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DES BOISSONS

Prompt effet des boissons,

L'alcool dont la formule chimique est (C*H50?), est un li-. quide incolore, aromatique, très inflammable, plus léger que.

1. Surène, village fort agréable, à deux lieues de Paris. IL est renommé par ses mauvais vins. On dit proverbialement que, pour boire un verre de vin du Surène, il faut être trois, savoir: le buveur, et deux acolytes pour le soutenir et empêche r que. le cœur ne lui manque. On en dit autant du vin de Périeux ce qui n'empêche pas qu'on ne de boive. =

l’eau, très volatil. On l’obtient par la distillation des boissons fermentées: Toute matière sucrée, toute fécule peut donner de l'alcool par la fermentation. L'alcool conserve les substances animales ou végétales, dissout les résines, les essences et les matières grasses; il sert à la préparation des tentures et des - alcoolats des pharmaciens, à celle des vernis, des liqueurs aro-

nr matiques desparfumeurs. Il forme la base detoutes lesliqueurs de table. Eltendu d’eau et pris modérément, il active la circutation, stimule les centres nerveux. À haute dose, c’est un pai-

son qui détermine l'alcoolisme.

L'alcool découvert par les alchimistes arabes qui luiont donné son nom (al Kohol, l'esprit ou l'essence) a été décrit pour la premièrefois par Arnaud de Villeneuve vers la fin du xu° siéele.

L'usage des boissons alcooliques a élé vulgarisé d’abord par les flibustiers des Antilles, puis par les roués de la Régence qui

faisaient grand usage des « liqueurs des îles », enfin par les

armées de la République et de Napoléon, auxquelles on doit peut-être le redoutable fléau de l'alcoolisme, encore ignoré à l'époque où écrivait Brillat-Savarin.

Les boissons s’absorbent dans l’économie animale avec une extrême facilité ; leur effet est prompt, et le soulagement qu’on en reçoit en quelque sorte instantané. Servez à un homme fatigué les aliments les plus substantiels, il mangera avec peine et n'en éprouvera

d’abord que peu de pien. Donnez-lui un verre de vin où d’eau-de-vie, à l'instant même il se trouve mieux et vous le voyez renaître.

.. Je puis appuyer cette théorie sur un fait assez remarquable que je tiens de mon neveu, le colonel Guigard, peu conteur de son naturel, mais sur la véracité duquel on peut compter.

H était à La tête d’un détachement qui revenait du siège de Jaffa, et n'était éloigné que de quelques centaines de toises du lieu où l’on devait s'arrêter et rencontrer de l’eau, quand on commença à trouver sur la route les corps de quelques soldats qui devaient le précéder d’un jour de marche, et qui étaient morts de chaleur.

Parmi Les victimes de ce climat brûlant se trouvait

un Carabinier, qui était de la connaissance de plusieurs personnes du détachement.

Il devait être mort depuis plus de vingt-quatre heures, et le soleil, qui l'avait frappé toute la journée, lui avait rendu le visage noir Comme un corbeau.

Quelques camarades s’en approchèrent, soit pour le voir une dernière fois, soit pour en hériter, s’il y avait de quoi, et ils s étonnèrent en voyant que ses membres étaient encore flexibles et qu’il ÿ avait même encore un peu de chaleur autour de la région du cœur.

- «Donnez-lui une goutte de sacré chien, dit le lushq

« de la troupe; je garantis que, s'il n ’est pas encore « bien loin dans l’autre monde, il reviendra pour y « goûter. »

Effectivement, à la première cuillerée de spiritueux, le mort ouvrit les yeux; on s'écria, on lui en frotta les tempes, on lui en fit avaler encore un peu, et au bout d’un quart d'heure il put, avec un peu d’aide, se sou-

tenir sur un âne.

On le conduisit ainsi Jusqu'à la fontaine; on le soi-

gna pendant la nuit, on lui fit manger des dattes; on le nourrit avec précaution, et le lendemain, remonté sur un âne, il arriva au Caire avec les autres.

Boissons fortes.

Une chose très digne de remarque est cette espèce d’instinct, aussi général qu'impérieux, qui nous porte à la recherche des boissons fortes.

Le vin, la plus aimable des boissons, soit qu'on le doive à Noé, qui planta la vigne, soit qu'on le doive à Bacchus, qui a expriméle jus du raisin, date de l’enfance du monde ;: et la bière, qu'on attribue à Osiris, remonte jusqu'aux temps au delà desquels il n’y a rien de certain. S

Tous les hommes, même ceux qu'on est convenu. d'appeler sauvages, ont été tellement tourmentés par

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