise,

» Cependant les Indiens n'ont point totalement oublié les révolutions du globe; leur théologie consacre les destructions successives que sa surface à déjà essuyées et doit essuyer encore; et ce n'est qu'à un peu moins de cinq mille ans qu'ils font remonter la dernière : l'une de ces révolutions est méme décrite dans des termes presque correspondants à ceux de Moïse.

* Ce qui n'est pas moins remarquable, c'est que l'époque où ils placent le commencement de leurs souverains humains (ceux de la race du soleil et de la lune) est à peu près la méme que celle où l'on fait commencer ceux des Assyriens, environ quatre mille ans avant le temps présent.

= Il est inutile de consulter, sur ces grands événements, les peuples les plus méridionaux, tels que les Arabes et les Abyssins : leurs anciens livres n'existent plus ; ils n'ont d'histoire que celle qu'ils se sont faite récemment, et qu'ils ont modelée sur la Bible. Ainsi, ce qu'ils disent du déluge est emprunté de la Genèse, et n'ajoute rien à son autorité, Mais les Guébres , aujourd'hui seuls dépositaires de la doctrine de Zoroastre et des anciens Perses, placent aussi le déluge universel avant Cayoumarats , dont ils font leur premier roi.

» Pour retrouver des traces vraiment historiques dit dernier cataclysme , il faut aller jusqu'au delà des grands déserts de la Tartarie. Vers l'orient et vers le nord, habite une autre race, dont toutes les institutions, tous les procédés, différent antant des nôtres que sa figure et son tempérament. Elle parle en monosyllabes ; elle écrit en hiéroglyphes arbitraires; elle n'a qu'une morale politique sans religion, car les superstitions de Fo lui sont venues des Indiens. Son teint jaune, ses joues saillantes, ses yeux étroits et obliques, sa barbe peu fournie, la rendent si différente de nous, qu'on. serait tenté de croire que ses ancêtres et les nôtres ont échappé à la grande catastrophe par deux côtés différents, Mais, quoi qu'il en soit, ils datent leur déluge à peu prés de la méme époque que nous.

* Le Chou-king est le plus ancien des livres des Chinois ; on dit qu'il fut rédigé par Confucius avec des lambeaux d'ouvrages antérieurs, il y a envion deux mille deux cent cinquante ans, Deux cents ans plus tard arrivèrent la persécution des lettres et la destruction des livres , sous l'empereur Chi-hoang-ti. Une partie du Chou-king fut restituée de mémoire par un vieux lettré, quarante ans après, et une autre fut retrouvée dans un tombeau; mais prés de la moitié fut perdue pour toujours. Or, celivre, le plus authentique dela Chine, commence l'histoire de ce pays par un empereur nommé Yao , qu'il nous représente occupé à faire écouler les eaux, qui, s'étant élevées jusqu'au ciel, baignaient encore Ze ied des plus hautes montagnes , coueraient les collines moins élevées, et rendaient les plaines impraticables. Ce Yao date, selon les uns, de quatre mille cent cinquante, et selon les autres, de trois mille deux cent trente ans avant le temps actuel. La variété des opinions sur eette époque va méme jusqu'à cent quatre-vingl-quatre ans.

* Quelques pages plus loin, on nous montre Yu, ministre et ingenieur, rétablissant le cours des eaux, élevant des digues, crensant des canaux, et réglant les impôts de chaque province dans toute la Chine, c'est-à-dire dans un empire de six cents lieues en tout sens; mais l'impossibilité de semblables opérations , après de semblables événements, montre bien qu'il ne s'agit ici que d'un roman moral et politique.

* Des historiens plus modernes ont ajouté une suite d'empereurs avant Yao, mais avec une foule de circonstances fabuleuses, sans oser leur assigner d'époques fixes, en variant sans cesse entre euxmêmes sur leur nombre et sur leurs noms, et sans être approuvés de tous leurs compatriotes.

« C'est à Yao qu'on attribue l'introduction de l'astronomie à la

COMMENTAIRE

Chine; mais les véritables éclipses rapportées par Confucius dans sa chronique du royaume de Lou ne remontent qu'à deux mille six cents ans, à peine un demi-siècle plus haut que celles des Chaldeens, rapportées par Ptolémée, On en trouve bien une dans le Chou-king qui daterait de trois mille neuf cent soixante ans, mais qui est racontée avec des circonstances si absurdes, qu'il est probable que l'histoire en a. été ajoutée aprés coup. Une conjonctinn de quatre mille deux cent cinquante-neuf ans , et qui serait la plus andenne observation connue, est encore contestée. La première qui paraisse véritable est une observation du gnomon, de deux mille neuf cents ans,

« Est-il passible que ce soit un simple hasard qui donne un résultat aussi frappant, et qui fasse remonter à peu prés à quarante siècles l'origine traditionnelle des monarchies assyrienne, indienne et chinoise? Les idées de peuples qui ont si peu de rapport ensemble, dont la langue, la religion et les lois n'ont rien de commun , *accorderaient-elles sur ec point, si elles n'avaient la vérité pour base?

