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I . Voir p

MESURE DES PHENOMENES ASSOCIATIFS

Si Ton veut utiliser, non plus le cylindre, mais le chronoscope, il faut alors une pièce intermédiaire, un relais : le circuit passant par la membrane, et momentanément rompu au début de l’énonciation d’un mot, comprend un éleclro aimant qui attire une branche pendue à un support, et reliée à un ressort antagoniste : La branche est rapprochée de l’électroaimant et y est retenue grâce au courant qui passe par le contact de la membrane immobile; mais quand ce contact se rompt, la branche pendulaire lâchée est attirée par le ressort assez loin pour que l’électro-aimant, insuffisamment fort, ne puisse plus l’attirer.

On a un contact qui est établi par la branche lorsqu’elle est maintenue par l’électro, un autre qui est établi lorsqu’elle est retenue par le ressort.

On fait alors passer le circuit du chronoscope par la branche de ce relais et, soit par le premier contact, soit par le second. Lorsqu’il passe par le premier, la vibration de la branche pendulaire au début de 1 enonciation d’un mot a pour effet de rompre le circuit et de faire partir l’aiguille du chronoscope ; c’est ce qu’il laut pour le relais correspondant à la ciel de l’expérimentateur.

Lorsqu’il passe par le second, la libération de la

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Fig. 36. — Relai pour la clef de Gattell.

branche a pour effet de fermer le circuit et d’arrêter l’aiguille du chronoscope ; c’est ce qu’il faut pour noter le début de la réaction associative du sujet.

Mais, comme on ne note que le début de l’énonciation du mot inducteur prononcé par l’expérimentateur, on n’emploiera que des mots inducteurs d’une seule syllabe, le temps devant partir de la fin de

l’énonciation du mot : grâce à ce moyen, le début et la lin coïncident en quelque sorte.

Une autre « clef»

est due à Roemer:

elle unit la membrane vibrante, ici de volume considérable, ce qui dispense de l’embouchure, avec le relais, sur un même appareil. Ici encore la vibration rompt momentanément un circuit passant par un électroaimant, cela libère un levier attiré par un ressort, qui peut rompre un contact et en établir un autre, le levier ne peut plus être attiré spontanément par l’électro, et est ensuite, pour une nouvelle mesure, relevé à la main au moyen d’un levier basculant qu’il suffit de tirer avec une (icelle.

Enfin, la « clef labiale » de Müller-Pilzecker est beaucoup plus simple, et permet d’utiliser directe-

Fig. 3 7. — Schéma de la clef vocale de Rom 1: r.

MESURE DES PHÉNOMÈNES ASSOCIATIFS

Fig. 38. — Clef lalûale de Müller- Pii.zecker.

ment un chronoscope : Il s’agit d’une lame d’ivoire montée sur un levier, et qui, soulevée, repose sur la lèvre inférieure : un contact entre le levier, et une branche supérieure reliée par une borne à un circuit, est, dans ces conditions, assuré. Lorsque, ayant cette lame sur la lèvre on ouvre la bouche pour parler, on laisse descendre la lame, ce qui rompt le contact précité et en établit un autre avec une branche inférieure comprise, au moyen d une borne et des fils appropriés, dans un circuit.

Si l’expérimentateur, en prononçant le mot inducteur, rompt avec sa clef le circuit du chronoscope, passant par le contact supérieur, le sujet, en réagissant par un mot induit, rétablit le circuit, passant par le contact inférieur de sa clef.

Mais il faut que l’expérimentateur garde la bouche ouverte pour ne pas refermer lui-même le circuit ; pour cela, il doit ne prononcer comme mot inducteur qu’un mot d’une syllabe (ou de deux, terminée par une muet) et ne se terminant pas par une consonne labiale, qui impliquerait le rapprochement des lèvres; ou bien alors il faudrait, avec un commutateur intercalé sur le circuit, ouvrir définitivement celui-ci aussitôt prononcé le début du mot. Mais le mot inducteur d’une seule syllabe reste encore préférable, •parce que le départ de l’aiguille du chronoscope se fait au début de l’énonciation du mot, et que

le temps doit compter à partir de la fin du mot1.

