‹ Technique de psychologie expérimentale (volume 2)Chapitre 39 sur 93 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

entraîne un disque horizontal dont la bordure est échancrée sur une certaine longueur; sur cette longueur, une lame descend en pente douce et s’éloigne, comme pour commencer une hélice élargissante, une hélice à projection spiralée.

Le disque tourne, en passant dans une indentation d'un autre disque, vertical, en connexion avec le cylindre ; lorsque le jeu de la rotation amène au niveau de cette indentation le début de l’échancrure, le disque vertical est momentanément libéré, mais la lame hélicoïdale s’engage dans l’indentation inférieure de ce disque, et, par suite de sa pente, fait tourner le disque en relevant la dent, jusqu’à la hauteur de la bordure horizontale qui continue à tourner

dans celte nou- Fig. 3i. — Schéma du dispositif do Spinoi.kh et

Il IIoyer.

A elle indenta- K, roue échancrée; R, roue dentée.

tion jusqu’à ce

que, un nouveau tour étant accompli, le meme fait se reproduise.

Autant il y a d’indentations au disque vertical, autant on a de rotations, suivies de repos, pour le cylindre, autant donc de présentations de tests ; grâce à des jeux de ces disques, on peut faire varier ce nombre. La grandeur de la bordure non échancrée du disque horizontal et la vitesse de rotation de ce disque, règlent la durée des pauses de présentation.

Un dernier système à signaler, fondé sur un prin-

cipe tout différent, est celui de IIempel, perfectionné par Rupp : La bande des tesfs est engrenée sur deux cylindres et défile d’un mouvement continu ; aucun test, en passant devant le sujet, ne pourrait donc être vu immobile. Mais l’image pourra être immobile grâce au procédé suivant : au cylindre supérieur est

Tr tr, cylindres; K, disque denté; f, levier; S p; S p.i, miroir; T, écran; Q, attache du levier; i, 2, position successives du test; p, angle de réllexion.

annexé un disque pourvu de dents, à pente abrupte d’un cc>té, à pente douce de l’autre, un levier est appuyé contre le disque et, au cours de la rotation, monte le long de la pente qui conduit au sommet de chaque dent pour retomber brusquement et recommencer à la suivante. A l’autre extrémité de ce levier est fixé un miroir qui reçoit l’image d’un test. Cette image est renvoyée à un autre miroir, et, de là, à travers un tube oculaire étroit, à l’œil du sujet. Or l’inclinaison du miroir fixé au levier est telle, au cours

MESURE DE LA MEMOIRE

io3

des déplacements du levier, que les rayons renvoyés au miroir fixe sont immobiles, et par conséquent l’image du test est immobile pour le sujet jusqu’à ce que, à la chute du levier le long du cran, une nouvelle image apparaisse brusquement. 11 suffît, pour cela, que le miroir soit incliné par la rotation du cylindre d’un angle toujours égal à la moitié de l’angle de déplacement du test par rapport à lui, c’est-à-dire de l’angle que fait la nouvelle direction des rayons au centre du miroir avec la direction précédente.

Pour un déplacement angulaire total de 3o° du test, il faut que, en même temps, il y ait inclinaison progressive de io° du miroir. En employant un tube assez étroit comme oculaire pour empêcher le sujet de voir plus d’un test à la fois, on peut ainsi obtenir les mêmes résultats, par cette méthode optique, que par les méthodes précédentes.

Mais, somme toute, c’est le dispositif de Wirth, soit avec régulation électrique par un métronome, soit avec régulation pendulaire au moyen d’un échappement à ancre suivant le procédé de Rupp, qui nous parait préférable pour les présentations successives exigeant une assez grande précision dans la durée d’exposition.

B. — Mémoire des chiffres et des lettres.

Pour étudier cette mémoire, on peut procéder, soit à la lecture successive de lettres ou de chiffres, soit à leur présentation visuelle successive avec un

appareil de présentation. Le rythme pourra être de 2 chiffres ou lettres à la seconde. On commencera par une série de 5 chiffres ou lettres ; et, si elle est correctement retenue, on continuera avec des séries plus élevées, jusqu’à ce que le sujet soit incapable de répéter correctement, au bout de l'intervalle adopté, un nombre donné de lettres et de chiffres. La mémoire se mesurera par le nombre maximum qu’après une présentation unique le sujet se sera montré capable de répéter sans erreur. Si la série de 5 chiffres ou lettres n'était pas retenue correctement, on pourrait descendre aux séries de 3 et 4-

A la rigueur, on peut procéder à la présentation visuelle simultanée des chiffres ou lettres, en accordant au sujet, soit un temps uniforme, à raison d'une demi-seconde par élément, soit un temps fixé d’après sa rapidité de lecture préalablement déterminée, et pouvant être le double de ce temps de lecture rapide (ce qui justement ramène en général à une demiseconde par élément, environ).

