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Il s’affirma au contraire en passant au fisc. Les effets naufragés, considérés comme biens vacants et sans maître, furent revendiqués par l’État. Les rois de France, en effet, exercèrent ce droit dans leurs provinces propres du littoral.
Mais il passa bientôt aux seigneurs. A mesure que s’affermissait la féodalité, à mesure diminuait le pouvoir royal : les seigneurs prétendirent bientôt à une souveraineté absolue dans leurs fiefs, et les rois, trop faibles, ne purent s'opposer à ces prétentions. Ils usurpèrent donc pour la plupart le droit de bris et de naufrage qui était passé au Roi. Ce droit, pour quelques-uns d’entre eux, comme pour les seigneurs de Bretagne, fut une source importante de revenus : « On sait ce comte de Léon, dit Michelet, enrichi par son écueil, pierre précieuse plus que celles qu’on admire aux couronnes des rois. »
Cet usage détestable, car il est fort probable que le droit des seigneurs ne fut jamais érigé en loi, fut général en Europe au moyen âge. Des monuments historiques incontestables nous attestent, en effet, que le droit de confisquer et de piller les biens des naufragés était exercé soit par les habitants du littoral, soit par les seigneurs, soit par le fisc, en France, en Danemark, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Grèce. D’Argentré rapporte que ce droit appartenait aux ducs de Bretagne dès les x° et xI° siècles’. On lit en effet dans la Coutume de Bretagne : « Premièrement tout nef ou vesseaulx quand ils adventurent en la costière de Bretaigne, tout est conquis ez