‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 665 sur 1035 · Quas cüm biberit, si polluta est, et contempto viro · texte numérisé non relu

Quas cüm biberit, si polluta est, et contempto viro

adulterii rea, pertransibunt eam aqui maledictionis, et.

inflato ventre, computrescet femur, eritque mulier in maledictionem et in exemplum * omni populo;

28. Quod si polluta non fuerit , erit innoxia, et faciet liberos *. j

29. Tsta est lex zelotypiæ. Sí declinaverit mulier à viro suo, et si polluta fuerit , .

80. Maritusque zelotypiæ spiritu concitatus adduxerit eam in conspectu Domini , et fecerit ei sacerdos juxta omnia quæ seripta sunt :

31. Maritus absque culpa erit, et illa recipiet iniquitatem suam.

* 27. L'expression, et in exemplum , n'est point dans l'hébreu.

brülera sur l'autel ; il donnera ainsi les eaux trésaméres à boire à la femme. :

27. Lorsqu'elle les aura bues , si elle est souillée et sí elle a été coupable d'adultére en méprisant son mari, les eaux de malédiction entreront en elle, et, le ventre étant enflé , la cuisse se putréflera , et cette femme sera en malédiction et en exemple à tous parmi le peuple.

28. Si elle n'est point souillée, elle sera reconnue innocente, et elle aura des enfants.

29. Telle est la loi de jalousie. Si la femme s'est élotgnée de son mari et qu'elle ait été souillée ,

30. Si le mari, poussé par l'esprit de jalousie, l'amène en présenee du Seigneur, et que le prétre ait fait selon tout ce qui est écrit,

31. L'homme sera exempt de faute, et la femme portera la peine de son iniquité.

Y 38. Hébr. autr, : « Et elle deviendra fertile. »

COMMENTAIRE

Erpulsion des lépreux et de ceux qui sont souillés.

Il est ordonné par ce verset et le suivant de chasser du camp les lépreux , les hommes qui sont incommodés de la gonorrhée , et ceux ou celles qui sont souillés pour avoir assisté à des fimérailles. Mais, dira-t-on , l'on conçoit aisément que la Jepre étant une maladie contagieuse, on chasse hors du eamp, jusqu'à parfaite guérison, quiconque en est atteint; quant à la gonorrhée, si elle est perpétuelle, cette maladie , quoique non contagieuse, avait quelque chose de si opposé à la pureté que Dieu exigeait des Israëlites , qu'on peut encore comprendre l'exclusion hors du camp de ecux qui étaient sujets à cetle incommodité ; mais pour ceux qui étaient souillés pour avoir assisté à des funérailles, on ne voit pas quel motif pouvait les faire exclure du camp. Les interprètes, après les rabbins , ont recours à quelques subtilités pour résoudre cette difficulté ; mais comme elles sont purement conjecturales , on ne doit, ce me semble, y avoir aucun égard. Mais on pourrait soupconner, d'après les termes de la Vulgate, pollutusque est super mortuo , quetela regardait quelque obscénité particulière qui avait rapport au endavre ; an reste, on n'entend pas ici par gonorrhée ne maladie contractée par le libertinage , mais un éconlement involontaire , seminis,

Des eaux de jalousie.

Les versets ra, 13 et suivants, jusqu'à la fiu du chapitre v, traitent des eamz de jalousie établies par une loi, qui est sans contredit la plus singulière des lois de Moise, puisque entre plusieurs particularités tres-extraordinaimes, elle semble supposer que Dieu s'était engagé de découvrir, par um miracle continuel, l'innocence ou le crime de la femme soupconnée d'adultere par son. mari chez les Israélites,

Lors done qu'un mari avait des sonpçons contre la fidélité de sa femme, il la faisait venir devant le prêtre, et offrait pour elle une

certaine quantité de farine d'orge , sans huile ni encens ; la femme, étant à la porte du tabernacle, tenait cette offrande dans ses mains, ayant la tête dépouverte, pendant que de son côté le prétre tenait dans un vase de terre de l'eau du bassin d'airain, où il avait jeté un peu de terre , de solo tabernaculi ; pais le prêtre, adressant la parole à la femme : Si tu es innocente, lui disaitil, ces eaux ne te feront point de mal; mais si tu es coupable, aprés que tu les auras avalées , ta cuisse pourrira, et ton ventre s'étant enflé, erevera ; à quoi la femme répondra : Ainsi soital. Cependant le prêtre, ayant écrit ces malédietions sur quelque chose, les effacait avec les eaux en question, qui eu étaient ponr ainsi dire abreuvées; il prenait ensuite des mains de la femme l'offrande de farine d'orge, la présentait au. Seigueur, et en faisait brûler une poignée sur l'autel; puis il donnait les eaux de jalousie à boire à la femme, qui, si elle était innocente, n'en recevait aucun mal; mais si elle était coupable, sa cuisse se ponrrissnit, son ventre enflait et se crevait, et elle périssait ainsi misérahlement. Voilà un précis trés-exaet de ce que conüent le texte sacré touchant les eaux de jalousie.