Si l’on veut procéder rapidement, on peut, avec une série de 10 chiffres ou lettres, rechercher combien d’éléments sont correctement retenus par le sujet après une lecture ou une audition unique, sans tenir compte des erreurs, sauf des interversions.

Enfin, on peut, pour les chiffres, procéder à la présentation ou à la lecture successive de nombres composés de 2 ou 3 chiffres chaque, et déterminer le maximum de ce qui peut être ainsi correctement l'etenu après une présentation unique.

MESURE DE LA MEMOIRE

G. — Mémoire des syllabes et des mots.

Les chiffres peuvent être groupés en nombres ; à plus forte raison les lettres peuvent-elles être groupées en unités synthétiques d’ordre plus élevé, syllabes ou mots.

On pourra, ici encore, soit chercher le maximum d’éléments pouvant être retenus en une seule fois après présentation auditive ou visuelle (à raison d’une demi-seconde par syllabe, soit une seconde par mot de deux syllabes), soit déterminer les erreurs commises dans la répétition d’une série donnée de syllabes dépourvues de sens, ou de mots d’une certaine longueur. Ce dernier procédé est le plus pratique, presque le seul utilisable pour les mots très longs, de nature grammaticale définie.

On a, en effet, pour la mémoire des mots, deux intluenccs que l’on peut étudier :

i° La nature du sens du mot;

2° La longueur du mot, en syllabes (c’est ici l’unité de longueur et non plus la lettre).

Pour ne pas compliquer ces deux séries, ce qui demanderait un trop grand nombre d’expériences, cl étudier cependant assez complètement ces influences, voici comment l'on peut procéder:

On choisit un certain nombre de mots d’une nature et d’une longueur déterminée, et on en fait le point de jonction de deux séries, l’une de mots de même nature, mais de longueur différente ; l’autre de mots de même longueur mais de nature différente

De cette manière on peut comparer indirectement les résultats de deux séries qui sont comme deux axes s’embranchant sur le premier terme.

Le premier terme choisi est un adjectif, parce que c est la ce qui se rapproche le plus des interjections qualificatives, la forme probablement primitive du langage humain.

Et l’adjectif sera de deux syllabes, car c’est là la longueur la plus usuelle des mots, du moins des mots français.

Nous ne dépasserons pas 4 syllabes pour nos adjectifs usuels, au-dessus, en effet, les mots ne sont plus communs; ils dépassent la forme d’équilibre populaire. Ce sont presque tous des mots saillants et spéciaux.

Voici le schéma de nos séries.

Adjectifs usuels de 2 syllabes — >- Adj. de 1 syll. Adj. de 3 syll. Adj. de 4 syll.

— Substantifs usuels concrets de 2 syllabes.

— Substantifs usuels abstraits de 2 syllabes.

— Verbes usuels de 2 syllabes.

— Groupes de 2 syllabes dépourvus de sens.

Nous ne pouvons ici faire des séries, avec progression dans le nombre des mots ; car il faudrait sans cesse des mots nouveaux, dont le nombre n’est pas indéfini comme les combinaisons de lettres ou de chiffres. Nous n’employons en effet que des mots usuels très déterminés. C’est ainsi que l’on ne peut guère trouver plus de 5o adjectifs usuels satisfaisants d’une syllabe.

On choisit donc un nombre déterminé de mots pour les présenter au sujet. Ce nombre doit être un peu plus élevé que la capacité moyenne de la mémoire

MESURE DE LA MEMOIRE

normale: le nombre de 8 paraît remplir cette condition.

Cela ne soutire pas de difficultés pour les séries de mots de 2 syllabes.

Mais pour les mots dont le nombre de syllabes varie, on pourrait, semble-t-il, pour mieux comparer, prendre le double pour ceux d’une syllabe, la moitié pour ceux de 4, etc.

Mais on sait qu’en fait le mot constitue une sorte d’unité mnémonique et que la mémoire ne varie pas proportionnellement au nombre total de syllabes de la série de mots ; on peut donc garder le meme nombre dans tous les cas, bien que le souvenir de la série des mots les plus longs soit évidement un peu moins exact.

Le sujet répétera les mots lus ou entendus, que l’on notera sous sa dictée. Ou bien on les lui fera reconnaître dans un tableau tel qu’avec des intervalles où se trouvent d’autres mots semblables, ceux qui lui ont été présentés se retrouvent dans le même ordre '.

Au point de vue de l’évaluation de la mémoire, on notera le nombre des mots correctement retenus par rapport au nombre de mots du test (par exemple 4

mots retenus sur 8 présentés: 4 — 1 =ro,5V

On pourrait aussi procéder au calcul des erreurs en tenant compte des additions, omissions, modifications partielles des mots ou interversions, mais ce procédé, qui implique une part beaucoup plus grande d’arbitraire, est certainement moins satisfaisant.

Page 1