PEN ER AO
M A re
Les abbés, au contraire, se pelotonnaïent pour se rapprocher de l'assiette ; leur main droite s’arrondis- = sait comme la patte du chat qui tire les marrons du. feu ; leur physionomie était toute jouissance, et leur regard avait quelque chose de concentré qu'il est plus. facile de concevoir que de peindre. PPT
Longévité annoncée aux gourmands.
D'après mes dernières lectures, je suis heureux, on ne peut pas plus heureux, de pouvoir donner à mes lecteurs une bonne nouvelle, savoir que la bonne. chère est bien loin de nuire à la santé, et que, toutes. choses égales, les gourmands vivent plus longtemps” queles autres. C'estce quiest arithmétiquement prouvé dans un mémoire très bien fait, lu dernièrement à. PAcadémie des Sciences par le Dr Villermet. : — Il a comparé les divers états de la société où l’on. fait bonne chère avec ceux oùl’on se nourrit mal, et en … a parcouru l'échelle tout entière. Il a également comparé entre eux les divers arrondissements de Paris où. laisance est plus ou moins généralement répandue, et où l’on sait que, sous ce rapport, il existe une extrême différence, comme, par exemple, entre le faubourg Saint-Marceau et la Chaussée-d’Antin. SE Cette vérité physiologique peut également s'appuyer gur l'histoire qui nous apprend que toutes les fois que. les circonstances impérieuses, telles la guerre, les. sièces, de dérangement des saisons, ont diminué les moyens de se nourrir, cet état de détresse a toujours été “accompagné de maladies contagieuses et d’un. grand surcroît de mortalité. LR La caisse Lafarge, si connue des Parisiens, aurait sans doute prospéré, si ceux qui l’ont établie avaient fait entrer dans leurs calculs la vérité de fait déve loppée par le D' Villermet, LATE Iis avaient calculé la mortalité d'après les tables de
Buffon, de Parcieux et autres, qui sont toutes établies = sur des nombres pris dans toutes les classes et dans tous les âges d’une population. Mais comme ceux qui placent des capitaux pour se faire un avenir ont en. général échappé aux dangers de l'enfance, et sont raccoutumés à un ordinaire réglé, soigné, et quelquefois succulent, la mort na pas donné, les espérances ont été déçues, et La spéculation a manqué. | … Cette cause n’a sans doute pas élé seule, mais elle est élémentaire.
Cette dernière observation nous a été fournie par M. le professeur Pardessus.
M. du Belloy, archevêque de Paris, qui a vécu près un siècle, avait un appétit assez prononcé; il aimait la bonne chère, et J'ai vu plusieurs fois sa figure pajarcale s’animer à l'arrivée d’un morceau distingué. = Napoléon lui marquait, en toute occasion, déférence et respect.
EPROUVETTES GASTRONOMIQUES Dr.
Ce chapitre d’une spirituelle bonhomie, est demeuré aussi vivant, aussi moderne, que s’il avait été écrit hier. Ii serait encore à sa place dans un journal boulevardier. -
- On a vu dans le chapitre précédent que le caractère distinctif de ceux qui ont plus de prétentions que … de droits aux honneurs de la gourmandise, consiste en ce qu'au sein de la meilleure chère leurs yeux restent. ternes et leur visage inanimé.
Ceux-là ne sont pas dignes qu'on leur prodigue des trésors dont ils ne sentent pas le prix : il nous a donc . paru très intéressant de pouvoir les signaler, et nous avons cherché les moyens de parvenir à une connais- Sance si importante pour l'assortissement deshommes et pour la connaissance des convives,
Nous nous sommes occupé de cette recherche avec. cette suite qui force le succès, et c’est à notre persévérance que nous devons l'avantage de présenter au : corps honorable des amphitryons la découverte des » éprouvelles gastronomiques, découverte qui honorera xIx° siècle. Es.
Nous entendons par éprouveltes gastronomiques des mets d'une saveur reconnue et d'une excellence tellement indisputable, que leur apparition seule doit « émouvoir, chez un homme bien organisé, toutes les puissances dégustatrices ; de sorte que tous ceux chez lesquels, en pareil cas, on n’aperçoit ni l'éclair du désir, n1 la radiance de l’extase, peuvent justement être notés comme indignes des honneurs de la séance et des plaisirs qui y sont attachés.
La méthode des éprouvettes, dûment examinée e délibérée en grand conseil, a été inscrite au livre d’or dans les termes suivants : AR
« Toutes les fois qu'on servira un mets d'une sa- « veur distinguée et bien connue, en observera atten- « tivement les convives, et on notera comme indignes « tous ceux dont la physionomie n’annoncera pas le.
« ravissement. » |
La force des éprouvettes est relative, et doit être appropriée aux facuftés et aux habitudes des diverses … classes de la société. Toutes circonstances appréciées, elle doit être calculée pour causer admiration et surprise : c’est un dynamomètre dont la force doit augmenter à mesure quon monte dans les hautes zones de la société. Ainsi l'éprouvette destinée à un petit rentier de Îla rue Coquenard ne fonctionnerait déjà plus chez un second commis, et ne s’apercevrait même pas à un dîner d’élus chez un financier où un ministre.
Nous allons maintenant donner l’état des mets que nous avons jugés propres à servir d’éprouvettes; nous les avons divisés en trois séries d’ascénsion graduelle, suivant l’ordre et la méthode ci-devant indiqués.
Éprouvettes ‘gastronomiques.