Les expériences d’association avec un mot inducteur sont donc possibles avec une grande précision grâce à ces divers appareils.

Lorsque le terme inducteur est une image concrète qu’on présente, l’expérience peut se faire avec la même précision, en employant un des dispositifs de présentation visuelle que nous venons de décrire.

On pourra par exemple utiliser des images d’objets, analogues à celles qui sont utilisées pour la mémoire.

Toutes les io secondes, sans signal, on peut présenter au sujet, pendant une demi-seconde chaque, une série de io objets usuels, exprimables en mots de 2 syllabes, sous forme de dessins d’une grandeur uniforme. Le sujet doit réagir par une association verbale spontanément évoquée.

IL Richesse associative . — La mesure de la rapidité se fera cette fois au chronomètre tout simplement, en déterminant le nombre d'associations qui se sont effectuées dans un temps donné, suffisamment long pour que de petites erreurs d’évaluation soient sans importance. On fait, comme précédemment, entendre ou lire au sujet un mot, et on lui montre son image concrète, puis on lui demande d’exprimer très brièvement, et au fur et à mesure, tout ce qui lui vient à l’esprit, aussi naturellement que possible, pendant 3o secondes, au bout desquelles on l’arrête. Le sujet est

i . En utilisant un signal électrique et un cylindre, la fin du mot se marquant par un mouvement de la plume du signal, le temps peut être exactement compté, quelle que soit la longueur du mot.

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prévenu que lorsqu’il a quelque chose de compliqué à exprimer, il n’a qu’à dire un mot quelconque, et qu’après l’expérience il pourra exprimer et développer sa pensée.

Si parfois il se présente à l’esprit du sujet quelque idée que vraiment il croit ne pouvoir exprimer, il doit le dire, et ensuite donner à peu près le nombre d’idées ou d’images correspondant ; et toujours après •avoir indiqué, dans le courant de l’expérience, par un mot, qu’il s’agit de quelque chose de trop complexe pour l’exprimer.

Ce que dit le sujet doit être autant que possible sténographié ou phonographié.

Aussitôt terminée, on doit donc répéter au sujet la série de ses réponses en lui demandant d’éclaircir les points obscurs, de donner la nature des associations moins nettes (contiguïté occasionnelle par exemple, etc.). On note tout cela : On détermine alors le nom bre d’idées ou d’images de l’expérience, et l’on fait la moyenne si l’on emploie divers mots usuels inducteurs. On peut employer des verbes, substantifs concrets ouabstraits, et adjectifs; ou bien, comme nous l’avons dit, des images d’objets ou de scènes complexes.

B. — Types de liens associai ij s prédominants.

La détermination de ces types s’effectuera en utilisant les résultats des expériences précédentes : il suffira de déterminer le lien associatif qui unit, chaque fois, le terme inducteur au terme induit, ou, dans l’évocation spontanée, entièrement libre, d’une longue

série de termes, le lien qui unit les termes consécutifs, pris deux par deux.

On classe ensuite ces liens associatifs en diverses catégories, que 1 on pourra multiplier à son gré, en mettant à part ceux dont le lien pourra rester inconnu.

Pour des recherches comparatives globales, il suffit d'établir (rois catégories :

i° Liens intellectuels (rapport de moyen à fin ou de partie à tout et réciproquement, synonymie, etc.).

2° Liens verbaux (rapports homophoniques ou de contraste).

3° Liens accidentels (rapprochement fortuit dans le temps ou l’espace).

On établira les rapports, au nombre total d’associations, du total de liens de chaque catégorie, ce qui permettra, chez un individu, à un moment donné, de déterminer la prédominance de tel ou tel type.

On sait que les formes de la première catégorie, les plus élevées, cèdent le pas devant les secondes lorsqu’il y a fatigue mentale, imprégnation par certains toxiques (tels que la nicotine), défaut d’attention et d’intérêt, etc.

Il y a naturellement aussi de très grandes différences d’un individu à l’autre, les premières formes faisant à peu près complètement défaut dans les états de débilité mentale.

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