« Nous ne demanderons pas de dates précises aux Américains , qui n'avaient point de véritable écriture, et dont les plus anciennes traditions ne remontaient qu'à quelques siécles avant l'arrivée des Espagnols ; et cependant l'on eroit encore appercevoir des traces d'un déluge dans leurs grossiers hiéroglyphes.

« La plus dégradée des races humaines, celle des nègres, dont les formes s'approchent le plus de la brute, et dont l'intelligence ne s'est élevée nulle part au point d'arriver à un gouvernement réguler, ni à la moindre apparence de connaissances suivies , n'a conservé nulle part d'annales ni de traditions, Elle ne peut donc nous instruire sur cc que nous recherchons.

« Ainsi toutes les nations qui peuvent nous parler nous attestent qu'elles ont été récemment renouvelées apres une grande révolution de la nature.

* Cette. unanimité de témoignages historiques ou traditionnels sur le renouvellement récent du genre humain, leur accord avec ceux que l'on tire des opérations de la nature, dispenseraient sans doute d'examiner des monuments équivoques dont quelques personnes veulent se prévaloir pour soutenir l'opinion contraire; mais cet examen méme, à en juger par quelques essais, ne ferait probablement qu'ajouter des preuves de plus à ce que les traditions annoncent.

* Il parait aujourd'hui que le fameux zodiaque du portique du temple de Dendera n'a pu le soutenir; car rien ne prouve que sà division en deux bandes, de six signes chacune , indiqne la posiuon des colures résultant de la précession des équinoses, et ne réponde pas simplement au commencement de l'année civile à l'époque où on les dessina , année qui, n'étant en' Egypte que de trois cent soixante-cinq jours juste, faisait le tour du zodiaque en quinze cent huit ans, ou, selon ce que les Égyptiens imaginaient ( ce qui prouve qu'ils ne l'avaient pas effectivement obsersé), en quatorze cent soixante ans. Un fait qui achève de rendre cette supposition vraisemblable, c'est que dans le méme temple il y a un autre zodiaque où C'est la vierge qui commence l'année, S'il s'agissait de la position du solstice, le zodiaque intérieur aurait été fait deux mille ans avant éelui du portique; en admettant, au contraire, que l'on a voulu indiquer le commencement de l'année civile, un intervalle de cent et quelques années suffira.

« ll resterait à savoir si notre zodiaque ne contiendrait pas en lui-même des preuves de son antiquité, et si les figures que l'on donne aux constellations n'auraient point de rapport avec la position des colures à l'époque où elles ont été imaginées. Or, tout ce que l'on a dit à cet égard est fondé sur les allégories que l'on a prétendu voir dans ces figures : que la balance , par exemple, indique l'égalité des jours et des nuits; le taureau, le labourage; l'écrevisse, une rétrogradation du soleil; la vierge, la récolte, etc. : et combien tout etla n'est-il pas hasardé! D'ailleurs, ces explications devront varier pour chaque pays; en sorte qu'il faudra donner au zodiaque une époque différente, selon le climat où l'on placera son invention :

peut-étre méme n'est-il aucun climat ni aucune époque oü l'on puisse trouver pour tous les signes une explication naturelle. Qui sait enfin si les noms n'auraient pas été donnés tres-anciennement , d'une maniere abstraite, aux divisions de l'espace ou du temps, ou au soleil dans ses differents états , comme les astronomes les donnent maintenant à ce qu'ils appellent les signes, et s'ils n'ont pas été appliqués aux constellations ou groupes d'étoiles à une époque déterminée per le hasard, en sorte que l'on ne pourrait rien conclure de leur signification ?

* Mais, dira-t-on, l'état où nous trouvons l'astronomie chez les anciens peuples n'est-il pas une preuve de leur antiquité ? et n'a-t-il pas fallu aux Chaldéens et aux Indiens un grand nombre de siècles d'observations pour parvenir aux connaissances qu'ils avaient déjà, il y à prés de trois mille ans, de la longueur de l'année, de la précession des équinoxes, des mouvements relatifs de la lune et du s0leil, etc.? Mais a-t-on calculé les progrès que devait faire une science dans une nation qui n'en avait point eu d'autres, et chez qui la sérénité du ciel, Ia vie pastorale et la superstition faisaient des astres l'objet de la contemplation générale; où des collèges d'hommes les plus respectés furent chargés de les observer, et de consigner par écrit leurs observations ? Que parmi ces nombreux individus qui n'avaient autre chose à faire, il se soit trouvé un ou deux esprits géométriques, et tout ce que ces peuples ont su a pu se découvrir en quelques siècles.

