‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 880 sur 1035 · Sedistis ergo in Cadesbarne multo tempore · texte numérisé non relu

Sedistis ergo in Cadesbarne multo tempore

COMMENTAIRE

46. Ainsi vous demeurâtes en Cadès-Barné durant un long temps.

COMMENTAIRE

Le cinquieme livre de l'ancien Testament s'appelle Deutéronome. Ce nom grec est composé de Deuteros, second , et de Nomos, régle où loi, parce que le Deutéronome est la répétition des lois comprises dans les premiers livres de Moïse ; pour cette raison les rabbins le nomment quelquefois Misehna, «'est-à-ddire répétition de la loi.

Il est évident que cette répétition. était nécessaire, De tous les Israélites qui étaient. sortis de l'Égypte, tous ceux qui etaient pour lors âgés de vingt ans et au-dessus cInieit morts pendant les quarante aus qui venaient de s'écouler dans le désert, en punition de leurs murmures, excepté Caleb et Josuc, (Num., chap. xiv, Y 29.) Tous ceux qui avaient moins de vingt ans à celle époque en avaient prés de soixante lorsqu'ils entrèrent dans la terre promise, H était donc à propos que Moïse leur rappelát la mémoire des événements dont ils avaient été témoins oculaires dons leur jeunesse, et des lois qu'il avait publiées pendant cet intemalle de quarante ans. Aussi fait-il l'un et l'autre dans le Deutéronome ; il renouvelle les lois, et il prend. à témoin ces hommes, déjà avancés en âge, de tous les éxénerments qui se sont passés sous leurs yeux et en presence de leurs peres ; precaution sage , à laquelle les censeurs de Moise n'ont jamais fait. attention.

De tous les liv res de Moïse, c'est celui qui est. ecrit avec le plus d'elequenee; et de dignité, et dans lequel cet homme célebre. soutient le mieux le ton de législateur inspiré. Il y rappelle les principaux faits dont les Israélites devaient conserver la mémoire ; il confirme ce qu'il avait dit dans les livres précédents, et y. ajoute quelquefois de nouvelles circonstances. Il y rassemble les lois principales, y répete les commandements du Décalogue, et par les exhortalions les plus pathétiques , il tâche d'engager son peuple à observer fidelement cette legislation divine, Les derniers chapitres sont surtout remarquables, et le cantique du elapitre Nxyir. est du style le plus sublime.

On y voit un vieillard épuisé de travaux, mais dont l'esprit conserre ionic sa force, qui, à la veille de sa mort, dont il sait le jour et l'heure, porte encore sa nalion dans son sein, qui s'oublie luiméme, pour ne s'occuper que ide la destinée d'un peuple toujours ingrat et rebelle. 1l ca nime ses forces, serre sou slyle, releve ses expressions, pour mellre sous les veus de ce peuple assemblé les bienfails de Dieu et les grauds événements dont il a. été. lui-même l'instrument, les motifs les plus capables de faire impression sur les esprits et les cœurs, Hl lit dans l'avenir: la erainte , l'espérance , la pitié, le zèle , la tendresse l'agiteut et le transportent; il presse, il encourage, il menace, il prie, il conjure ; 11 ne voit dans l'univers que Dieu et son peuple. Si quelques trails peuvent caractériser un grand homme, ce sont certainement. ceux-là,

Le livre du Deu téronome fut écrit la quaranticme année aprés la sortie de l'Égypte dans le pass des Moalites, au dela di Jour.

dain. Cette expression équivoque en hébreu a donné lieu à des cr tiques. pointilleux de douter si Moise en etait véritablement l'auteur, parce qu'il est certain qu'il n'a pas passe ce fleuve et qu'il est mort dans le pays des Moabites. On leur à fait voir que l'expression traduite par em delà peut être également rendue par em deca, ou plutôt qu'elle signifie ai passage. En effet, dans Josue, chapitre xxr, il est parlé. des peuples qui habitaient Eeheber, az dela du Jourdain, du côté de l'orient, et de ceux qui demenraient. eu dela du côté de l'occident; l'on pourrait citer plusieurs autres exemples, Tl suffit de lire attentivement le Deutéronome, pour sentir qu'un autre Moise n'a pas pu en être auteur, .

Sa mort, qu'ou y lit à la. lin, forinerait nue difficulté plus enngdérable , si l'on ne savait pas que la division des livres de l'anaen Testatement est tres-moderne. Ce morceau fut ajouté par Josué à la narration de Moïse, ou. plutót, c'est le. commencement du lisre de Josué, I] est aisé de s'en appereevoir, en comparant Île premis verset de celui, selon la division présente, avec le dernier verset du DOeutéronome, C'est done une faute de la part de ceux «ui on fat la division de ce livre avec celui de Jasué, qui était anciennement joint sans aucune division ; il fallait commencer celui-ci douze versets plus haut, et il n'y aurait point de difliculté,

Les Juifs appellent ce livre. Efe. Haddebaran , parce qu'il commence par ces mots dans l'hébreu.

De la montagne du Liban.

Liban, célebre moutagne de la Terre-Sainte , ou plutôt chaine de

montagnes qui &e trouve aux confins de la Palestine, de la Série et de la Phénicie; elle a plus de vingt-cinq lieues du couchant an be vant , d'ou elle s'étend versle midi jusqu'aux montagnes d'Hermon. On trouve entre les montagnes du Liban des vallées tres-fertiles, dont la plus orientale est celle de Damas, qui se trouve ouverte dé nord a: midi , au lieu que celle d'Emath, qui est plus cecidentale, ne l'est que du côté du nord, n'ayant au midi qu'un passage étroit qni forme l'entrée d'Emath, cet qui se trouve au pied de la montagne sur laquelle on voit le reste de la fameuse tour de Liban , dont il est fait mention daus le Cantique des Cantiques.

* Cette separation des montagues de Liban par des vallées a donne lien à la différence. qu'on met entre elles; on appelle proprement ionulagnes du Liban celles qui sont au couchant de la vallée d'Emath, et qui s'étendent depuis le 53 degré de longitude 5o minutes jusqu'au 54 degré 25 uinutes, et l'on nomme Anti-Libex celles qui sont au levant de la vallée d'Emath, et qui s'étendent à peu prés depuis Le 54 degré 1$ minutes de longitude, jusqu'au 55 degré.

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