‹ Technique de psychologie expérimentale (volume 2)Chapitre 44 sur 93 · C. — Influence de la fatigue · texte numérisé non relu

C. — Influence de la fatigue

L’acquisition des souvenirs est un processus cpii nécessite une dépense importante d’énergie mentale, aussi est-elle très atteinte par la fatigue.

Celte influence delà fatigue se constatera en faisant apprendre à la suite des séries de syllabes, de 20 syllabes par exemple, et en déterminant l’augmentation progressive du nombre de lectures ou d’auditions nécessaires pour assurer un souvenir correct.

Il se produit d’ailleurs généralement, au début, une réduction de ce nombre, par un phénomène d’entraînement, avant l’augmentation corrélative de la fatigue.

D. — Influence réciproque des perceptions au cours de l’acquisition.

Les perceptions qui doivent donner naissance à des souvenirs exercent les unes sur les autres des influences, tantôt favorisantes et tantôt inhibitrices, qui peuvent être mises en lumière par comparaison, en déterminant, soit l’exactitude des souvenirs au bout d’un temps d’acquisition donnée, soit le temps d’acquisition nécessaire pour assurer l’exactitude complète des souvenirs.

Par exemple, on peut étudier l’influence de l'homopbonie dans les acquisitions verbales en faisant apprendre des séries de mots telles que les suivantes, par comparaison avec les séries normales :

i° Première lettre commune :

Fugitif.

Florissant.

Fanfaron.

Favori . .

• Fraternel.

2° Première syllabe commune :

Immolé.

imminent.

/minorai.

immortel.

3° Dernière syllabe commune :

Gorpu lent, indolent.

TurbuF/d.

Succulent

Chancelant*

\yalant.

Dégelant'.

Installant

MESURE DE LA MEMOIRE

E. — L’ apprentissage moteur.

Dans tous les tests que nous avons indiqués, on donne au sujet un but qui peut être totalement atteint et n’est plus dès lors susceptible de progrès ultérieurs, et l’on examine les processus jusqu’à l'obtention du résultat cherché.

Mais, il est des cas où la mémoire se manifeste par un progrès qui peut être théoriquement ininterrompu, par exemple dans l’apprentissage moteur, où des mouvements, des actes, sont effectués de façon de plus en plus parfaite, de plus en plus rapide, sans qu’il y ait de limite précise au progrès dans la perfection et la rapidité.

Mais ce progrès peut s’apprécier cependant, non par rapport à un but à atteindre, à un point terminal, mais par rapport à I état initial, au point de départ : on suit la réduction progressive de la durée des actes au fur et à mesure de leur répétition.

Lorsqu'un individu apprend à écrire, à sténographier, à télégraphier, à dactylographier, etc., son apprentissage moteur, fonction principalement de sa mémoire kinésique, peut être suivi numériquement.

Gomme test de comparaison, on pourra déterminer une série de mouvements définis, et suivre à chaque exécution, la durée employée et les erreurs. On prendra par exemple une machine à écrire, l’on changera les indications des touches pour éviter d’employer un clavier connu, et l’on fera frapper

une série de touches dans un ordre donné (6 par exemple), en prenant des touches assez éloignées, touches que l'on désignera (en collant des papiers sur leur surface) par les premières lettres de l’alphabet ABCDEF.

On fera exécuter la série 5 fois de suite sans arrêt en notant la durée totale et les fautes. Puis, après un intervalle donné, 5 minutes par exemple, on recommencera. On noiera la réduction de durée au bout de 5, puis au bout de io de ces séries où 3o touches chaque fois auront été abaissées. La réduction proportionnelle du temps, de la ire à la 5e ou de la ire à la io'‘, permettra d’évaluer la rapidité de l’apprentissage moteur, c’est-à-dire la mémoire kinésique d’acquisition du sujet examiné.

On pourra encore étudier la rapidité croissante du classement, dans des cases identiques, de cartes avec figures différentes (cercles, triangles, carrés et pentoganes), rangées en un ordre constant, suivant la méthode que nous avons indiquée pour l’objectivation \

En outre, on peut procéder à une mesure d& la mémoire motrice suivant une méthode analogue à celle qu’on emploie dans les autres mémoires, en faisant effectuer les mouvements suivant un rythme donné, ausfei rapide que pour des mouvements déjà appris : l’exécution est alors nécessairement incorrecte : on peut suivre alors la réduction progressive des erreurs jusqu’à l’exécution absolument correcte, dans un temps toujours constant.

i . Voir p. 44-

MESURE DE LA MEMOIRE

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