= Songeons que, depuis les Chaldéens, la véritable astronomie n'a eu que deux âges : celui de l'école d'Alexandrie, qui a duré quatre cents ans; et le nôtre, qui n'a pas été aussi long. À peine l’âge des Arabes y at-il ajouté quelque chose, et tous les autres siecles ont été nuls pour elle. Il n'y a pas eu trois” cents ans entre Copernic et l'auteur de la Mécanique céleste, et l'on veut que les Indiens aient eu besoin de milliers d'années pour trouver leurs règles.

« Au surplus, quand tout ce qu'on a imaginé sur l'ancienneté de l'astronomie serait aussi prouvé qu'il nous parait destitué de preuves , on n'en pourrait rien conclure contre la grande catastrophe dont il nous reste des documents bien autrement démonstratifs ; il faudrait seulement admettre, avec quelques modernes , que l'astronomie était au nombre des connaissances conservées par les hommes que celle catastrophe épargna.

« On a aussi beaucoup exagéré l'antiquité de certains travaux de mines. Un auteur tout récent a prétendu que les mines de l'ile d'Elbe, à en juger par leurs déblais, ont dû être exploitées depuis plus de quarante mille ans ; mais un autre auteur, qui a aussi examiné ces déblais avec sein, réduit cet intervalle à un peu plus de cinq mille, et encore en supposant que les anciens n'exploitaient chaque année que le quart de ce que l'on exploite maintenant. Mais quel motif a-t-on de croire que les Romains, par exemple, tirassent ai peu de parti de ces mines, eux qui consommaient tant de fer dans leurs armées ? De plus, si ces mines avaient été en exploitation il y a seulement quatre mille ans, comment le fer aurait-il été si peu connu dans la haute antiquité ?

« Je pense donc, avec MM. de Luc et Dolomieu, que s'il y a quelque chose de constaté en géologie, c'est que la surface de notre globe a été victime d'une grande et subite révolution, dont la date ne peut remonter beaucoup au delà de cinq ou six mille ans; que cette révolution a enfonce et fait disparaitre le pays qu'habitaient auparavant les hommes et les espèces d'animaux aujourd'hui les plus connues; qu'elle a, au contraire, mis à sec le fond de la dernière mer, et en a formé les pays aujourd'hui habités; que c'est depuis cette révolution que le petit nombre des individus épargnés par elle se sont propagés sur les terrains nouvellement mis à sec; et par conséquent, que c'est depuis cette époque seulement que nos sociétés ont repris une marche progressive, qu'elles ont formé des établissements, élevé des monuments , recueilli des faits naturels et combine des systèmes scientifiques.

« Mais ces pays, aujourd'hui habités, et que la dernière révolu-

lion a mis à sec , avaient déjà été habités auparavant, sinon par des hommes, du moins par des animaux terrestres : par consequent , une révolution précédente, au moins les avait déjà mis sons les eaux; et, à en juger par les différents ordres d'animaux dont on y trouve les, dépouilles, ils avaient peut-être subi jusqu'à deux ou trois irruptions de la mer. :

LA GENÈSE, CHAPITRE VIII

*» Ce'sont ces alternatives qui me paraissent maintenant le problème géologique le plus important à résondre, ou plutôt à bien definir, à bien circonserire ; car, pour le résoudre en entier, il faudrait découvrir la cause de ees évenements d'une toute autre difüiculte, «

GHAPITRE VIII.

Les eaux se retirent de dessus la

1. Recordatus autem Deus Noé, eunetormmaque animantium et omnium jumentorum que erant cum eo in area , adduxit spiritmm super terram , et imminutie sunt mque ;

2. Et clausi sunt fontes ahyssi et cataractæ eceli, etprohibitæ sunt pluvia de ecelo;

3. Reversæque sunt aquie de terra euntes et redeuntes , ct ea: perunt minui post centum quinquaginta dies ;

4. kequievitque arca mense septimo , vigesimo-septimo die mensis ,.super montes Armeni.

5. At veró aqua ibant.et deerescebant usque ad decimur mensem : deeimo enim mense , primá die mensis , apparuerunt caeumina montium.

