‹ Savoir mangerChapitre 4 sur 27 · TS É E · texte numérisé non relu

TS É E

# 1 Fa) LUE OPEN

Le toucher, dont l’objet est [a consistance et la surface des corps ;

Enfin le génésique ou amour physique, qui entraîne les sexes l’un vers l’autre, et dont le but est la reproduction de l'espèce. ;

Il est étonnant que, presque jusqu’à Buffon, un sens si important ait été méconnu, et soit resté confondu, ou plutôt, annexé au toucher.

Cependant la sensation dont il est le siège n’a rien de commun avec celle du tact; il réside dans un appareil aussi complet que la bouche ou les yeux; et ce qu'il y a de singulier, c’est que chaque sexe ayant tout ce qu'il faut pour éprouver cette sensation, il est néanmoins nécessaire que les deux se réunissent pour atteindre au but que la nature s’est proposé. Et si le goût, qui a pour but la conservation de l'individu, est incontestablement un sens, à plus forte raison doit-on accorder ce titre aux organes destinés à la conservation de l'espèce. :

Donnons donc au génésique la place sensuelle qu'on: ne peut lui refuser, et reposons-nous sur nos neveux du soin de lui assigner son rang.

Perfectionnement des sens.

Ces sens, nos favoris, sont cependant loin d’être parfaits, et je ne m'’arrêterai pas à le prouver. J’observerai seulement que la vue, ce sens si éthéré, et le toucher, qui est à l’autre bout de l’échelle, ont acquis avec le temps une puissance additionnelle très remarquable.

Par le moyen des besicles, l'œil échappe, pour amsi dire, à l’affaiblissement sénile qui opprime la plupart

des autres organes.

Le télescope a découvert des astres, jusqu'alors inconnus et inaccessibles à tous nos moyens de mensuration ; il s’est enfoncé à des distances telles que des

corps lumineux et nécessairement immenses ne se présentent à hous que comme des taches nébuleuses et presque imperceptibles.

Le microscope nous a initiés dans la connaissance de la configuration intérieure des corps; il nous a montré une végétation et des plantes dont nous ne soupçonnions pas même l'existence. Enfin, nous avons vu des animaux cent mille fois au-dessous du plus petit de ceux qu'on aperçoit à l'œil nu; ces animalcules se meuvent cependant, se nourrissent et se reproduisent, ce qui suppose des organes d’une ténuité à laquelle l’imagination ne peut pas atteindre.

D'un autre côté, la mécanique a multiplié les forces ; l’homme a exécuté tout ce qu’il a pu concevoir, et a remué des fardeaux que la nature avait créés inaccessibles à la faiblesse.

La vue et le toucher, ainsi agrandis dans leur puissance, pourraient appartenir à une espèce bien supérieure à l’homme ; ou plutôt l'espèce humaine serait tout autre, si tous les sens avaient été ainsi améliorés,

Il faut remarquer cependant que, si le toucher a acquis un grand développement comme puissance musculaire, la civilisation n’a presque rien fait pour lui comme organe sensitif; mais il ne faut désespérer de rien, et se ressouvenir que l'espèce humaine est encore bien jeune, et que ce n’est qu'après une longue série de siècles, que les sens peuvent agrandir leur domaine.

Par exemple, ce n’est que depuis environ quatre siècles qu'on a découvert l'harmonie, science toute céleste, et qui est au son ce que la peinture est aux couleurs.

Qui sait si le toucher n'aura pas son tour, et si quelque hasard heureux ne nous ouvrira pas, de ce côté-là, quelque source de jouissances nouvelles, ce qui est d’autant plus probable que la sensibilité tactile existe par tout le corps, et conséquemment peut partout être excitée ?

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