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Des zodiaques de Dendera et d' Esuc.
On a aussi opposé, dans ces derniers temps, contre la. chronologie mosaique , deux zodiaques trouvés récemment en Égypte. L'un, sculpté dans le grand temple de Dendera , montre, à ce qu'on assure, le solstice d'été dans le lion, c'est-à-dire à soixante degrés du point qu'il occupe maintenant : donc, depuis la construction du zodiaque de Dendera jusqu'à nous, le solstice aurait rétrogradé de soixante degrés; et, puisqu'il rétrograde d'un degré par soixautedouze ans, il s'ensuit qu'il a dé précéder notre âge de quatre mille trois cent vingt ans. L'autre zodiaque , découvert dans Esné par le général Desaix, présente le solstice d'été dans la vierge, c'est-à-dire à quatre-vingt-dix degrés du point où il est maintenant; ce qui donne à ce zodiaque une antiquité de six mille quatre cent quatre-vingts ans : donc, il y a six mille ans, les Égyptiens non-seulement existaient, mais s'étaient avancés dans l'astronomie, et y avaient fait lant de progres, qu'ils étaient en état de tracer un zodiaque, et d'y déterminer les points solsticiaux ; ce qui n'a pu se faire qu'après un grand nombre de siécles : done l'autiquité démontrée de ces zodiaques convainc de faux la narration mosaique.
Pour tirer quelques preuves de ces zodiaques , il faudrait démontrer deux choses : 1? qu'il sont trés-anciens ; et a" qu'ils montrent le solstice dans les étoiles dont on vient de parler : or , bien loin qu'on puisse prouver une antiquité aussi démesuree que celle qu'on leur assigne , il y a une multitude de raisons qui démontrent qu'ils sont modernes. :? Comme nous le disions en ,réfutant Dupuis, le zodiaque, chez les Égyptiens, met le printemps au hélier: done il a dd être inventé au temps où ce signe s'accordait avec celle saison; par conséquent, l'usage du zodiaque ne remoute pas si haut que le supposent les prétendus monuments. 2° Les Égyptiens ne connaissaient pas autrefois la longueur de l'année : or, si depuis quatre mille aus, ils enssent eu des zodiaques qui marquassent les points équinoxiaux et solsticiaux , ils n'auraient pu manquer d'avoir cette connaissance. 3° Les astronomes égyptiens ne connaissaient pas, avant Hipparque, la précession des équinoxes : or, s'ils eussent eu sous les yeux ces deux zodiaques, rien de plus facile que de conclure cette précession. 4" Ces zodiaques sont dessinés dans un temple élégant, accompagnés de figures pleines de vie et de mouvement , avec des inscriplions grecques, el dans un style qui annonce une architecture grecque, ou du moins une architecture ézyptienne assez moderne : or, il est difficile de se persuader que ces temples aient subsisté , avec leurs figures d'animaux bien conservées, dans un terrain marécageux , pendant plusieurs milliers d'années ; qu'à une époque si reculce les arts aient été si avancés, et qu'ils soient chargés d'inscriptions grecques qui se rapportent à des généraux ou empereurs romains. 5° Enfin le plus moderne de ces zodiaques, celui de Den-
* Jl faut consulter Visconti et Cuvier, Memoire sur des fosriégo.
dera, contient le signe de la balance : or, ce signe n'était point connu par les anciens Égyptiens, et n'a passé dans le sodiaque que depuis Hipparque. Poyez Testa, 6° Si l'Égypte était peuplée depuis tant de siecles, les accroissements des bancs de corail sur ses rivages et du sable daus ses plaines l'auraient rendue depuis longtemps inabordable et imhabitable. Forez de Luc, Zubiothéque britannique.
Ainsi il n'est done pas certain que ces zodiaques soient anciens : ils peuvent avoir été tracés dans les temps modernes par quelque astronome égyplien qui, connaissant la précession des équinoxes, aura voulu , par la supposition de ces monuments , donner à sà nàtion une antiquité démesurée, Il faudra les placer avec les quarante huit mille ans d'observations des Égyptiens, leurs trente dynasties suceessives, leurs trois cent quarante-ceinq pontifes de Sans, qui, selon Diodore, ne méritent auenne croyance,
M. Delamhre , justement celebre par ses profondes connaissances en astronomic , vient de prouver, dans son rapport sur un mémoire de M. Pavarey concernant les zodiaques de Deudera et d'Esné, toute la futilité des arguments d'apres lesquels on prétendait leur attribuer une antiquité coutraire à tous les monuments historiques. Il a reconnu par des calculs positifs que la disposition donnée dans ces xodiasues aux diverses coustellations les fait remonter, soit au prenier ou au second siecle de lere chrétienne, àinsi que Visconti l'avait conclu de la perfection grecque des sculptures qu'ils renferment, soit à l'époque d'Hipparque. Depuis on y a trouvé le nom d'un empereür romain.