6. Cümque transissent quadraginta dies , aperiens Noë fenestram areæ quam feeerat , dimisit corvum,

7. Qui egrediebatur, et non revertebatur , donec siecarentur aquie super terram.

8. Emisitquoque columbam pest eum, ut. videret si jam cessissent aqua super faciem terra.

9. Quacum non invenisset ubi - resgaiesceret.pes ejus , reversa estad eum in arenm ;zaquiz-enim erant super umiversam terram : extenditque manum , et apprehensam intulit in aream.

10, Exspeetatis autem ultrà:septem diebus aliis, rursum dimisit columbam ex area.

it. At illa venit ad eum ad vesperam , portans ramum olivæ virentibus foliis in ore suo : intellexit ergo Noé quód cessassent aqua super terram.

X r. Ces mots sont. dans la version des.Septante.

lbid. Hb. « S'appaisirent , cesserenteles'aecroitre.« Elles .ne com mencent à diminger qu'au y 3.

X 4. Hébr, et samar.: «Le diz-septiéme jour.« Les Septante portent comme Ja Vulgate, le adzgt-septeme, c'estä-dire qu'ils ont la. vingtième au lieu de dixième, La ressemblance des deux lecinres a pu donner lieu à. la méprise des eopistes ; et il est fort vraisemblable que l'arche ne put s'arréter que dix jours aprés-que les eaux eurent. commence à diminuer.

Ibid. Wéhr.: «Sur les montagnes d'Ararat. » L'opinion commune. est que le nom d'frarat désigne, en hébreu , l'Arménie,

X 7. Hébr. litt. :« Qui étant sorti, allait et venait. "La plupart des interprètes préfèrent la lecture de la Vulgate, qui est aussi celle des Septante, Elle suppose qu'on a lu originairement dans l'hébreu: Et non

terre. Promesse de Dieu à Noc,

1. Or, Dieu se souvint de Nec, et de tous les animaux sauvages et de tous les animaux domestiques qui étaient avec lui dans l'arehe : il envoya un soufile sur la terre, et les eaux diminuerent ;

2. Et les sources de labime et lesscataractes du ciel furent fermées, et les pluies du ciel furent arrétées ;

3. Et les eaux , allant et revenant sur elles-mêmes, se retirerent ct commencèrent à décroître après cent cinquante jours ;

4..Et l'arche s'arrêta au septième mois, le vingt-septième jour du mois, sur les mantagnes d'Ararat.

5. Cependant les eaux allaient toujours déeroissant jusqu'au dixième mois : car, au dixième mois, le premier du mois, les sommets des montagnes parurent.

6. Et, lorsque quarante jours furent passés, Noé ouvrit la'fenétre de l'arche qu'il avait faite,

7. Et il envoya un corbeau qui allait et revenait, jusqu'à ce que les eaux eurent disparu de la terre.

8. Et aprés, Noé envoya aussi une colombe, pour voir si les eaux ne s'étaient point retirées de la face de la terre.

9. Mais, eamme celle-ci ne trouva pas où poser le pied, elle-retemrna vers jui. dans l'arche ; ear les eaux étaient sur toute la terre : Noé tendit la main, la prit et la remit 'dans l'arehe.

10. Et, aprés avoir attendu-sept autres jours , il envoya de nouveau la colombe hors de l'arche.

11. Mais elle vint à lui vers.le soir , portant à son bec un ramcçau d'olivier aux feuilles vertes : Noé comprit done que les. enux s'étaient retirées de la faee.de la terre.

reveriebatur ; au leu de quoi les oopistes ant. écrit : Egrediendo et revertende. *

lbid, Cela ne signifie pas qu'il soit revenu après le desséchement des-æaux. La particule donec ne marque pas toujours qu'une chose ne soit.faite aprés. un certain temps ; mais simplement qu'elle ne s'est pas faite auparavant. Math. 1 ,.25,etc. |

Y 8. On litdans l'hébreu : Levaze esicnt : «Si les eaux étaient diminoces.sur la terre; » au lieu de quoi les Septante ont lu cessassend, comme l'exprime Ja Vulgate: « Si les eaux avaient cessé de couvrir la terre, »

X 11. On trouve encore ici dans l'hébreu folium pour folio ,' qui se trouve dans le samaritain, A la lettre, «des feuilles d'olixier en ra- Ineau. ^

LA GENÈSE, CHAPITRE VIII

12. Exspectavitque nihilominus septem. alios dies, et emisit eolumbam , quæ non est reversa ultrà ad eum.

13. Igitur, sexcentesimo primo anno, primo mense, primá die mensis, imminutæ sunt aqua super" terram; et: aperiens Noé teetum arcæ aspexit, viditque quód exsiccata esset superficies terra.

14. Mense secundo, septimo et vigesimo die mensis, arefacta est terra.

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