SÉRIE DE FOURIER. THÉORÈME DE DIRIGHLET
Si deux fonctions satisfont à la condition de Dirichlet, il en est de même de leur somme ou leur produit. Soit /• = A — B :
On a:
/ + r = (AH-C)-(B-l-D)
et les fonctions (A + C) et (B + D) ne sont jamais croissantes.
De même, on a :
r.f= (AC + BD) — (AD + BC)
On voit encore que les deux fonctions:
(AC -f BD), (AD + BC)
ne sont jamais croissantes.
Une fonction satisfaisante à la condition de Dirichlet peut être discontinue.
Soit:
/•= Tk - A Ona:
f^ [oc -^-li] < /, [x] si h-> o
et f^ {x -f- h) croît quand h décroît.
Donc f^ (a? -j- ^) a une limite quand h tend vers zéro. De même, f ^ [x — A) a une certaine limite quand h tend vers zéro.
La limite de ^ {x -\- h) est inférieure ou égale à f^ (a;), celle de /", [x — h) est supérieure ou égale à f^ {x).
CONDITION DE DIRIGHLET 37
Si ces deux limites sont égales, elles sont égales à /", {x), et la fonction est continue pour la valeur x. On a:
Ce qui précède montre que f {x -\- h) et f {x — h) tendent vers des limites déterminées, quand h tend vers zéro ; ces limites peuvent être diiïérentes ; si elles sont égales entre elles et égales a f{x), la fonction /" (a?) est continue pour la valeur x.
38. Théorème, — Si une fonction f {x) salisfail à la condition de Dirichlet dans Vinlervalle ( — tt, -f- '^)» ^'^^ 'pourra être représentée dans ce ynème intervalle par une série de Foicrier, c'est-à-dire que l'on aura :
TT f{x) = - f{z)dz -|- V cosmx j f[x) co^mzdz -\- >j sinma; / f[z) s'xnmzdz
Il faut, d'abord, établir l'existence des intégrales qui expriment les coefficients.
Nous allons, d'abord, montrer qu'une fonction qui n'est jamais croissante est intégrable.
Pour cela, reportons-nous à la définition de l'intégrale.
Considérons une fonction f[x) définie dans l'intervalle àe ak h.
On insère entre a eih des valeurs intermédiaires :
X^ X^ . . . Xn — \
58 SÉRIE DE FOURIER. THEOREME DE DIRICHLET
et on pose :
Soient M/ et m,- le maximum et le minimum de f [x] dans l'intervalle 8/.
On forme les deux sommes :
S = M^8, + M280 -Y ... -h IVU- +...+■ M„B„ s = >n,8, -\- m^o.^ -f ... + m,S,- + ••• + "^«5«
On démontre que, lorsque les intervalles 8 tendent vers zéro suivant une loi quelconque, S et s tendent vers des limites fixes L et l.
Pour que la fonction soit intégrable il faut qu'on ait :
Supposons que, dans l'intervalle (a, b), f [x] ne soit jamais croissante.
On aura alors :
M.i = r[xi.,)
rrii = f[xi) Donc :
s-s = ^[r[x,,)~r{xt)]Zt
Gomme la loi de formation des intervalles est quelconque,
prenons :
On a alors :
CONDITION DE DIRICHLET 59
Quand n croît indéfiniment :
lim (S — s) = o.
Donc, la fonction f{x] jamais croissante est intégrable.
Si une fonction satisfait à la condition de Dirichlet, elle est la différence de deux fonctions intégrables; donc elle est elle-même intégrable.
Les fonctions sin mz, cos mz satisfont à la condition de Dirichlet.
Si donc f'{Zj satisfait à la condition de Dirichlet, il en sera de même des produits:
f{z)cosmz, f{z) sin 7nz.
L'existence des intégrales qui figurent dans la série est donc démontrée.