‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 87 sur 1035 · Agar done enfanta un fils à Abram, qui l'appela Ismaél · texte numérisé non relu

Agar done enfanta un fils à Abram, qui l'appela Ismaél

16. Abram était âgé de quatre-vingtaix ans, quand Agar lui enfanta Ismaél.

COMMENTAIRE

Conseil que donne Sara à Abraham d'épouser Agar.

Sara, stérile et avancée en âge, engage son époux à prendre Agar, sa servante, afin d'en avoir des enfants: alors ce n'était pas un crime. Dans l'état des familles encore isolées et nomades, la polygamie n'était pas défendue par le droit naturel. Les Peres de l'Église ne se sont point trompés, lorsqu'ils ont soutenu qu'Abraham n'avait point péché en cela contre la loi naturelle; à plus forte raison contre la loi positive, qui n'existait pas encore, Nous ne voyons pas sur quoi se sont fondés plusieurs critiques modernes pour décider qu'Agar u'était point femme légitime d'Abraham.

Vainement Barbeyrae fait remarquer qu'Abraham, par cette conduite, semblait se méfier des promesses que Dieu lui avait faites d'une postérité nombreuse, Ce reproche est injuste. Dieu, en faisant ces promesses (Gen., ch. xix et xv), n'avait pas dit que celte postérite naitrait de Sara, et non d'uue autre femme; Dieu ne s'expliqua sur ce point que treize ans après la naissance d'Ismacl. (Gen., e. svi1, v. t6 et 25.)

De la polygamie.

D'où vient, disent quelques écrivains, que les anciens patriarehes

avaient plusieurs fevames? Nous leur repondrons : Malgré cette multiplicité de femmes, les patriarches étaient plus chastes que plusieurs ne le sont aujourd'hui avec une seule épouse. Ils s'éloignaient bien moins de ta Gn du mariage. Saint Augustin dit à ce sujet : « C'était par le seul motif de la fécondité, alors nécessaire, parce qu'il fallait peupler la terre, qu'ils se servaient de plusieurs femmes, en cela plus louables que ceux qui s'attachant à une seule épouse s'abandonnent à la volupté. Dans les premiers, c'est la charité qui agit ; dans les derniers, c'est la cupidité, » C'etait le seul amour d'une postérité nombreuse qui leur faisait prendre ces femmes, avec qui ils vivaient, quand elles etaient enceintes ou nourrices, comme avec une sœur, Leurs épouses avaient un empressement si désintéressé d'avoir des enfants, qu'elles donnaient leurs servantes pour seconde femme à leurs maris.

Des anges.

Toutes les religions ont reconnu l'existence des anges. Les paiens méme admeltaient debons génies ou des êtres spirituels, intermédiaires entre Dieu et l'homme; sentiment. qui ne pouvait venir que de la tradition primitive. Dieu a voulu qu'il y eüt de purs esprits, qui devaient comme lui ne vivre que de connaissance et d'amour. Si une raison présomptueuse élève iei des doutes; si elle demande comment des étres purement spirituels peuvent se transporter d'un. lieu dans un autre, s'unir à des corps, agiter la matiére, accélérer ou retarder le mouvement, etc., nous lui répondrons : Interrogez VÉtre suprème lui-même sur l'étendue ou les bornes de sa toute-puissance , et demandez-lui aussi par quel art il a su unir notre âme à nos corps, et les rendre dépendants l'un de l'autre.....

Il entrait dans les desseins de Dieu de eréer toutes sortes d'étres; « des êtres, dit Bossuet, qui n'eussent que l'étendue avec tout ce qui lui appartient, figure, mouvement, repos, tout ce qui dépend de la proportion et de la disproportion de ces choses ; des êtres qui n'eussent que l'intelligence et tout ce qui convient à une si noble opération, sagesse, prévoyance, volonté, liberté, vertu; enfin des êtres on tout fût réuni, et où une âme intelligente se trouvât jointe à un corps. »

Sur Ismaël.

Jamais prédietion ne s'est plus exactement accomplie jusqu'à nos jours. Les Arabes, voleurs et cruels, vivent en partie dans un état de guerre continuel avec les autres peuples, toujours préts à piller et toujours aussi exposés à être pillés par leurs voisins.

IE plantera ses tentes à l'encontre de tous ses frères : ceci s'est vérifié à la lettre, Ismael s'étant établi dans l' Arabie, où on l'a vu environné de toules parts des Israelites, des Moabites, des Ammonites, des Iduméens, en un mot, detous les enfants d'Abram, soit par Sarai, soit par Céthura, sans que jusqu'à présent il en ait pu être dépossédé , comme aussi sans que rien ait pu faire. perdre à.ses descendants la férocité qu'il leur à transmise, Ne faudrait-il pas être aveugle pour méconnaitre , dans la précision avec laquelle l'événement a justifié ‘oracle, que cet oracle ne peut avoir été dicté que par l'esprit de Dieu?

LA GENÈSE, CHAPITRE XVII

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