Mesure de la précision motrice
La précision des mouvements peut être appréciée de di verses façons et l’on a proposé plusieurs méthodes pour la mesure de l’adresse. Mais il faut tâcher d’éliminer le plus possible ce qui, dans cette « adresse », provient de l’exactitude des appréciations sensorielles: le tir, le jet d’une balle, etc., proviennent d'une adaptation exacte des mouvements aux données sensorielles, et les défectuosités des actes peuvent provenir, soit des sensations, soit des mouvements, soit simplement de l’adaptation des uns aux autres. 11 faut, en se fondant sur des données sensorielles banales, tâcher d’atteindre surtout le deuxième et le troisième terme.
A. — Précision d'un mouvement simple.
En ce qui concerne le mouvement, on pourra faire tracer par le sujet une ligne droite à une tige métallique fine (à section de i millimètre de diamètre) tenue perpendiculairemement au sol, ligne qui aboutira au sommet d’un angle aigu de 3° constitué par deux branches métalliques longues de 2 5 centimètres et dont l’une est graduée en millimètres. Un fil électrique relie la tige à une pile et à une sonnerie, l’autre pôle étant relié aux branches de l’angle métallique.
Le sujet doit donc faire pénétrer sa tige entre les
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branches jusqu’au moment où elle se coincera ; il ne doit pas toucher les branches avant ce moment ; dès qu’il touchera l’une ou l’autre, le circuit se fermera et la sonnette retentira ; il suffira de lire à quelle distance il est du sommet del’angleau moment où il touche pour la première fois pour apprécier la précision du mouvement. On peut faire recommencer trois fois l’épreuve pour établir une moyenne.
L’inverse de la distance au sommet constituera l’indice de précision.
On peut aussi, en traçant un angle de 3" avec 20 centimètres de longueur des branches, et en faisant tracer au sujet une bissectrice se dirigeant vers le sommet, avec un crayon très dur finement taillé, déterminer le moment où la ligne tracée vient affleurer l’un ou l’autre des côtés de l'angle.
L’épreuve sera faite pour la main droite ‘et la main gauche afin de déterminer le type (droitier ou gaucher) et évaluer la différence.
Naturellement, l’existence de tremblements accentués, provoquant des oscillations et des contacts anticipés, rendrait illusoire cette méthode de mesure.
B. — Précision d'un mouvement complexe avec adaptation sensori-motrice.
Dans l’épreuve suivante, l’adaptation aux données sensorielles joue un rôle plus important ; on marque trois points (de 2 millimètres de diamètre) sur une feuille de papier, points constituant les sommets d’un
triangle équilatéral de i5 centimètres de côté; on demande au sujet, avec un crayon dur finement taillé, de toucher ces sommets en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, au rythme des battements d’un métronome (à la vitesse de 2 battements par seconde). O11 obtient alors une série de points autour de chacun des sommets (10 si l’on fait faire dix fois le tour des sommets du triangle) ; la grandeur des cercles comprenant tous les points marqués autour de chaque sommet permet d’apprécier la précision, dont l’indice sera donné par l'inverse du diamètre de ces cercles.
On pourrait aussi procéder par enregistrement électrique en disposant, comme sommets du triangle, trois contacts électriques de 1 centimètre de diamètre, reliés à une pile et un signal de Desprez, et en donnant au sujet une pointe métallique reliée à l’autre pile du même circuit. Chaque lois que le sujet tou cherait le contact, il ÿ aurait déplacement de la plume du signal ; en inscrivant sur un cylindre les déplacements de cette plume et les battements du métronome, on pourrait lire le nombre de fois que les contacts auraient été effectivement atteints sur les 3a mouvements du sujet lorsqu’il parcourt 10 fois le triangle.
La proportion du nombre de mouvements ayant permis d’atteindre le contact au nombre total donnerait une mesure de la précision du mouvement, la précision maxima étant donnée par l’unité (3o contacts effectifs sur 3o mouvements exécutés).
On pourrait à la rigueur avoir en outre d’autrescontacts plus petits, de 5 millimètres de diamètre.
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pour classer à nouveau les sujets qui atteindraient la précision maxima dans l’expérience précédente1.
G. — Symétrie motrice.
Les mouvements effectués par les membres des deux côtés du corps peuvent être plus ou moins exactement symétriques ; pour mesurer cette précision de la symétrie, on placera le sujet debout devant un mur, les yeux clos, et on lui demandera, en lui mettant un crayon dans chaque main, de tracer deux lignes de même longueur, d’abord en éloignant les deux mains l’une de l’autre, puis en les rapprochant, puis en effectuant une translation parallèle de gauche à droite ou de droite à gauche.
On placera sur le mur de grandes feuilles de pa pier et on y indiquera par un point médian le plan de symétrie de l’organisme (en prenant la racine du nez comme repère).
On mesurera les distances des points initiaux par rapport à ce point de symétrie, et d’autre part on comparera les longueurs tracées des deux côtés dans les divers cas.
Ces données ne pourront être psychophysiologiquement interprétées que dans la mesure où on aura tenu compte des différences de grandeur des bras droit et gauche, différences cjui, plus ou moins ac
i. On peut encore étudier la précision d’adaptation des mouvements aux données sensorielles en faisant copier une ligne d’une certaine longueur, un angle, etc. En réalité c’est toute la question du dessin qui est impliquée par cette adaptation complexe.
centuées, constituent un fait anthropologique absolument général.