COLONIES
Les intérêts de notre navigation sont liés à la prospérité de nos colonies. Les établissements d'outre-mer procurent à notre marine marchande des expéditions importantes, lui offrent des points de relâche, et donnent à nos produits un écoulement naturel et utile, en leur réservant tous les
privilèges du marché colonial. C'est en échange de ces avantages que le tarif des douanes soumet les denrées de ces possessions françaises à des droits toujours plus modérés que ceux dont il frappe les mêmes denrées de provenance étrangère. Le régime suivi pour les productions agricoles de nos colonies n'est en effet qu'une sorte de grand octroi national au profit de la métropole , qui en retire d'abondantes ressources tout en favorisant leur débit et leur consommation, et en se ménageant ainsi des relations de commerce et des débouchés précieux pour les produits de notre sol et de notre industrie. Ce régime , qui a déjà été l'objet de plusieurs enquêtes et sur lequel l'opinion doit être fixée, est encore administré par les douanes. Il le sera d'autant mieux à l'avenir, qu'une nouvelle ordonnance rendue par Votre Majesté rattache le personnel des douanes coloniales a celui de l'administration française , et donne la certitude que l'exclusif réservé dans les colonies aux productions du royaume ne sera pas moins réel que le privilège réservé en France aux productions des colonies. Cette mesure détruira le motif de beaucoup de plaintes , et permettra au commerce d'agir dans la juste confiance qu'il y a réciprocité d'avantages entre les Français d'Europe et ceux de nos possessions d'outre-mer.