‹ Théorie des nombresChapitre 127 sur 230 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

DIFFERENTES ESPÈCES DE DÉVELOPPEMENTS EN FRACTIONS CONTINUELLES RÉGULIÈRES

217. — On peut varier le procédé indiqué au n* 83 pour le développement en fraction continuelle. Dans ce procédé on posait :

s = «0 + r Si = ai + -,... si, = ak-\-- — » •••

de façon que afc.fùt la valeur à une unité près par défaut de Sk. On peut, au lieu de cela, prendre pour a,, la valeur à une unité près par excès de S/^ ; ou bien prendre tantôt la valeur par excès, tantôt la valeur par défaut. On obtient ainsi différentes espèces de développement dont nous allons examiner les propriétés.

Développement par excès. — Ce développement est constitué de façon que toutes les réduites y soient par excès. Pour cela il faut évidemment prendre pour a^ la valeur de s à une unité près par excès, pour ai la valeur de ii à une unité près par défaut, et ainsi de suite en alternant. Mais alors Si est négatif, donc ai l'est aussi ; s, est positif, donc a^. l'est aussi ; et ainsi de suite. Pour mettre les signes en évidence nous changerons de notations et nous poserons :

«0 étant la valeur de So à une unité près par excès, alors

Si>l

puis ;

«1 = Oi — -

ûi étant encore la valeur de si à une unité près par excès.

4o8 THÉORIE DES NOMBRES

Alors :

Ol > 2 S2 > i

et ainsi de suite. Au bout de /c + i opérations on a

Oâ-

aie —

les a sont des entiers ; a^ est quelconque, ai, Uz, ... sont > 2, Sk+i est plus grand que i .

Si s est irrationnel ce procédé ne s'arrête pas.

On obtient ainsi des réduites successives, toutes par excès :

Po __ Oo ^ P i __ apOi — I ^ P2 apajai — «0 — 0-2

Qo I Qi Oi i^i OiOa — i

avec les formules de récurrence :

"n QnPn-t Pn 2 Qn = OjiQn-l — Qn-2-

On a de plus :

PnQ«-i-Pn-iQ„=i.

On démontre facilement que les dénominateurs Q„ sont positifs

et vont en croissant.

Réciproquement, dans une fraction continuelle illimitée de cette

P espèce, r^ a une limite.

Pour le démontrer on remarque (cf n° 97) que

Qn ~ Qo

^rt ' Tl— 1

Qo ^ QoQi "" Q.Q.

Q»-iQ.

Donc pour démontrer que ^ a une limite il suffit de démontrer

que la série dont le terme général est f^ — j-p est convergente. Or on a :

Q„ — Q„i = {an — l)Q„, — Qn-ï > Qn-1 — Qn-2.

De même

Nl«— 1 Vn— 2 ^ V'i— 2 X«— 3

Qi > Qi - Qo

FRA0T10?<S COTI.NUELLES PAR EXCES

Ajoutant membre à membre il vient :

Q. - Qi > Qu. - Qo- Or Qo = I et Q, = a, > 2. Donc

De même

Q. >Qo+i.

Ajoutant membre à membre il vient, en remarquant que Qo = i Q„ > n -j- I .

La série dont le terme général est 7=^ — pp est donc une série à

termes positifs dont le terme général est plus petit que / > •

Or celte dernière est convergente Car

et par suite

La série en question est donc aussi convergente. Exemples :

Les réduites successives sont :

12 7 la '

pour le premier développement :

pour le second.

4lO THÉORIE DES NOMBRES

218. — Cherchons une limite de l'erreur commise en prenant p jY pour valeur approchée de s. Cette valeur est par excès, a„ est

la valeur de Sn par excès. Si au lieu de a» on mettait an — i, on aurait une valeur de s par défaut, alors au lieu de :

Qn «tiQ/i-1 — Qn-2

on obtiendrait :

Donc :

(a« — 0Q«-1 — Qn-2 Qn ~ Qn l

L'erreur de ^" est donc plus petite que :

Qn Qn-Qn-i ""^ Qn(Qn-Q«-,)*

Page 1