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Les phénomènes d’acquisition

A. — Les durées d'acquisition.

Lorsqu’on apprend en un temps donné un certain nombre de syllabes, si l’on double le nombre des syllabes à apprendre, la durée d’acquisition nécessaire

MESURE DE LA MEMOIRE 1 I "J

pour ce nouveau nombre sera généralement supérieure au double de la durée primitive.

On pourra déterminer le rapport entre la durée d'acquisition et le nombre d’éléments à apprendre en donnant des séries de syllabes (de trois lettres, une voyelle et deux consonnes) n’ayant aucun sens par elles-mêmes, ni par leur rapprochement dans la série.

Les durées seront évaluées, non en valeur absolue, mais en valeur proportionnelle au nombre des éléments de la série. On pourra prendre comme unité la lecture ou l’audition unique de la série complète, cette audition ou cette lecture visuelle se faisant successivement avec une vitesse définie (au moyen d’un appareil de présentation pour la lecture).

Si le sujet apprend en une seule lecture un certain nombre de syllabes, on déterminera le nombre de lectures nécessaires pour apprendre un nombre de syllabes double, quintuple, décuple.

Les syllabes seront préférables aux chiffres parce qu’on en peut établir des séries assez longues sans que les éléments se répètent, ce qui est impossible avec les chiffres.

B. — Les procédés économiques d'acquisition.

On s’est intéressé, sous le nom de « mémorisation », aux procédés permettant d’acquérir des souvenirs avec un mininum d’effort. Mais il n’est pas démontré que les méthodes les plus économiques pour un individu le soient également pour tout autre.

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On peut donc chercher à déterminer l’influence, chez un individu donné, de tel ou tel procédé, sur l’acquisition d’une série de perceptions, des syllabes, . mots, phrases, etc.

Les deux principaux points concernent l’intervalle optimum à laisser entre deux répétitions du test à apprendre, et la fragmentation de l’acquisition.

1. Intervalle optimum. — Lorsque deux lectures ou auditions se suivent immédiatement ou à très, court intervalle, ou si elles se suivent à très grande dislance, le nombre total de ces lectures ou auditions nécessaires pour déterminer un souvenir totalement correct sera plus grand que si les intervalles ont une valeur intermédiaire.

Il existe donc un intervalle optimum pour lequel on a besoin du moins grand nombre de lectures pour acquérir le souvenir, pour lequel l'effort nécessaire est minimum.

On le déterminera par l’acquisition de séries de 20 syllabes, en faisant se succéder les lectures ou auditions, d’abord à très court intervalle, et à intervalles croissants, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive, après une diminution progressive de l’effort nécessaire, d’une augmentation nouvelle. Après chaque acquisition, on invite le sujet à répéter ce qu’il a retenu, jusqu’au moment où l’on note un souvenir intégral sans erreur. On pourra employer des intervalles de i,5, io, 3o minutes, î, 2, 5, io heures, etc., pendant lesquels tout effort intellectuel devra être naturellement évité, et surtout toute acquisition mnémonique intercurrente.

IL Acquisition Jragmentaire. — Une lecture ou

MESURE DE LA. MÉMOIRE

audition unique ne permet pas d’apprendre 20 syllabes, mais permet d’en apprendre 5. Faut-il, pour faire appel au moindre effort, apprendre successivement les syllabes 5 par 5, ou répéter la série de 20 en totalité jusqu’au souvenir total de cette série ? Et, si la répétition fragmentaire est préférable, existe-t-il un optimum individuel de fragmentation ?

Cela pourra se déterminer par acquisition comparée, dans des conditions identiques, de séries de syllabes par les diverses méthodes indiquées.

On en fera autant avec des phrases, où les coupures des acquisitions fragmentaires pourront se faire, soit au bout d’un nombre constant de mots, soit aux articulations naturelles du langage, grammaticales ou logiques.

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