Sur quoi il est hog. de remarquer, 1? qu'une femme n'était apparemment soumise à l'epreuxe des eaux de jalousie que sur des soupcons trés-graves , quoique, au reste, le texte sacré ne le dise pas expressément.

2° Le texte sacré , au verset 17, porte simplement de l'eau sainte, aguam sanctam; ce qu'on entend communément de l'eau. du bassin d'airain,

3° Les earx de jalousie sont appelées, au verset r8, eaux frèsaméres, aqiee amaristime , parce que apparemment elles causaient de la douleur et de l'amertume à celles qui les buvaient ; il ne faut pas chercher d'autre cause de cette dénomination.

4? L'établissement des eaux de jalousie parmi les Israélites, tout extraordinaire qu'il est sans doute, ne laissait pas que d'avoir cette utilité considerable, qu'il remédiait efficacement aux mauvais effets de la jalousie et des soupçons des maris contre leurs femmes; car enfin un mari se défiait4l de la pudicité de sa femme, moyennant une potion d'eau de jalousie il était éclairci du fait. Au reste, Moïse ne dit point si la vengeance divine suivait de près la potion des eaux de jalousie.

On peut aussi demander si l'usage des eaux de jalousie dura long-

444 NOMBRES, CHAPITRE VI

temps parmi les Israélites. Je croirais volontiers que la peine portée | Plusieurs incrédules ont conclu de là que, chez les Juifs, un mari par les versets 21 et aa de ce chapitre v n'était que comminaloire , pouvait, par le moyen des prétres , empoisonner sa femme lorsqu'il et ne se doit pas prendre au pied de la lettre. Dieu voulait, par ces | lui en prenait envie. menaces, donner aux femmes israclites plus d'aversion pour l'adul- * Ces critiques auraient compris l'absurdité de leur reproche s'ils tère. Quoi qu'il en soit, il n'est pas aisé de se persuader, conformé- | avaient fait attention que, dans le cas d'infidélité de son épouse, un ment à l'opinion commune, que Dieu eit voulu s'engager de décou- | Juif pouvait faire divorce avec elle et la renvoyer : cela était plus vrir chez les Tsraélites, par un miracle perpétuel, l'innocence ou le | simple que de la faire empoisonner par un prêtre, La vérité est que crime de toute femme soupconnée d'adultere, l'eau de jalousie ne pouvait produire naturellement aucun effet; il Les incrédules regardent la description que fait iei Moise corame | n'y entrait rien qu'un peu de poussière prise sur le pavé du taberune vaine cérémonie empruntée des Égyptiens pour effrayer les cou- | nacle et les malédictions que le prêtre avaient écrites sur un morceau pables , et qui ne pouvait avoir des résultats sérieux. de papier ou de vélin: ces malédictions n'avaient certainement pas M. Jansens répond ainsi à cette objection :« Nous avouons qu'à par elles-mémes la force de faire mourir une femme coupable ; i falmoins d'un miracle, ces épouvantables malédictions ne devaient avoir | lait donc que cet effet, s'il árrivait, fût surnaturel , et alors il ne déaucun effet ; mais que cet appareil n'ait été qu'une vaine cérémonie | pendait plus du prêtre, » absolument sans conséquence , c'est ce que ne nous permettent pas

de croire la divine mission et le caractère de Moïse, Assurément , VERSET 29. si un pareil serment n'avait pas produit son effet , les femmes adulteres et leurs séducteurs auraient fini par n'avoir que du mépris pour Pourquoi cette loi des eaux de jalousie.

tout ce qui constituait la religion de Moïse, »

» Cette ordonnance, dit Estius, pour éprouver d'une maniere si pleine d'ignominie l'innocence d'une femme, qui pouvait quelquefois être accusée sur un seul soupgon , parait avoir été faite à cause de la Cérémonie touchant la femme soupconnée d'adultère. À Aureté des Juifs, qui auraient pu s'emporter jusqu'à tifer leurs femmes, si Dieu ne les avait arrètés par ce remède extraordinaire, qui

«Les Nombres, suivant Pergier, disent que, si un mari a de | était un miracle continuel, mais qui n'autorise cn aucune sorte tant soupçons touchant l'infidélité de sa femme, il la conduira au prètre, | d'épreuves superstilienses dont on voit des exemples dans l'histoire, qui lui fera avaler une eau amère, sur laquelle il aura prononcé | et qui sont très-justement condamnées comme des manières de tenter des malédietions; que si cette femme est innocente, il ne lui en | Dieu.» arrivera point de wial; que si elle est coupable, elle en mourra.

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